‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 190 sur 255 · LIVRE Vl. 3rt · texte numérisé non relu

LIVRE Vl. 3rt

Qùàhd les affaires de la communauté èxîgerlt qu'on dépêche quelque Trère aux Jprovisioris ou en rhissibtt; c'est a qui s'excusera, et l'acceptant ne le fait que pat* obéissance:. » Ainsi renseignés sur la Ville des Saints , ils prirent congé de l'évêque, et se rendirent aux Cellules, quartier des anachorètes.

C'est là surtout que se déployait la poésie dU désert sous l'originaRté des inspirations personnelles; \h que s'inventaient les moyens les plus ingérlieax dé torturer le corps pour améliorer Tâme ; là que s'accumulaient les souffrances savantes comme autant de degrés pour escalader le ciel *. Chaque cellule avait sa physionomie , chaque ermite son caractère particulier d'austérité. L'un vivait sur la pointe d'un roc, ra'iilre dans les entrailles de là terre ; celui-ci s'expôsaîlt presque sans abri au soleil tgnlde de l'Egypte; cetui-là n'apercevait jarhais le jour. Leur manière de vivre , leurs costumes offraient aussi les bizarreries les plus variées; mais sous une enveloppe sauvage, plus rà'p'prôché'e souverit de l'anitoàl que de î'horifime, se cachaient des âmes simples et charitables , de nobles cœurs", parfois même de grands esprits. Jérôme et PâuTà se portèrent vers les cellules des pliis célèbres; âérapion, Arsénius, Macaîre, etc., hél*os de ces solitudes, exilés volohUires après lesquels côuï^àît le monde *.

1. Porro incellulis habitant, quotquot ad summum 'philosophiae culmeii pervenerunt, seque ipsos regere, et soli manere possunt, quietis gratia a reliquis séjuncti. Sozom., vi, 3i.

2. Quid ergo narrein Macarios, Arsenios, Serapionas, et reliqua colum-

Sérapion habitait une caverne située au fond d'un trou, où Ton descendait par un sentier abrupt à travers un fourré de broussailles. La caverne suffisait à peine pour contenir un lit de feuilles sèches, et une planche en forme de table encastrée dans une entaille du roc. Une vieille bible déposée dessus et une croix grossièrement charpentée, appendue au rocher, formaient tout Tameublement de la demeure. Le maître de ce beau lieu offrit aux yeux des visiteurs un squelette basané plutôt qu'un être vivant. Ses cheveux lui couvraient le visage et une partie des épaules, et son corps velu paraissait être celui d'une bête fauve ^ Cet étrange personnage avait pourtant connu Rome , parlait bien le latin et aimait à s'entretenir des familles patriciennes qui l'avaient accueilli au delà des mers. Son histoire, non moins extraordinaire que sa personne, ne tenait pas plus qu'elle à l'humanité et semblait, pour ainsi dire, une fable céleste.

Durant sa jeunesse , et pendant qu'il habitait la ville éternelle, Sérapion s'était pris d'une grande compassion pour deux comédiens, l'un homme et l'autre femme , qui vivaient dans toute la licence de leur profession, et il se mit en tête de les ramener au bien par la vraie foi. Pour cela, il se vendit à eux comme esclave , et se plongea à leur suite dans cette

.narum Christi nomina? Cujus non intravit cellulam? Quorum pedibus non advoluta est? Hieron., Ep. 86, p. 677.

1 . Il avait pour tout vêtement une pièce de toile enroulée autour du corps.— « Sérapion Sindonites cognominatur, nam praîter sindonem nihil usquam inducebat. » Vit, Patr,^ iv, Pallad., Lausiac, c. 83.

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