LIVRE VIII
Les prêtres de Bethléem lui furent complètement soumis, quoiqu'il n'exerçât pas les fonctions curiales *.
Rufin ne pouvait rester isolé au milieu d'une paix si complète : l'évêque tint à honneur de rapprocher les deux anciens amis. Jérôme et Rufin assistèrent à une messe qu'il célébra pour eux dans l'église de la Résurrection; ils y communièrent ensemble et se donnèrent la main sur le sépulcre du Dieu .qui avait pardonné à ses bourreaux ^ Dans le cœur de Jérôme, la réconciliation fut sincère, fervente même, et il s'y mêla des élans de retour vers les affections de sa jeunesse; dans celui de Rufin, elle fut compassée et froide : chez le moine superbe, l'émotion de l'orgueil humilié dominait toutes les autres. Jérusalem n*était plus pour lui qu'un lieu de supplice, dont la vue lui pesait. Il la quitta donc presque aussitôt pour se rendre à Rome, comme un général vaincu change de position, pour recommencer la guerre avec de nouvelles armes. Mélanie resta seule à Jérusalem.
1. Ecclesiam loci illius (Bethléem) Hieronymus presbyter régit: nani parochia est episcopi, qui Hierosolyman teiiet. Sulp. Sever.. Dial. i.
2. Vos nobis pacem proficiscentibus dedistis... pacem dedimus... junximus dextras. Ruf. Apol., ap. Hieron., m, p. 462. — In Anastasi, immolaio Agno, dextras junximus. Hieron., in Ruf., m, p. 466.