LIVRE II. So
autre mission près de Tévêque de cette ville, Basile*, que la postérité a justement surnommé le Grand. Ils partirent ensemble, et, franchissant les pentes du mont Amanus, Jérôme rejoignit ses amis dans Àntioche, à la fin de Tannée 373.
En se faisant l'introducteur des quatre Occidentaux dans la ville d'Antioche, Évagre les jetait au milieu d'un schisme qui ne troublait pas seulement cette ville et les Églises de Syrie, mais menaçait de s'étendre sur tout l'Orient. Voici quelle en était l'origine. L'Église d'Antioche, toujours en guerre intestine, avait subi l'une après l'autre toutes les hiérarchies ecclésiastiques, suivant la force des partis et le caprice des empereurs : arienne ou semi-arienne sous Constance, elle était redevenue catholique par la grâce de Julien, qui, durant son court passage à l'empire, s'empressa de lui rendre ses évêques proscrits, afin de la diviser davantage-. Tout était querelle et faction dans cette turbulente cité, dont l'auteur du Misopogon nous a tracé une si acre et si vivante peinture ^ Or, du temps de Constance, il
i. Basil., Ep. 78, p. 51; Ep, 341, p. 335.
2. Cod. Theod.y leg. xvi, de Episc. et Cler. — Baron, ann. 301, 15. — lit omnium benevolentiam sibi conciliaret (Julianus), episcopos qui a Constantio Ecclesiis suis pulsi fuerant, ad suas sedes redire jussit. Qua lege promulgata, divinus Meletius Antiochiam reversus est. Theodoret., Hist.^ III, 4.