Juliani Imperat^ris Opéra. Ed. Lips. in-f
était arrivé que, dans un rare moment de rapprochement et de calme, ariens et catholiques, ou du moins la majorité des deux communions , s'étaient entendus pour le choix d'un évêque : on était allé chercher à Bérée un homme qui, dans ce siège, et auparavant dans celui de Sébaste en Arménie, avait donné la preuve d'un esprit équitable et conciliant. 11 se nommait Mélétius , et les historiens nous disent qu'il prêchait surtout aux fidèles la doctrine morale, qui ne diffère point entre le catholique et l'arien*, mais que, lorsqu'il fallait se prononcer sur le dogme, il n'hésitait point à se proclamer hautement consubstantialiste. L'empereur Constance, qui ne l'était pas, profita d'un de ses aveux pour l'exiler, et Mélétius joignit à la gloire de la tolérance les honneurs du martyre. Pendant l'exil du pasteur légitime, deux évêques intrus mirent la main sur le troupeau, qu'ils se disputèrent. Un arien, Euzoïus, fut installé officiellement par ordre de Constance, tandis qu'un légat du pape de Rome, Lucifer de Cagliari, assisté de deux autres prélats occidentaux, ordonnait évêque catholique un prêtre nommé Paulin*, ordination contraire aux canons, puisque l'évêché d'Antioche n'était pas vacant, et que d'ailleurs la règle ecclésiastique ne voulait pas qu'un évêque étranger ^ put en instituer un autre sans le con-
1. Hic initio quidem, de dogmatibus fidei disserere supersedit, solamque morum doctrinam auditoribus suis tradebat... Deinde vero Nicœnam illis fidem exponens, consubstantialem doctrinam asserere cœpit. Socr., 11,44.
2. Socr., Hist, Ecoles.^ ii, 44. — Sozom., Eist. Eccles.^ iv, 28.