‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 65 sur 255 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

église, si l'histoire n'était unanime pour l'affirmer. On était dans les derniers mois de Tannée 380, et la flotte

chargée de convoyer les blés de rannone à Gonstantinople se disposait à lever Tancre dans le port d'Alexandrie , lorsque Pierre manda près de lui les principaux conducteurs , qui vinrent le trouver au nombre de sept. C'étaient des enfants de la vieille Egypte, aussi capables pour de l'argent de tuer un évêque que de le faire, et plus païens que chrétiens, à en juger par la physionomie idolâtre de leurs noms, car cinq d'entre eux s'appelaient Ammon, Apammon, Harpocras, Anubis et Hermanubis*. Pierre leur remit beaucoup d'or et leur donna pour instruction de faire élire à tout prix par la populace de Constantinople un certain Egyptien nommé 3Iaxime, soit pour prévenir la nomination de Grégoire, soit pour donner ouverture à contestation, si elle était faite. Des évêques égyptiens devaient les suivre de près secrètement et mettre au service de ces misérables leurs conseils, leurs personnes et jusqu'à leur ministère épiscopal.

Maxime était un vagabond qui menait de front le double métier de philosophe cynique et de chrétien-. En qualité de cynique ou de chien, comme on disait plus souvent, il portait un bâton, une tunique blanche percée de trous, une besace , et joignait à ce costume ordinaire de sa secte une longue chevelure inculte qu'il rougissait avec des pommades caustiques pour

Page 1