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frer^ d'un homme qui avait été en coiniïiunion constante avec ^ux, et ils désiraient que pour cette raison les difficultés électorales fussent discutées et jugées à Rome ^ .
Ainsi donc la prétention de l'Église romaine n'allait pas à moins qu'à régler le sort des quatre grands sièges métropolitains de FOrient: Constantiuople, Antioche, Jérusalem, Alexandrie, et elle citait ces Églises à son tribunal comme ses justiciables. Comprenant ce qu'une telle prétention pouvait avoir de blessant pour ceux qui en étaient l'objet, les évêqu§s d'Italie cherchaient à l'adoucir dans Ic^ forme, ^ Ce qu'ils réclamaient, disaient-ils avec une feinte modestie, ce n'était pas la prérogative du jugement , mais une simple part à des décisions qui intéressaient la chrétienté tout entière ^ » Ces questions de discipline n'étaient pas les seules que les évéques indiquaient dans leur lettre comme une sorte de programme du concile; ils en ajoutaient d'autres qui touchaient au dogme, par exemple celle de l'hérésie des apollinaristes; pourtant il n'échappait à personne que ce n'était pas l'examen de ces dernières qui avait motivé la convocation d'un concile œcuménique à Rome.
Cette lettre n'eut point, il s'en fallait bien, l'appro-
1. Timotlieub vero Alex(in4riiiie urbis episcopus, successor Pe|ri... Theodorety v, 8, — Baron., ^id ann. 380, IG. — Quaro laiidabilis anctoritas tua, arbitrio teinperato, quicquid negotiornm aliunde incidet terminabit, habituro pontificium sacrai disceptationis Timotheo episcopo, quem sibi omnes etiam suo judicio prsetuU're. Est enim vir cum omnium sacerdotum suspectione vonerandus, tum etiam nostro judicio jam probatus. Ep. 5. Concil. Ital.j ut sup.
'2. Non praerogativam vindicamus examinis, sed consortium tamen debuii esae eoni munis arbitrii. Episl. T). CencîL ftal. ad Theod.
lii SAINT JÉRÔME.
balion de Théodose ; mais il n'y répondit que plus tard, et pour le moment, loin d'empêcher la réunion d'un concile à Constantinople, il la hâta de tout son pouvoir. Dès le mois de juin 382, l'assemblée put commencer ses délibérations : presque tout l'Orient s'y trouvait représenté. Cependant Grégoire de Nazianze, retiré en Cappadoce, dans sa terre d' Arianze , dont il avait fait une solitude monastique, manquait à l'appel, et la gloire attachée à son nom, ainsi que la célébrité de ses dernières luttes, rendait plus visible une absence qu'on pouvait mal interpréter en Occident. En répondant à la lettre synodique qui le convoquait, Grégoire s'était excusé ; sur une nouvelle invitation, il s'excusa derechef, prétextant les soins qu'exigeait l'affaiblissement de sa santé. Inquiet de ce refus mal déguisé, le concile réclama l'intervention de l'empereur, et Grégoire eut à se défendre contre deux lettres très-pressantes des préfets de Thrace et de Cappadoce, et contre un rescrit de Théodose lui-même : il fut inébranlable. « Pour dire toute la vérité, écrivait-il confidentiellement à un ami, je ne vais pas à Constantinople parce que je n'aime pas les assemblées d'évêques. Je n'en ai jamais vu aucune avoir bonne et heureuse fin, et le bien qu'elles se proposent de faire est dépassé de beaucoup par le mal qu'elles laissent après elles. On ne voit là que contentions opiniâtres , guerres de vanités, ardeurs de domination. Il est plus facile d'y pécher soi-même en jugeant les autres que de guérir les pervers ou de réprimer les orgueilleux *. »
1 . Ego si vera scrîbere oportet, ita animo afTectus sum, ut omnia epi-
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Le temps pressait, on oublia Grégoire de Nazianze, et le concile passa à l'examen des affaires. Sa tactique, approuvée par l'empereur, fut de couper court aux (Jemandes des Occidentaux en décidant h l'avance, d'une façon solennelle, irrévocable, toutes les questions de discipline dont ceux-ci évoquaient la connaissance. Les pères orientaux y mirent une précipitation manifeste, car au mois de septembre leurs délibérations étaient achevées, toutes les difficultés résolues, et au mois de décembre, lorsque la session du concile de Rome ne faisait que s'ouvrir, trois évêques arrivèrent de Constarftinople avec une lettre émanée du concile lui-même, et contenant le résumé de ses décisions \ Ils en apportaient une autre de Théodose en réponse au plaçât des évêques d'Italie. Le ton du rescrit impérial était dur et arrogant, tandis que l'épître synodique, cauteleusement rédigée, ne laissait entrevoir qu'à travers la modération des formes un fond d'ironie et de défi plus outrageant encore que l'injure. Le temps a épargné ce curieux document, un des plus précieux que nous possédions sur l'histoire ecclésiastique aux iv^ et v*" siècles.
Les pères orientaux y débutent par de feintes excuses au sujet de leur abstention : Tépître envoyée
scoporum concilia fugiam: quoniam nullius concilii fiiiem laetum fausiumque vidi, nec quod depulsionem malorum potins qiiam accessionem et inrrementam habuerit. Pertinaces en! m contentiones et domiiuindi cupiditates... ne ullis quidem verbis explicari queant^ citiusque aliqnis in ciilpam vocabitur, du m de aliéna judicinm fert, quam ut aliorum perversit:»tem comprimât. Gregori Nazianz., Ep. 55.
1. Epht. Patrum. Concil. Tonsf «« f /"«o/>.. ap, Th^odornt., v, 9.
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d'italte leur étant parvenue tard, lé temps avait manqué auxévê(Jues pour se concerter, à de si grandes distances, sur toute la surface de l'Orient ; puis c'était Uii bien long voyage pendant lequel il leur aurait fallu laisser leurs églises à l'abandon *. Cette idée seule les en eilit détournés. Quel sort en effet que celui des églises orientales! Elles avaient depuis vingt ans subi la lapidation de saint Etienne t Dieu avait daigné faire d'elles, dans sa miséricorde^ ce qu'il fait de ses élus, un objet d'épreuve et de pitié. Les édifices sacrés étaient en ruine, les catholiques dispersés % la foi ébranlée; lès évêquès^ presque tous confesseurs ou martyre dans la persécution arienne, pouvaient montrer sur leurs membres la trace du fer et du fouet, et ceux que le bourreau avait épjargnés rapportaient de l'exil des infirmités souvent incurables. Voilà cô que le monde entier savait, et il n'était guère à croire que le brUit de tant de souffrances ne fût pas arrivé aux Occidentaux au milieu de la paix si complète dont ils jouissaient depuis Constantin '. Proposer aux évoques d'Orient d'entreprendre en de telles circonstances un pèlerinage si lointain, qu'était-ce donc, sinon leur commander uft regret? Ils ne pouvaient en effet que répéter au fond de leur coeur avec l' Esprit-Saint : « Qui nous donnera tes
1. Proinde necesàe nobis foret... dititiuls huîc negdtio vàéàhe... sed quofliam ôa res ï3rorsus nudaret ecclesias, qu* hutit prirtiuih încipiùnt renôVari.... Epiàl. Concil. Constànlinop,, ap. ïheodorèt., v, Ô.
2. Proscriptlonôs, insidias, contumelia^ et Cai'céHftl quw ^omt éfititn^rare? Epist. Concil. Cànst., 1. ô.
3. Nec tempestates quibus vexati sartiué e/us modi fuere, lit db tenuitatetti làtefe possent. Ibid.