SÉJOUR EN ANGLETERRE
Michel approchait du terme de ses études, lorsque survint dans sa vie un incident qui exerça sur sa carrière future une influence décisive.
Il avait une tante ' dont la sœur habitait Salisbury. Nous ignorons dans quelles circonstances il fut envoyé chez cette sœur; ce qui est certain, c'est qu'il fit en Angleterre un séjour d'assez longue durée, qu'il y perfectionna son éducation et que, d'après son témoignage, ce fut à la suite de ce voyage qu'il se détermina à partir pour le Canada.
Ce départ eut lieu en 1 7 5 4 ou 1755, à la fin de cette dernière année, s'il faut en croire une tradition de famille ^ ; — nous regardons comme plus
1 . « Ma tante de Courseules » , dit-il dans une lettre. Il désignait ainsi, croyons-nous, la femme de Jacques de Crèvecœur, frère de son père, qui habitait en effet Courseules. C'était une demoiselle Mutel.
2. Nous avons entendu raconter dans notre enfance que, dans sa traversée, Crèvecœur avait relâché à Lisbonne et visité les ruines de la malheureuse cité qui venait d'être presque entièrement détruite par le tremblement de terre du i^r novembre 1755. — On trouve bien dans le manuscrit anglais des Lettres d'un cultivateur, un récit intitulé : Le Roc de Lisbonne, dans lequel l'auteur parle d'un séjour d'une certaine durée qu'il aurait fait en Portugal, séjour incontestablement postérieur au tremblement de terre, mais dont la date est indécise. Cette lettre a été fondue plus tard dans un épisode romanesque du Voyage en Pensylvanie (II, 275).