‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 109 sur 330 · ARRIVEE A PARIS · texte numérisé non relu

ARRIVEE A PARIS

mais l'activité naturelle de Crèvecœur ne lui permettait pas de prolonger bien longtemps ces moments d'oisiveté. Sans parler du désir qu'il avait de revoir ses amis, des motifs sérieux de plus d'un genre rendaient sa présence nécessaire à Paris.

Les lettres qu'il adressait à ses fils nous ont été conservées; elles sont fort nombreuses (il leur écrivait au moins tous les dix jours) et embrassent une période de prés de huit mois. Malheureusement, les correspondants étaient un peu jeunes pour que leur père entrât dans des détails bien circonstanciés sur sa vie et ses relations. Il leur donne beaucoup de conseils très pratiques et très minutieux; ce sont les lettres d'un père tendre et intelligent, mais on y chercherait vainement un compte rendu un peu suivi de ses occupations. Elles contiennent, néanmoins, quelques particularités qui, jointes aux renseignements que nous avons pu recueillir, permettent de reconstituer assez exactement cette période de sa vie.

La première visite de Crèvecœur est pour le duc de La Rochefoucauld avec lequel, comme on l'a vu, il entretenait une correspondance active. Il passe quelques jours chez lui à La Roche- Guyon ; puis il court à Sannois chez « la bonne et chère comtesse, la meilleure amie que nous ayons

I l8 LES PAQUEBOTS

en ce monde' ». Il lui consacre presque tout le mois d'octobre; à peine va-t-il deux fois à Paris oia aucun de ses amis ne se trouve encore ^ Le maréchal de Castries est malade et ne reçoit pas^. Ce n'est donc qu'à la fin du mois qu'il peut commencer à traiter les affaires de son consulat. Il voit enfin le ministre qui lui fait le meilleur accueil. « J'avais, écrit-il le i^'" novembre, des ennemis qui avaient voulu me noircir dans son opinion, mais ils n'y ont pas réussi. Nous travaillons à l'amélioration des paquebots qui, je crois, viendront au Havre. »

Ces malheureux paquebots avaient en effet grand besoin d'une réforme. Dès le mois de juin 1785, le ministre d'Amérique, Jefferson, se plaignait de leur irrégularité. Il écrivait au colonel Monroë'^ qu'il espérait les voir venir au Havre, mais sans en être bien sûr, tant la recette était inférieure à

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