LA MARMITE AMERICAINE I
peu de retentissement. Crèvecœur eut donc l'idée de faire une communication au sujet de divers outils et ustensiles déjà signalés dans sa brochure, mais qui n'en étaient pas moins restés à peu près inconnus. Il s'agissait d'une houe à butter, de forme nouvelle, usitée aux Etats-Unis; d'une petite charrue ou cultivateur, servant à biner entre les lignes, et enfin d'une marmite pour la cuisson à la vapeur.
La commission chargée de présenter le rapport, qui était composée du duc deLiancourt,deCadetde-Vaux et de Crèvecœur, ne s'occupa que de la marmite américaine. Elle fut tout d'abord, semble-t-il, un peu gênée dans son appréciation par la personnalité de Parmentier. Cet estimable savant, homme excellent, philanthrope pratique, a rendu des services que nul ne peut contester ; mais il était comme tous les hommes spéciaux : il avait fait son domaine de la question dont il s'occupait depuis tant d'années avec une louable persistance, et l'on eût été mal venu à se passer de son attache, dès que l'on touchait à ce sujet favori. Par bonheur, Crèvecœur, toujours modeste et prudent, s'était empressé de lui soumettre d'avance la marmite américaine. Parmentier ne manqua pas de rappeler que depuis longtemps il