‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 125 sur 330 · SECONDE ÉDITION I · texte numérisé non relu

SECONDE ÉDITION I

caines.OnavLi au chapitre précédent, et l'on verra un peu plus loin, avec quel soin il s'attachait à faire connaître toutes les nouvelles découvertes '.

Son séjour en France approchait de son terme. Cette fois du moins il put, avant son départ, voir paraître la seconde édition de son ouvrage. C'est à la fin de mars qu'il distribuait à ses amis les premiers exemplaires-, et la mise en vente eut lieu au mois d'avril. Cette nouvelle édition n'obtint pas moins de succès que la première ; mais les journaux littéraires n'avaient pas encore eu le temps de publier leurs appréciations, lorsqu'il quitta la France.

Avant son départ, au commencement de mai, il était allé passer quelques jours à Sannois pour remercier l'excellente M'"*^d'Houdetot,qui venait de lui donner une de ces preuves d'affection que l'on n'oublie jamais. Voici en quels termes émus,

1. C'est à peu près à la même époque, c'est-à-dire dans les premiers mois de 1787, que, de concert avec Short, le secrétaire de Jefferson, Nat. Barrett, de Boston, et un autre Américain nommé Humford, il signa, comme délégué des États de New-York, New-Jersey et Connecticut, une pétition au ministre de la marine pour obtenir la création d'un port franc à Honfleur. {]-{ïppeau,Gouvcrncment de Normandie, {. IX, i65.)

2. Les lettres de remerciement sont du commencement d'avril j 787.

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après plus de vingt-cinq ans, il le rappelait à sa belle-fille :

Comme si cette généreuse amie ne m'eût pas encore rendu des services assez importants, voici ce qu'elle me dit quelques jours avant mon départ pour Lorient : « Mon ami, vous laissez ici des enfants chéris; vous connaissez ma tendresse pour ces jeunes victimes des calamités de la guerre. De ce moment, jusqu'à celui de votre retour, je les adopte ; de ce jour, je veux qu'ils m'aiment et me considèrent comme si j'étais leur mère, et qu'ils m'en donnent le nom '. Nous nous écrirons souvent -. Tous les jeudis, je les mènerai dîner chez M. Jefîerson; tous les dimanches, cet ambassadeur et vos enfants dîneront chez moi ; en temps et lieu, je les mènerai au spectacle. Ils passeront leurs vacances avec moi, soit que je reste à Sannois, soit que j'aille les passer au Marais ou à Méréville. »

Vous savez, chère fille, avec quelle constance cette mère adoptive a rempli ses promesses-''.

En quittant Sannois, il fît un court séjour en Normandie, puis alla s'embarquer à Lorient ^ Sa'

1. Ally et Louis de Crèvecœur l'appelaient toujours maman d'Houdetot.

2. Nous avons dit ailleurs que pas une lettre de cette correspondance n'avait pu être retrouvée.

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