‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 148 sur 330 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Les débuts de la Révolution. Crèvecœur se tient à l'écart. Séjour en Normandie. Retour à Paris. Il est révoqué. Ce qu'étaient devenus ses amis. Viotti. Retour de M. Otto. Le ministre Deforgues. L'abbé Raynal. L'expulsion des Anglais. Ally à Hambourg. La correspondance de Crèvecqpur. M. de Laforest à Paris. L'abbé Grégoire. La comtesse de Damas; son arrestation. Gouverneur Morris. James Leray de Chaumont. Joël Barlow. M. et Mme d'Houdetot. Le prisonnier anonyme. La famille de Gouves. La Chabeaussière et le drame de Margency. Louis de Crèvecœur en Amérique. ' Le neveu de Lavater et l'amante de la mort. Monroë, ministre des États-Unis. Les drapeaux. Crèvecœur en Normandie. Arrestation d'Otto.

Lorsque Crèvecœur avait quitté la France en 1787, tous ses amis étaient, à des degrés différents, pénétrés des idées nouvelles. Ce monde de grands seigneurs, d'auteurs, de femmes d'esprit, tous plus ou moins philosophes et surtout sensibles, préparait depuis longtemps , sans trop s'en rendre compte,. la grande révolution qui allait faire table rase de toute la vieille organisation sociale. Bien peu de ces délicats avaient entrevu toute l'importance du mouvement d'esprit qui

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commençait à se dessiner ; les événements se pressaient, poussant les hommes. Oi^i allait-on r nul ne pouvait le dire, mais on marchait et l'on marchait vite.

En 1790, on en était encore à la phase relativement tranquille de la Révolution ; les constitutionnels étaient au pouvoir et l'Assemblée nationale travaillait avec une ferveur de néophyte à la réorganisation du pays.

Bien des indices faisaient cependant pressentir que la direction du mouvement allait échapper aux modérés. Des explosions populaires comme celles qui avaient amené la prise de la Bastille, le massacre de Foulon et de Berthier, les journées des 5 et 6 octobre, les troubles qui éclataient sur différents points du royaume, dénotaient une fermentation redoutable dans les classes inférieures, et donnaient fort à réfléchir aux esprits prudents.

A son départ d'Amérique, Crèvecœur ne connaissait l'état des choses que d'une manière assez imparfaite. Les journaux anglais et les lettres de ses amis l'avaient, il est vrai, tenu d'une façon générale au courant des événements; mais c'était en France seulement qu'il était possible de se rendre compte de l'état de l'esprit public.

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