SERVICES MILITAIRES II
Mais le temps des excursions allait passer pour les Canadiens; la lutte qui avait commencé en 1754, dans la vallée de l'Ohio, et qui tout d'abord n'était qu'une querelle entre colonies, avait amené bientôt une guerre acharnée entre les deux nations. Tout le monde dut alors prendre les armes, et Crévecoeur, absorbé jusque-là par ses études spéciales, eut à servir d'une façon plus active et plus régulière.
Il prit part, en août 1757, à l'attaque du fort George par Montcalm, et dans une note de son Voyage en Pensylvanie ' , il parle du fameux massacre d'un certain nombre de soldats anglais par les sauvages nos alliés , déplorable événement dont les Anglais et les Américains ont cherché si longtemps à rejeter la responsabiUté sur Montcalm , mais que les historiens
valions qu'il avait recueillies : ce dernier ouvrage, notamment, contient des particularités très curieuses sur les coutumes des Indiens, et spécialement sur les grandes réunions où ils discutaient leurs intérêts.
I. Tome I, p. 337. Sur l'exemplaire corrigé dont il a été question, Crèvecœur se substitue à l'officier français témoin du massacre et parle à la première personne. Cette note n'ajoute rien du reste aux détails déjà connus et relate seulement des fait d'anthropophagie comme il ne s'en passait que trop dans ces tristes guerres.
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apprécient maintenant avec plus d'impartialité '. En 1758, il était nommé lieutenant au second bataillon du régiment de la Sarre, compagnie de Rumigny. L'état de proposition, présenté parle ministre de la guerre^, contenait la note suivante :
Ce jeune homme est cadet dans les troupes de la colonie. Il m'est très recommandé par M. le baron de BreteuiP et par M. le marquis d'Houde-
1. Voyez notamment G. Bancroft, Histoire des Etats-Unis (traduction), tome VI, p. 119.
2. Travail du roi, 25 juillet ij5S. Dépôt de la guerre. Ce document donne des indications erronées sur l'âge et le lieu de naissance de Crèvecœur. Il porte Michel Jean de Crèvecœur comme étant né à Paris, paroisse Saint-Eustache, le 6 janvier lySS. La destruction des registres paroissiaux de Paris ne permettant plus de vérifier si l'acte de baptême existait réellement, nous avions, après bien des recherches, renoncé à élucider le fait, lorsque le hasard nous a fait découvrir une lettre d'un officier qui avait servi en Canada en même temps que Crèvecœur, le marquis de Lotbinière (V. note du chap. II). Cette lettre, datée de New-York, le y juin lygo, et adressée à un ancien officier canadien établi en France, M. des Méloizes, démontre d'une manière irréfragable, ce dont nous avions la conviction sans en avoir une preuve certaine, que le lieutenant du régiment de la Sarre et le consul de New-York sont bien le même personnage, malgré les fausses indications de l'état de propositions. M. des Méloizes (Nicolas Renaud d'Avène) était l'aïeul paternel de la mère de celui qui écrit ces lignes,
3. Le baron de Breteuil, qui fut plus tard ministre sous Louis XVI. Il était déjà fort bien en cour en iy58. C'est