‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 156 sur 330 · L ABBE RAYN AL · texte numérisé non relu

L ABBE RAYN AL

bonté de me prêter quelques papiers qui roulaient uniquement sur la population, l'agriculture et le commerce des Etats-Unis; je les communiquai a M. de Crèvecœur, avec prière d'y joindre quelques-unes des connaissances qu'il devait avoir sur un pays d'où il arrivait. Cet homme de bien n'a rien fait de ce qu'il m'avait promis, a gardé, malgré mes réclamations, pendant quinze ou dix-huii mois le dépôt qui lui avait été confié, et a fini par le rendre à M. Otto, premier commis des Affaires étrangères, qui m'a signifié, par sa lettre du 22 mai 1798, que ce dépôt ne me sera jamais rendu '.

Disons tout de suite que Jay, dans la Biographie nouvelle des contemporains, aux articles Raynal et Otto, a rectifié lui-même l'assertion de l'irascible abbé et établi que les mémoires appartenaient non pas à Raynal, mais au ministère des Affaires étrangères, où ils furent déposés. Il nous paraît à peu prés certain qu'au nombre de ces documents se trouvait un exemplaire du grand rapport rédigé

recevoir le portefeuille des Affaires étrangères à la place de Montmorin. La combinaison n'aboutit pas, et il fut envoyé à Constantinople. C'est à^ son retour de Berlin qu'il dut voir l'abbé Raynal, récemment arrivé à Paris. M. de Moustier avait recueilli aux Etats-Unis des documents très nombreux sur la question commerciale, et l'on a de lui, aux Affaires étrangères, des documents fort intéressants.

I. Précis historique de M. Jay placé en tête de l'Histoire philosopJiique des deux Indes, Didot, 1820.

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en 1 789 par Crèvecœur sur l' État de New-York ' , qui serait resté dans les mains de M. de Moustier. On expliquerait difficilement, sans une circonstance de ce genre, l'existence aux Affaires étrangères de deux copies de ce volumineux travail.

Ce petit incident vidé, nous reviendrons en quelques mots sur Raynal. Crèvecœur avait été autrefois un de ses admirateurs enthousiastes, et il lui avait dédié l'édition anglaise des Lettres diin cultivateur. Ils n'avaient pu cependant se rencontrer avant la Révolution. Raynal, en effet, banni après la deuxième édition de son livre-, n'était rentré en France qu'en 1787, et, comme le séjour de Paris lui était interdit, il s'était fixé en Provence. Ce fut seulement en 1790 qu'un décret, rendu sur la proposition de son ami Malouet, vint lever cette interdiction. Crèvecœur, arrivé à Paris en i79i,y trouva Raynal; celui-ci venait d'écrire au président de l'Assemblée nationale sa fameuse lettre du 3 1 mai -\ qui lui donna plus de

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