‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 162 sur 330 · GOUVERNEUR MORRIS I · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR MORRIS I

beaucoup alors, les citoyens honoraires des Etats- Unis, comme l'était Crèvecœur, le sentirent plus encore. Crèvecœur avait bien pu obtenir des passeports américains pour ses deux fils, qui étaient nés aux États-Unis, pour lesquels l'anglais était la langue maternelle et qui portaient un nom de physionomie anglaise, mais lui-même était trop connu pour invoquer une ancienne naturalisation , devenue caduque au point de vue français par les fonctions publiques qu'il avait exercées. Pour colorer un départ qu'il appelait de tous ses vœux, et qui en réalité n'eût été qu'une fuite, il aurait fallu un protecteur puissant, et ce protecteur ne pouvait être Morris.

Et pourtant il voyait à Paris, en ce moment même, un homme, un Français, vivant dans un sécurité relative comme citoyen américain. C'était son compagnon de voyage sur le Washington ', M. Leray de Chaumont, James Leray, comme il se faisait appeler, qui jouissait paisiblement de la fortune considérable, qu'il tenait de son père, l'ancien intendant des Invalides , l'hôte de Franklin à Passy. Le jeune Leray était allé aux États- Unis en 1784 pour obtenir le remboursement

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