‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 168 sur 330 · M. DE COUVES · texte numérisé non relu

M. DE COUVES

nois, avait fait quelques connaissances dans les environs. Il parle souvent dans ses lettres d'un M. de Gouves, qui demeurait à Taverny avec ses deux sœurs. Ancien conseiller au Châtelet, M. de Gouves de Vitry avait été ruiné par la Révolution; mais, doué d'un heureux caractère, c'était, malgré tout, l'homme le plus insouciant et le plus aimable ; ses sœurs étaient tout aussi gaies et résignées. Tous les trois faisaient souvent le voyage de Paris. Au mois de mars, ils viennent passer la soirée chez M™^ Otto. Ils ont fait la course à pied et déjeuné, à moitié route, dans un cabaret où l'on a pu leur donner de la viande et du beurre, denrées presque introuvables à Paris ' ; aussi Crèvecœur le lendemain s''empresse-t-il de les reconduire jusqu'à ce bienheureux bouchon, d'oii il rapporte un respectable morceau de bœuf.

Voici maintenant un vrai drame, toujours dans la vallée de Montmorency :

Tu te souviens sans doute d'un vieux brick appelé Mar. . .y, sur lequel j'aimais peu à aller, quoique l'équipage te plût beaucoup. Tu te rappelles un certain G... que l'équipage avait pris pour passager. Eh bien! ce

1. C'est quelques jours auparavant, le 21 février 1794? que le boucher Legendre demandait à la Convention que, vu la rareté de la viande, on ordonnât un carême civique.

LA CHABEAUSSIÈRE ICjj

G... a trouvé moyen de renfermer tout l'équipage sous' les écoutilles, de sorte qu'il a pour lui le brick et la cargaison...; cela estune vengeance.... On dit que G... a porté accusation devant les hauts amiraux, ce qui pourrait être suivi d'une conséquence fatale... La Cha... et sa femme sont fous de rage '.

Nous ne savons si Ally était capable d'interpréter à première vue une pareille énigme. Pour nous, le hasard seul nous a permis de la déchiffrer. Il s'agit ici de La Chabeaussière, l'homme de lettres-. Il avait épousé une veuve, M"^^ de Maleyssie, qui lui avait apporté le château de Montgarny, près Margency. Il fut arrêté, a-t-on dit, sur la dénonciation d'un gendre de sa femme, comme ayant donné asile au conventionnel Julien de Toulouse, alors décrété d'accusation. Nous ne reproduisons pas ici le nom de l'homme fort connu que l'on accusait de cette infamie, assez peu vraisemblable d'ailleurs -\

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