‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 180 sur 330 · INCENDIE DE COPENHAGUE · texte numérisé non relu

INCENDIE DE COPENHAGUE

guère possible de parler sans danger des incidents de la guerre. A de longs intervalles on trouve une mention des événements survenus à l'étranger, comme le grand incendie de Copenhague du 10 juin 1795 ', incendie queCrèvecœur, d'après les rumeurs de Hambourg, attribue aux agents russes et anglais qui espéraient ainsi détruire la flotte -. Il parle incidemment de la descente de Quiberon , mais il demande beaucoup plus de nouvelles qu'il n'en donne.

Les perpétuelles agitations de cette année, où la France se débat entre les terroristes et les modérés, lui causent à bon droit des inquiétudes sans cesse renaissantes. Ses amis de Paris occupent aussi beaucoup son esprit. Ally a été reçu à bras ouverts par [abonne comtesse, et c'est pour son père une grande joie que de voir la bienveillance flatteuse que l'on montre à ce fils dont il est si fier.

1 . Il y avait eu déjà à Copenhague, en février 1794, un incendie terrible qui avait dévoré près de mille maisons et le palais dû roi.

2. On sait que le Danemark avait refusé d'entrer dans la coalition contre la France et il était en termes assez froids avec les puissances coalisées. L'accusation de Crèvecœur n'est peut-être pas fondée ; cependant il ne faut pas oublier que quelques années après, en 1807, l'Angleterre faisait bom- ■ barder Copenhague sans pitié et s'emparait de la flotte danoise.

2o8 MADAME DE LAFAYETTE

La comtesse de Damas, la famille de Gouves, le bon Girard sont, comme toujours , les noms qui reviennent le plus souvent sous sa plume.

En septembre, AUy est de retour à Altona; naturellement la correspondance a pris fin et les détails nous manquent. Nous savons seulement, par une lettre du général Lafayette ', que Crèvecœur eut l'occasion d'offrir ses services à M"^^ de Lafayette lorsqu'elle passa à Altona, se rendant à Olmutz près de son mari prisonnier-.

Crèvecœur passa tout l'hiver à Alto.na et quitta définitivement cette ville au mois d'avril 1796. Son retour en France ne souffrit aucune difficulté, quoique les ports fussent soigneusement surveillés, et qu'à la suite de la rupture des négociations entre la France et l'Angleterre, la police fît subir de nombreuses vexations aux nouveaux débarqués.

Il se rendit directement à Paris, oij, après une

1. La lettre est du 25 octobre 1800; la voir à cette date dans la Correspondance.

2. En septembre lygS. M^ne de Lafayette était partie de Dunkerque le 5 septembre avec un passeport pour l'Amérique. Elle prit passage sur un petit bâtiment américain et débarqua à Hambourg après une traversée de huit jours. Elle vit à Altona M^es jg Montagu et de Tessé. {Vie de M"i« de Lafayette, par M^^s de Lasteyrie, p. 349.)

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