IO UN JEUNE PIONNIER
meuble principal;- puis il commença le dur travail du défrichement. Il vivait complètement isolé, n'ayant pour tout voisin qu'un jeune Français', propriétaire d'une concession contiguë, et qui ne pouvait manquer de devenir son ami intime ; malheureusement, au commencement de 1796, cet ami perdit courage et retourna à New-York.
Louis, plus persévérant, ne se montrait nullement disposé à quitter sa ferme, et il se préparait à monter un moulin à scie sur la chute d'eau voisine. Il avait eu cependant de pénibles moments à traverser. Nous lui avons, dans notre enfance, entendu raconter combien étaient longues ces journées d'hiver où la neige couvrait tout le pays. Un porc gelé , pendu dans le grenier de sa cabane, formait alors le fond de ses provisions, et tous les matins il coupait avec une hache le morceau qui devait fournir à ses repas. Mais robuste et courageux., amoureux de l'indépendance, il faisait bon marché de tout, dans l'espoir de se
I. Nommé Leddet, dont le père habitait New- York. Nous pensons que c'est lui que nous trouvons un peu plus tard sous le nom de Leddet de Segray dans l'intimité de la famille. Après avoir eu une très belle position de fortune, il fît de mauvaises affaires et, pour les rétablir, alla aux Indes, où il mourut.