LES SAVANTS
musées de Munich et de Sleisheim, homme aimable et bon avec lequel Crèvecoeur conserva des relations jusqu'à la fin de sa vie; M. Seyfer, astronome du Roi ; les deux frères Baader, l'hydrostatique et le galvanique , comme les appelle Crèvecoeur; M. Kirschbaum, ancien précepteur du prince royal; le baron de Glebestable, doyen du grand chapitre de Wurtzbourg; enfin, M. de Fontenay, dont nous avons déjà parlée
Toutes ces personnes parlaient le français et plusieurs l'anglais. On ne manquait donc pas de mots techniques ; « si le français n'en fournit pas, on passe la Manche et l'on en trouve des magasins ».
Grâce à ces relations, Crèvecoeur fut bientôt en rapports avec tout ce que Munich comptait d'hommes instruits 2.
1 . La famille Otto voyait aussi fréquemment, mais tout à fait dans l'intimité, un vénérable prélat français établi à Munich, l'évêque de Gap, dont Crèvecœur se plaît à vanter la conversation sérieuse et instructive. Quoique son nom ne soit pas prononcé , il s'agit de Mgr de La Broue de Vareilles (François-Henri), né en 1734 et sacré évêque en 1784. Il avait émigré et, son siège épiscopal n'ayant pas été rétabli en 1802, il était resté à l'étranger; nous ignorons l'époque de son retour en France. Il mourut en 1829 dans le diocèse de Poitiers.
2. Sans compter les savants de passage, tels que M. de Zaag, l'astronome, avec lequel il dîna chez le ministre des
UTZSCHNEIDER 245
Un de ceux dont le nom se trouve le plus souvent sous sa plume est M. Utzschneider, référendaire, président de la section des salines, directeur de la monnaie, inspecteur du cadastre, etc. Avec tous les dehors de l'homme le plus calme, il avait une activité, une puissance de travail extraordinaires, qui lui permettaient de mener de front, avec ses nombreuses fonctions, la direction de plusieurs affaires agricoles et industrielles : une belle tannerie aux portes de Munich, une immense ferme de quatre cents vaches à Benedict-Bayern, une usine oia l'on fabriquait le flint-glass d'après des procédés de son invention, d'autres entreprises encore, qui donnaient du travail à de nombreux ouvriers'.
Cet homme réellement hors ligne avait su distinguer les aptitudes de Reichenbach, qui, de simple capitaine d'artillerie, était devenu un des premiers constructeurs d'appareils de précision
finances, mais qui répondit froidement à ses avances. Très aimé du feu duc de Saxe-Gotha, de Zaag était aussi fort estimé de sa veuve, qu'il accompagnait dans ses voyages. Quoique Hongrois de naissance, il avait pris tout le flegme germanique.
I. Un frère de M. Utzschneider dirigeait déjà, à cette époque, la fabrique de produits céramiques de Sarreguemines; elle est encore sous le même nom.