CONCLUSION
la plume, plus amie qu'éloquente, qui rédigea son éloge funèbre' n'était pas faite pour réveiller, même un instant, l'attention publique.
Depuis l'ombre s'est encore épaissie, et ce n'est pas après trois quarts de siècle qu'on peut tenter de faire revivre un nom tombé dans l'oubli. Mais, si le lecteur a eu la patience de nous suivre jusqu'à la fin de ce long récit; si, malgré l'insuffisance du peintre, il a pris quelque intérêt au tableau si varié que nous avons essayé de lui mettre sous les yeux, il aura, nous l'espérons, appris à juger- à sa valeur le caractère de notre aïeul.
La personnalité de Crèvecœur n'est certes pas de celles qui s'imposent à l'admiration de la postérité, mais elle a droit tout au moins au respect et à l'estime. Profondément honnête et dévoué à son pays, homme intelligent et pratique, vulgarisateur infatigable, écrivain sincère et bien intentionné, il a, au bonheur d'avoir fait quelque bien, ajouté le mérite, trop rare chez ses contemporains, de n'avoir jamais fait de mal.