VOYAGE DANS LA HAUTE PENSYLVANIE ET DANS L'ÉTAT DE NEW-YORK
Cet ouvrage, nous l'avons dit au chap. X, malgré son mérite très réel, fut loin d'obtenir l'éclatant succès des Lettres d'un cultivateur américain. Il fut cependant remarqué et obtint
I . Voir sur Mazzei la note de la page 1 82 et sur son livre la lettre de Crèvecœur à M™s d'Houdetot, du 20 mars i -jSg. (Correspondance.)
3o8 APPRÉCIATIONS
les suffrages du public lettré. Nous signalerons, parmi les articles qui lui furent consacrés, les extraits que fit insérer Trouvé dans le Moniteur des 2 5 et 27 germinal an IX (avril 1801) '. Ils sont précédés de ces quelques lignes :
« Le succès qu'ont obtenu les Lettres d'un cultivateur an\éricain est d'avance un sûr garant de celui qu'obtiendra le nouvel ouvrage publié par le même auteur. On y reconnaîtra, comme dans le premier, cette chaleur d'imagination, ce style animé, ces descriptions pittoresques... On y trouvera des observations peut-être plus justes, des contrastes mieux établis, des résultats plus frappants et plus incontestables, parce que le temps et les événements, qui se sont pressés dans le nouveau monde comme dans l'ancien, ont amené des changements nécessaires dans la manière de voir, de sentir et de juger... »
Quelques mois plus tard paraissait dans la Décade philosophique, littéraire et politique du 20 thermidor an IX (8 août 1801) un article signé A., c'est-à-dire Andrieux^, dont nous extrairons le passage suivant :
« Les Lettres d'un cultivateur américain eurent beaucoup de succès lorsqu'elles parurent il y a quinze ou vingt ans. On y trouva de la sensibilité, du coloris; c'était comme une suite de tableaux de genre que l'on ne pouvait regarder sans émotion. L'intérêt du sujet se joignait au mérite de l'exécution... C'est un ouvrage du même genre que le même auteur publie. Il prend seulement le titre de traducteur et d'éditeur, et donne son livre pour un extrait de différents manuscrits recueillis après un naufrage et dont l'auteur est inconnu. Que ce récit soit une fable ou une histoire, il a servi à l'auteur de prétexte pour donner à son livre une forme irrégulière et variée. Il suppose que les manuscrits qu'il a trouvés sont des fragments quelquefois incomplets et toujours détachés l'un de l'autre. »