Ibid. Dépêche du mini<^tre, M. de Teinaiit, i3 mars
citation de plus d'une page, empruntée au prétendu livre de Franklin, dans laquelle on reproche notamment à Grèvecœur sa partialité pour les quakers. Or ce livre, dont Bayard donne le titre : Rechercher historiques et politiques sur les États-Unis, n'est pas le moins du monde de Franklin, et personne, que nous sachions, n'a jamais eu l'idée de le lui attribuer. Il est d'un homme dont nous avons eu plusieurs fois l'occasion de parler, de Mazzei, ennemi des quakers et esclavagiste déclaré '. — La méprise est lourde, on le voit, pour un homme qui a la prétention de connaître l'Amérique et les Américains. — A la page suivante, Bayard parle d'une lettre qui lui aurait été adressée en 1788 par Jefferson, et dont il cite un passage : « M. de Crèvecœur vous a fait voir notre beau côté... Tout n'est pas de ce caractère-là chez nous... » Survient un compilateur, Boucher de La Richarderie. Il trouve ce jugement tout fait, appuyé de deux noms illustres, s'empresse de le copier, et dans l'article consacré à Crèvecœur [Bibliothèque universelle des voyages, VI, 63) il écrit, bien entendu sans citer Bayard : « Deux hommes dont l'autorité est d'un grand poids (en note : Franklin et Jefferson) ont reproché à M. de Crèvecœur sa partialité pour les quakers. Peut-être est-elle excusable, etc., etc. »
On ne peut certes pas appliquer à La Richarderie ce qu'il dit de Franklin et de Jefferson !