Port à l'embouchure du Blavet, à 5 k. de Lorient
LES PAQ UEBOTS ;5 I I
C'est-à-dire, d'après l'article 2, des ouvrages de modes, vêtements faits pour homme et pour femme, des vins et liqueurs en bouteilles, etc., etc.
L'arrêt ne fixait pas le nombre des paquebots; il portait seulement qu'on tiendrait au port de Lorient un nombre de bâtiments légers suffisant pour faire un service mensuel. Ces navires devaient être commandés par des officiers de la marine royale, payés, ainsi que l'équipage, par le Trésor public.
L'article 4 portait que MM. Lecoulteux ', sous les ordres du ministre de la Marine, dirigeraient et administreraient l'armement, etc., payeraient les dépenses et percevraient les droits sur les lettres, passagers et marchandises.
Cette organisation bizarre, dans laquelle on chargeait un banquier de diriger un service public, non pas à ses risques et périls, comme dans le système des fermes, mais simplement comme bailleur de fonds et percepteur de droits, sauf règlement ultérieur, ne trouve son explication que dans la pénurie du Trésor.
Un règlement du 5 juillet 1783, auquel était joint un tarif, s'occupait des détails du service. Les passagers, comme les marchandises, ne pouvaient être embarqués sans permis. Le transport des lettres de France en Amérique était réservé aux seuls paquebots , et des peines sévères étaient édictées contre les contrevenants.
On trouve aux Archive^ de la Marine la minute sans date des : Inslniclions pour la direction (t le service des paquebots à établir pour aller de Lorient à l'Aniériquc septentrionale. Elles contiennent vingt-cinq articles. Le premier expose que le but de l'établissement était d'augmenter la consommation des articles de nos fabriques : 1° par des rapports exacts et continuels; 2" par une plus grande facilité pour l'habitant de l'Amérique de se procurer les produits français à sa convc-
I . Lecoulteux de La Noraye , banquier très connu qui a été mêlé à toutes les grandes affaires financières du temps.
nance. Les autres articles sont tous relatifs à la comptabilité, au personnel et au détail du service postal.
L'activité qui présida aux armements montre combien le ministre attachait d'importance à la mise en train du service. Le 14 septembre 1783, Crèvecœur était à Lorient et visitait avec M. Lecoulteux de La Noraye cinq bâtiments qui s'y trouvaient déjà réunis, sur les six que l'on se proposait de consacrer à cette navigation. Il rend compte au ministre, dans une lettre du 16 septembre', de ses appréciations sur ces navires qu'à l'exception d'un seul, le Wanvick,'\\ trouve généralement bien installés. Il fait connaître que M. Lecoulteux l'a chargé de diriger le service à New-York.
Voici les noms des bâtiments qui ont fait les six premiers voyages :
Courrier de l'Europe, capitaine Cornic du Moulin 2, septembre 1783.
Courrier de l'Aniérique ^ capitaine le chevalier d'Aboville, octobre 1783.
Courrier de Port-Louisj caphaïne Tuvache, novembre 1783.
Courrier de New-York, capitaine le chevalier de Jaubert, décembre 1783.
Courrier de Lorient, capitaine de Coëtnempren, janvier
Warwick, capitaine de Siouville, février 1784.
Le Sylphe, capitaine Hulcoq, prit le service en mars 1784, à la place du Courrier de Port-Louis naufragé ? ; un autre bâtiment, la Martinique, fit son premier voyage en mai 1785.
Dès son arrivée en Amérique, et dans sa première dépêche, Crèvecœur rend compte de sa traversée; il se loue du capitaine Cornic du Moulin, et critique la composition de l'équipage 4. Presque toutes ses lettres contiennent des dé-