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4. Dépèche du 17 décembre 1783. Archives des Affaires étrangères. Carton du consulat de New-York.
tails sur le service. Le 19 janvier 1784 ', il présente des observations sur le prix du fret (i 20 livres par tonneau) qui ne permet pas aux Américains de confier aux paquebots les marchandises encombrantes qui sont à peu près leurs seuls articles d'exportation. Le 19 mars, il rend compte du naufrage du Courrier de Port-Louis. Parti de Lorient en novembre 1783, ce navire avait été pris dans les glaces à son retour, en sortant d^ New-York. Deux passagers sur six moururent de froid; sur trente-huit marins, quatorze avaient également péri et neuf étaient dans un état déplorable. Le consul attribuait en partie ce désastre au mauvais état du bâtiment et à son détestable équipage. Dans sa lettre du 1^' août, il demande qu'on réforme le Sylphe et le Warwick; le dernier de ces bâtiments, parti de Lorient en février, n'était arrivé à New-York qu'après le Sylphe qui avait mis à la voile un' mois plus tard; le capitaine mettait à la cape tous les soirs. Il demandait dans la même lettre la création de deux fanaux près de Lorient, signalait l'état affreux des routes de Bretagne, ce qui rendait difficile l'accès du port d'embarquement; il recommandait aussi de réclamer aux capitaines des paquebots un mémoire sur cette question : « Quelles sont les latitudes où, suivant les époques de l'année, on est plus assuré de trouver des vents favorables pour aller de Lorient à New-York ? )j Le 14 janvier 1785, nouvelles plaintes sur les équipages: « Le plus petit pilotin et mousse est reçu, non pas qu'il soit bon sujet, mais parce qu'il est recommandé à M. Lecoulteux par des dames. »
La lettre du i^^ février 1785 propose d'établir un nouveau système de correspondance avec Cayenne par New-York, au moyen des paquebots français jusqu'à ce port et, de là, parla voie des navires américains, qui faisaient avec notre colonie un commerce très actif. Crèvecœur en avait écrit à l'intendant général des postes, le baron d'Ogny, et à Grimod de La Rey-
I. Consulat de New-York. Voir aussi Correspondance diplomatique : Dépêche du chevalier de La Luzerne du i 3 février 1 784.
nièie, un des administrateiiis généraux; n'ayanL reçu aucune réponse, il avait organisé lui-même le service.
<( Daignez donc, Monseigneur, écrivait-il, ordonner au rédacteur de la Gazette de France d'informer le public de cette nouvelle voie ouverte à ceux qui veulent correspondre avec Cayenne. J'espère que vous ne me blâmerez pas pour y avoir pensé et y avoir réussi. »
Le 17 mars, nouvelle lettre, nouvelle plainte; les ordres du ministre ne sont pas exécutés. — D'accord avec M. Thévenard', il a gardé le capitaine d'Aboville, commandant le Courrier de l'Amérique, pour lui donner le commandement du paquebot le Maréchal de Castries, construit par Peck. '.
Le 19 mai, dans la dernière lettre qu'il écrit avant son départ pour la France, il critique encore le service et demande la réforme du Warwick et de la Martinieiue, dont le mauvais état et l'infériorité font tort à l'établissement des paquebots.
La plus grande irrégularité régnait alors dans les départs?, et le 9 avril 1786, M. Otto, chargé d'affaires aux États-Unis,écrivait qu'il y avait plus de quatre mois qu'il n'avait reçu de nouvelles de France par les paquebots 4.
Le service était mal fait et coûtait fort cher; on chercha une nouvelle organisation.
Un arrêt du Conseil du 14 décembre 1786 ordonna l'établissement de vingt-quatre paquebots destinés à communiquer « avec les colonies françaises aux îles du Vent et sous le Vent, les îles de France et Bourbon et les Etats-Unis d'Amérique ». Le règlement qui porte la même date fixe à huit par an au lieu de douze le nombre des départs à destination des Etats-Unis. Ces paquebots partaient tous du Havre, tandis que ceux
1. Thévenard i Antoine-Jean -Marie , qui devint en 1791 ministre de la Marine, était alors chef d'escadre et commandant du port de Lorient. 11 a publié en 1800 des mémoires relatifs à la marine, mais il n'y est pas question des paquebots dont il avait cependant surveillé l'armement.