‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 305 sur 330 · Voir page · texte numérisé non relu

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2. Marie-Louise-Aglaé Audrault de Langeron, fille de Charles-Claude, marquis de Langeron, lieutenant général, et de Marie-Louise Perrinet du Pezeau. Elle épousa, le 11 avril 1779, Joseph-François-César, comte, puis duc de Damas d'Antigny. C'était une femme aimable et spirituelle qui fut très liée avec M'"'' d'Houdetot et plus intimement encore avec la belle-sœur de celle-ci, M™'' de La Briche. Morellet [Mémoires, I, 2 65) nous la peint, toute nouvelle mariée, prenant part aux fêtes du château de Brienne avec la jeune vicomtesse d'Houdetot. Quelques années plus tard, Laharpe lui adresse une longue pièce de vers. [Correspondance littéraire de Laharpe, III, 143.) Au moment du 10 août 1792, Morellet la trouve réfugiée à Epinay (voir chapitre IX). On a donné dans ce chapitre quelques détails sur son arrestation dans la maison de campagne de Gouverneur Morris. Le Mémorial (traduction Gandais, II, 497 et suiv.) contient un portrait de cet homme d'Etat, écrit par M™" de Damas au mois de mai 1795, Il ne fut envoyé à Morris que quatre ans plus tard, lorsqu'il fut de retour en Amérique, sur la demande, dit M™" de Damas, d'un ami commun qu'elle désigne par l'initiale J.. Charles Lacretelle nous la montre, après sa sortie de prison, retirée à la campagne et exprimant, avec une véhémence un peu exagérée, ses sentiments monarchiques et religieux. [Dix ans d'épreuves, page 286.) Lorsqu'il fut arrêté à la suite du i3 vendémiaire an IV (octobre 1795), il reçut mystérieusement dans sa prison une boîte qui semblait contenir des pilules, mais renfer-

sur l'assemblée provinciale du Berri dont fait partie son père, le marquis de Langeron '.

« Elle avait été établie il y a quelques années; mais elle sera maintenant animée par l'émulation, la même forme d'administration ayant été adoptée dans tout le royaume 2. »

Elle prie Crèvecœur de lui envoyer des détails sur la situation politique et civile des États-Unis. Elle donne des nouvelles de Lafayette, qui avait été malade :

« Grâce à Dieu, ce précieux jeune homme vivra pour continuer à être l'honneur et la gloire de son pays, l'amour du vôtre, les délices de ses amis et l'admiration du monde. »

Philadelphie, 9 juillet 1787. — Washington à Crèvecœur. Autographe, signée. En anglais. Inédite.

mait en réalité 20 louis. C'était un envoi de M""" de Damas. Voici le jugement qu'il porte sur elle : « Esprit supérieur , vertus sévères, sentiments généreux qu'elle manifestait souvent avec trop d'éclat, ce qui l'exposait au reproche d'affectation. Elle était plus royaliste que si le Roi eût été à Versailles. » [Ibid., page 3 5 7.) — Nous avons cité au chapitre X une lettre qu'elle écrivait à Crèvecœur, en janvier 1798 ; elle y exprime des craintes qui ne furent que trop justifiées ; car elle ne cessa d'être en butte aux persécutions de la police consulaire et impériale. Sa fille Adélaïde-Zéphirine avait épousé, en 1802, Charles-Elzéar-François de Vogué. Elle se maria en secondes noces, en 181 2, à Laurent-César comte de Chastellux. M™^ de Damas mourut, croyons-nous, en 1806. On lui attribue un ouvrage anonyme, publié en l'an VIII sous le titre de : Pensées morales. Malgré des recherches multipliées, il nous a été impossible de le découvrir.

1. Au dire du prince de Montbarey (Mémoires, III, 49 et suiv.), sa tournure était un peu pédantesque et méthodique, mais c'était un homme très honorable et très droit, fort ami du progrès. Il était membre de la Société d'agriculture et appréciait beaucoup Crèvecœur. — Il en est encore question dans la lettre de sa fille du 1°' aoiàt 1789.

2. Quand Necker, reprenant les idées de Turgot, voulut faire l'essai des assemblées provinciales, il choisit le Berri, une des provinces les plus pauvres. Un arrêt du conseil du 12 juillet 1778 y établit la nouvelle organisation. (L. de Lavergne , Assemblées provinciales, page 18.) Le marquis de Langeron représenta le Berri à l'assemblée des notables avec le duc de Charost, l'évêque de Nevers et le maire de Bourges. {Ibid., page 66 )

Il le remercie de la lettre et des trois volumes des Lettres d'un cultivateur américain qui lui sont parvenus par l'intermédiaire du Commodore Paul Jones. Il profitera très volontiers de l'entremise de Crèvecœur pour correspondre avec son « bon et très estimé ami, le marquis de Lafayette, dont les services et le zèle pour la cause de ce pays méritent si bien les applaudissements de ses concitoyens, comme ils attirent l'admiration du reste des hommes «.

New-York, ij juillet 1787. — Paul Jones 1 à Crèvecœur, à Boston. Autographe et signée. En anglais.

Il vient de revenir de Philadelphie en compagnie du général Saint-Claire.

« J'ai le plaisir de vous faire mes compliments d'avoir été nommé (à ma demande) par le Président pour être élu membre de la Société philosophique américaine... Je serai très reconnaissant de vos lettres d'introduction pour le duc d'Harcourt et quelques autres personnages de votre connaissance qui peuvent éprouver de l'intérêt pour mon caractère et m'honorer de leur estime. »

Boston, 27 juillet 1787. — Crèvecœur au duc d'Harcourt. Publiée par M. Hippeau, Gouvernement de Normandie, t. III, p. 137.

Lettre très longue et très intéressante sur la politique intérieure et extérieure des Etats-Unis, sur la nécessité de modifier la constitution. Une convention actuellement réunie s'occupe de cette question vitale. Il est impossible encore de

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