‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 309 sur 330 · Voir les pages 99 et 100 et la note sur les paquebots · texte numérisé non relu

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autre sur la création à Philadelphie d'une académie destinée à instruire les jeunes filles; 40 divers renseignements sur l'industrie et la colonisation.

Bennington, 27 août 1787. Ethan Allen à Crèvecœur. Autographe, signée. En anglais.

« Je m'imagine que la confusion des Etats-Unis a augmenté au delà de votre attente... j'ai toujours craint c|ue le gouvernement fédéral ne fût que de courte durée... treize têtes indépendantes et un gouvernement qui les unit, c'est un monstre politique, et les monstres sont toujours de courte durée '... '

Varennes, 24 octobre 1787. La comtesse Charles de Damas à Crèvecœur. Autographe, signée : C. D, En anglais.

Elle parle des changements survenus dans le ministère. L'archevêque de Toulouse est principal ministre. Le' maréchal de Ségur et le maréchal de Castries ont donné leur démission ; la santé de ce dernier n'y est pas étrangère. Sa fistule a nécessité deux opérations infructueuses. M. de La Luzerne, son successeur, est à Saint-Domingue et n'arrivera pas de sitôt.

« La petite écurie du Roi a été supprimée et le duc de Coigny... premier écuyer, est fait pair... Je ne connais pas de dommage qui ne soit compensé par la plus haute dignité de notre royaume-. «

1 . Il s'agit de la situation qui existait avant l'adoption de la nouvelle constitution.

2. Le duc, s'il faut en croire les Mémoires de Besenval, n'avait pas pris cette suppression aussi philosophiquement. « Nous nous sommes véritablement fâchés, le duc de Coigny et moi, disait le Roi, mais je crois qu'il m'aurait battu que je le lui aurais passé. »

Elle parle de la taxe sur les pensions; elle ne plaint pas les riches, mais les pauvres gens qui perdent une partie de ce qui les fait vivre.

« Les administrations provinciales paraissent réussir et obtiennent l'approbation générale... C'est la seule institution capable de produire... le soulagement des pauvres, l'équitable imposition des taxes et l'ombre de liberté dont il nous est possible de jouir. )>

Elle mentionne le mémoire écrit par Calonne pour sa justification. Il y a encore peu de copies.

« Je ne l'ai pas encore lu... Dans les vingt premières pages, j'ai trouvé de si affreuses accusations contre le bon marquis ', que je n'ai pas pu prendre sur moi d'aller plus loin... Souiller le noble caractère de votre héros est, j'espère, au-dessus de son pouvoir malfaisant... »

Paris, 14 novembre 1787. Target à Crèvecœur. Autographe, signée.

Il parle longuement d'un chagrin très vif qu'il vient d'éprouver.

« J'ai à peine lu votre nouveau plan de fédération et je cherche en vain des idées... Si vous attendez quelque chose de moi là-dessus, donnez-moi le temps, car en ce moment je ne puis rien... Livrez-vous à la douce espérance de voir renaître le bonheur dans le 'pays que vous avez adopté pour seconde patrie, et qui ne courrait pas le risque de le perdre s'il avait conservé des mœurs. Sans cela, mon ami, sans les institutions qui les entretiennent, la prospérité nationale est Une chimère plus ou moins brillante. «

Lafayette.

Paris, 28 janvier 1788. La comtesse Ch. de Damas à Crèvecœur. Autographe, signée. En anglais'.

Nouvelles politiques. Les parlements résistent à l'enregistrement des édits. On a ainsi échappé aux taxes fatales du timbre et de l'impôt territorial. Mais au fond le but du Parlement est moins le bien public que le désir de faire échec à l'autorité royale. Les difficultés soulevées contre l'édit des non-catholiques en sont la preuve. Il n'est plus permis maintenant à personne d'émettre un doute contre les idées de tolérance; ce n'est qu'au Parlement qu'on peut feindre de redouter la destruction de la religion.

Le retard apporté à l'enregistrement de cet édit a empêché beaucoup de familles hollandaises, chassées par les troubles de ce pays, de se réfugier en France; elles ont passé en Allemagne. Les Etats généraux sont le seul remède à nos blessures.

On va faire des modifications au code criminel, « criminel en vérité, puisqu'il a été fait d'après cette horrible maxime qu'il vaut mieux frapper un innocent que de laisser un coupable impuni», et aussi au code civil, qui ne vaut pas mieux.

Nouveau plan d'éducation publique. On divisera la France en universités. A chacune d'elles seront annexés plusieurs collèges soumis, pour l'instruction et la discipline, au contrôle d'un conseil spécial composé de trois membres de l'Académie des sciences et trois de l'Académie des belles-lettres.

Philadelphie, 16 février 1788. — B. Franklin à Crèvecœur. Autographe et signée. En anglais. Inédite.

« Cher Monsieur, j'ai reçu de vous l'été dernier, et j'aurais

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