Voir lettre du 3i juillet
Paris, 5 juillet 1788, — W. Short à Cvèvecœur. Autographe et signée. En anglais.
La situation en Europe et en France est peu satisfaisante. Longs détails sur la guerre entre la Turquie, la Russie et l'Autriche. En France, il semble impossible de ne pas convoquer les États généraux; il serait plus habile de le faire volontairement que d'attendre d'y être contraint. Annulation des remontrances; peines sévères contre ceux qui en signeraient. Démarche de la noblesse de Bretagne; plusieurs nobles ont signé, quoique l'arrêt du Conseil fût sur la table devant eux.
Moimt-Vernon, 6 août 1788. — Washington à Crèvecœur. Autographe et signée. En anglais.
Commission : envoi de paquets.
Paris, 9 août 1788. Jefferson à Crèvecœur. Autographe et signée. En anglais. (Publiée en partie dans les Jefferson's Works.)
Réflexions sur la situation en France. Comparaison avec ce qui s'est passé en Hollande. Il ne croit pas se tromper en pensant que le Roi et quelques-uns de ses ministres sont bien disposés pour le parti libéral et préféreront faire de grandes concessions au peuple plutôt que de petites au Parlement. Ils finiront probablement par accorder une constitution tempérée. On promet les États généraux pour l'année prochaine. Jusqu'à leur réunion se présentent deux difficultés : 1° la suspension du cours de la justice; 2° la possibilité d'une banque-.
route. Réflexions sur la situation de l'Europe; mais la guerre n'empêchera pas la réunion des Etats généraux.
(Tout le paragraphe suivant n'existe pas dans le texte imprimé :)
«Votre amie, la comtesse d'Houdetot , a eu à Sannois une longue maladie; elle était assez bien l'autre jour pour venir à Paris, et elle eut la bonté de passer chez moi, comme je le fis aussi, sans nous trouver l'un l'autre. La duchesse d'Enville est également à la campagne. Vos fils vont bien. Leur maître vante hautement les dispositions et l'application d'AUy et parle plus favorablement des dispositions que de l'application du plus jeune »
Ravages de la grêle. Le duc de La Rochefoucauld lui a assuré qu'il était tombé des grêlons de dix livres. Cette grêle est le coup de grâce.
« Le pont de fer de M. Paine a été exposé ici avec un grand succès. On avait encouragé l'idée de l'exécuter en trois arches au jardin du Roi, mais cela ne se fera probablement
pas ' . »
Paris, 14 août 1788. — La comtesse Ch. de Damas à Crèvecœur. Autographe et signée : C. D. En anglais.
ce ... Quant à nous, mon cher Monsieur, nous sommes dans une crise solennelle et effrayante. Il s'agit pour nous d'être soumis à l'esclavage le plus abject ou d'obtenir une part raisonnable de liberté... Nous ne pouvons revenir au régime incertain sous lequel nous étions il y a dix-huit mois.
I. Arrivé en France en 1787, Paine avait des recommandations pour Leroi qui le présenta à Buffon. Son projet de pont de fer fut soumis à un comité de l'Académie des sciences, qui donna un avis favorable, mais Paine ne put réussir à le faire exécuter. Il ne fut pas plus heureux en Angleterre. [Thomas Paine dans la Revue britannique de juin 1860, et Biographies.)
Deux ou trois siècles semblent s'être écoulés depuis lors... Nous avons réfléchi à nos droits et à nos privilèges naturels; même l'autorité ro yale , cette idole si longtemps révérée, a perdu son aspect terrible...
« Encore huit mois à passer, et nous verrons l'aurore de ce jour brillant qui succédera à la tristesse et aux calamités. »
XLVII et XLVIII.
Mount-Vernon, 14 et 18 août 1788. — Washington à Crèvecœur. Deux lettres, en anglais, autographes et signées, pour prier Crèvecœur de faire parvenir en Europe des lettres et paquets.
Philadelphie, 3o novembre 1788. — Madison ' à Crèvecœur. Autographe et signée. En anglais.
« Cher Monsieur, j'ai reçu la réponse du général Washington au sujet de la note que vous m'avez adressée. Je ne puis mieux vous la faire connaître qu'en vous transmettant ses propres termes :
« Quant au Sulla 2, avant que je puisse rendre compte de « sa culture et de son résultat, il faut que je vous prie d'être « assez bon pour m'excuser auprès de M. Saint John de ne « pas lui en avoir accusé réception. Le fait est qu'avant d'avoir « été informé par vous de la provenance de ces graines, j'igno- « rais qui me les avait envoyées. C'est dans ma chambre, chez « M. Morris (où l'on déposait généralement les papiers qui
1. James. Madison (i 758-1 836), deux fois président des États-Unis, en 1809 et en 181 3.
2. C'est le sainfoin d'Espagne (Hedysarum coronarium), dont on fait un grand usage en Sicile comme plante fourragère. Crèvecœur avait eu sans doute connaissance de cette plante par une communication faite à la Société d'agriculture, le jour de Pâques 1787, par l'abbé Teissier.
« m'étaient adressés), que j'ai trouvé un jour un paquet con- « tenant les graines en question, sans qu'il y fût joint une « lettre ou un renseignement qui permît d'en accuser récep- « tion. Je me souviens avoir reçu de IVI. Saint John, pendant « que j'étais à Philadelphie, une lettre écrite en français. Je « rn'en fis traduire le contenu ; mais si le Sulla y était men- « tionné, on négligea de me lire le passage, ou je l'ai oublié. « Voilà pour ma justification. Je suis fâché d'ajouter que cette « plante ne réussit pas, peut-être faute de connaître sa na- « ture, etc. Une partie des graines végéta, mais comme il « me fut impossible d'en trouver le nom dans aucune des « classifications botaniques en ma possession, et comme les « premiers soins que je leur donnai ne paraissaient pas réussir, « je cessai de m'en occuper. «
« M. Tardiveau ' m'a remis votre autre note au sujet du Deed of convenance, et j'ai pris des mesures pour obtenir les renseignements nécessaires. Aussitôt que je les aurai, je prendrai soin de vous les transmettre.
« Avec grande estime et considération, je suis, cher Monsieur, etc.
« Js MadISON. ))
1788 [Sans date). — Madison à Crèvecœur. Note autographe, non signée. En anglais.
« M. Madison présente ses compliments à M. Saint John et lui donne l'embarras d'une autre lettre pour M. Jefferson. »
Il répond ensuite à plusieurs demandes de renseignements que lui avait adressées Crèvecœur : 1° sur la manière de se
I . Nous possédons douze lettres de ce personnage, sur lequel nous n'avons du reste aucun renseignement. Elles donnent quelques informations intéressantes sur les établissements de Kentucky, de Cumberland, etc.
procurer des pommiers sauvages (crabtrees) du Potomack et de James-River ; 2° sur différentes questions géographiques.
28 août 1788. — Target à Crèvecœur. Autographe et signée.
« ... Jamais, mon bon ami, nous n'avons été plus près et pks loin d'une heureuse révolution ; plus près, par les lois de la nécessité, et plus loin, par nos mœurs qui, selon ma prévoyance et mes craintes, ne nous permettront pas de profiter de circonstances bien rares et bien singulières...
(c Cet établissement que vous avez eu tant de peine à former, il n'existe plus; nous n'avons plus de paquebots. C'est que rien de ce qui réussit dans les nations ordonnées ne convient à la nôtre... Nous imputons aux choses les vices qui ne sont que dans notre caractère, et nous blâmons ce qui serait bon partout ailleurs, comme si l'expérience nous avait éclairés, tandis que nous ne sommes éclairés en effet que sur les défauts qui nous sont propres...
« J'ai reçu le diplôme de citoyenneté de New-Haven% j'en suis très reconnaissant. Voulez-vous bien, mon cher ami, faire parvenir à M. Roger Sherman l'expression des sentiments que cette faveur m'inspire. «
LU
Nnv-York, 20 mars 1789. — Crèvecœur à la comtesse d'Houdetot. Minute.
C'est la seule lettre qui nous ait été conservée de la correspondance très suivie que Crèvecœur entretenait avec
I. Voir page 112. Le diplôme était daté de 1784, il avait donc mis près de quatre ans à parvenir à Target.
Mme d'Houdetot. Elle porte le numéro 49 et ne comprend pas moins de vingt pages in-quarto d'une écriture serrée.
Considérations générales sur le caractère des Américains et leur disposition au commerce et à l'industrie. Les toiles du Connecticut; origine de cette fabrication. Les vers à soie et les mûriers du district de Manchester. Digression sur les chartes d'incorporation. Les habitants de Manchester en ont obtenu une pour établira frais communs une fabrique destinée à utiliser la soie qu'ils produisent. A Hartford, on a créé, en 1788, d'après les mêmes principes, une .manufacture de laine, et cette annéeles habitants d'York et.de Carlisle en Pensylvanie se réunissent pour fo nder une fabrique d'étoffes de coton. Texte des statuts de cette dernière association.
Détails sur la pêche du saumon et de l'alose dans la rivière de Connecticut.
« On m'a dit dernièrement que M. Mazzei', Italien qui a habité la Virginie pendant quelques années, après avoir employé deux ou trois volumes à critiquer de là manière la plus indécente et la plus amère les abbés Raynal et de Mably, avait aussi fait l'honneur au cultivateur américain de l'associer à ces deux messieurs, avec cette différence cependant qu'il l'avait traité comme les grands traitent les petits, comme les forts en usent avec les faibles, et que, par conséquent, trois à quatre pages lui avaient suffi. Il est difficile de plaire à tout le monde. S'il avait quitté le canton de l'Etat qu'il habitait, et que, comme moi, il eût parcouru les frontières et l'intérieur de ces Etats, particuli'èrement ceux du nord, il y aurait cependant vu les scènes que j'ai décrites et que je ne me suis amusé à tracer qu'à cause de la vive impression qu'elles avaient faite sur mon esprit : car auparavant je n'avais jamais pensé à griiîonner que quelques mauvaises lettres. Et ne serait-il permis qu'aux grands penseurs, aux beaux diseurs, d'exprimer leurs sentiments? Au surplus, vous savez, chère comtesse, comment et par quel hasard je suis devenu auteur. Je n'ai jamais eu la vanité de me croire écrivain, et je sais qu'il y a