‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 324 sur 330 · Voir la lettre du 7 octobre · texte numérisé non relu

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2. M. de Cetto était ministre de Bavière à Paris. Il était déjà hiinistt-e des Deux-Ponts sous la Terreur. Il tenait un fort grand état de maison dans son hôtel de la Chaussée-d'Antin. « Son salon était intéressant et amusant », dit le comte Théobald Walsh. (Souvenirs de trois quarts de siècle. Revue de France) i5 novembre 1877.)

3. Benjamin Thompson, comte de Rumford (i 753-1814), né en Amérique, dans le New-Hanipshit-e ; il servit dans les rangs anglais pendant la guerre de l'Indépendance et parvint au grade de colonel. Il prit ensuite du service en Bavière, où il fut nommé lieutenant général et se signala surtout par dés réformes et des établissements philanthropiques. Il avait quitté la Bavière en 1799, à la mort de l'Electeur Charles-

guerre qui pendant longtemps a été l'inépuisable objet de la curiosité,., des salons de Paris. Personne mieux que le ministre de Bavière ne pouvait en parler sciemment, puisque, conjointement avec M. de Marbois, il a été l'arbitre pacificateur des interminables et scandaleuses querelles des deux parties belligérantes. Enfin la paix'est faite... Les voilà séparés, ces deux êtres qui n'auraient jamais dû s'unir... Tout cela a été porté à un tel degré de violence que M. le comte Fouché, grand inquisiteur d'Etat, s'est cru obligé d'en prendre connaissance, et que, sans l'intervention du ministre de Bavière, peut-être sa verge de fer se fût-elle appesantie sur la tête du mari... Cet Américano-Anglo-Bavarois ne pouvant plus se présenter dans aucune des hautes sociétés de Paris depuis sa séparation... prit sagement le parti de se retirer à Auteuil, où, semblable à un vaisseau battu par les vents qui vient d'entrer dans le port, il jouissait du repos et du calme dont sa faible santé avait le plus pressant besoin; ses amis l'en félicitaient, lorsqu'on a appris que sa ci-devant moitié venait de louer la maison voisine dans l'intention de convertir en paix durable la trêve qui venait d'avoir lieu, demandant que, pour prejnière base de ce grand œuvre, il lui fût permis d'ouvrir une porte de communication entre leurs jardins limitrophes... A ce moment, M'^e de Cetto, effrayée de quelques éclairs lointains, résolut de retourner sur-le-champ à Paris. Le reste donc au numéro prochain, ou plutôt au premier dîner que Fanny et moi devons faire à l'hôtel de Bavière '. »

Paris, fin de décembre 1810. — Crèvecœur à sa petite-fille Sophie Otto, à Vienne. Minute.

« M; de Nerciat est parti d'ici le 20 décembre. Je lui sou-

î'héodore. C'est en 1804 qu'il épousa M™'' Lavoisier, la veuve du célèbre chimiste.

1 . iNous n'avons pas retrouvé la lettre qui faisait suite à celle-ci ; l'historé est du reste fort connu é^ et nous n'avons donné cet extrait que parce qu'il nous a paru contenir quelques détails nouveaux.

4l6 CORRESPONDANCE

haite, à ce bon, à cet excellent jeune homme, beaucoup de santé et de bonheur '. J'ignore où il va, probablement dans des pays peu civilisés où le caractère d'Européen et celui de chrétien sont loin de promettre sûreté et protection. Son camarade Jouannin 2, que nous connaissons plus particulièrement, et qui gagne tant à être connu, est en ce moment en Bretagne, chez ses parents, après dix années d'absence... »

Il fait un grand éloge de M. Jouannin et parle du mariage de Volney 3.

Janvier, 181 1. — Crèvecœur à M. Turpin de Crissé 4. Minute.

Il a appris que M. Turpin était chambellan de l'Impératrice Joséphine, et se trouvait actuellement au château de Navarre 5. Il lui demande des nouvelles de sa mère, de sa sœur et de sa

I . C'était le fils d'un certain Andréa de Nerciat , auteur pornogragraphique et personnage singulier qui pendant la Révolution avait été attaché aux affaires étrangères, et en 1797 avait été chargé de surveiller la conduite de M™"^ Bonaparte à Milan. (Masson, le Département des Affaires étrangères, 275^ 392, et Mémoires de Bourrienne , I, 145.) Ses fils furent désignés, au commencement de 1797, pour faire partie de l'école des jeunes de langues. (Masson, 41 3.)

î, M. Jouannin fut, au commencement de 181 i, nommé secrétaire d'ambassade à Vienne auprès de M. Otto. (Voir 11 février 181 i.) Il avait été employé à Constantinople. On trouve dans la Biographie générale un article sur un nommé Jouannin, orientaliste, né à Saint-Brieuc, qui s'applique probablement à lui.

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