‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 39 sur 330 · L HOSPITALITÉ · texte numérisé non relu

L HOSPITALITÉ

Par un froid excessif, qu'augmente encore la vitesse de nos chevaux, la femme la plus délicate, les enfants les plus jeunes, tous oublient la sévérité du Nord et n'aspirent qu'au plaisir d'aller en traîneau. C'est alors que les portes de l'hospitalité américaine sont ouvertes; chacun attend ses amis... Mais si la distance est grande, il faut s'arrêtera cause du froid; toutes les portes s'ouvrent au voyageur la nuit comme le jour. Sans cela, qui pourrait voyager? On se chauffe au feu de l'inconnu ; il vous donne du cidre et du gingembre, ce qui est le remède à tous les maux. On arrive enfin. Une autre compagnie nous a précédés peut-être ! n'importe ! le cœur de l'hôte, sa maison, ses écuries sont grandes, tout y abonde : car l'Américain ne. se refuse rien et consomme dans l'hiver la moitié des fruits de l'été.

Mais il se repose de ses labeurs passés, il conserve des habitudes sociales, et n'échangerait pas ses frimas contre toutes les richesses du Sud.

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