‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 45 sur 330 · NANTUCKET · texte numérisé non relu

NANTUCKET

description de l'île et aux mœurs des habitants ; c'est une monographie complète de cet îlot sablonneux, sans arbres et sans végétation, que des hommes industrieux avaient su peu à peu fertiliser, tandis que leurs hardis vaisseaux sillonnaient les mers à la poursuite de la baleine. Le tableau est animé et curieux.

Voyez (dit un critique anglais ' ) comme il se mêle de bon cœur aux amusements du peuple de Nantucket, quelle alacrité, quelle puissance énergique d'industrie et de travail respirent dans ces pages, comme son cœur bat à l'unisson de "tous ces cœurs, comme il nous force de nous associer aux dangers de la pêche de la baleine pour prendre intérêt ensuite aux fêtes et aux joies dont ces dangers sont couronnés!

Il serait difficile de donner par des extraits une idée suffisante de l'ensemble de ces intéressantes observations. Nous reproduirons seulement des détails qui nous paraissent fort curieux sur l'étrange organisation de la propriété adoptée par les premiers colons. Ils étaient au nombre de vingt-sept.

I. Edinburgh Keview, article d'octobre 1829, déjà cité. L'article n'est pas signé, mais Rich {Bibliotheca Americana nova) l'attribue à Haziitt. Voir la Bibliographie.

SHERBURN 45

tous de la société des Amis (quakers), et avaient obtenu de la couronne, en 1 671, la concession de l'île ^

Trouvant leur nouvelle acquisition stérile et peu convenable à l'agriculture, ils convinrent de ne pas la diviser; la mer poissonneuse qui les entourait les détermina à se faire pêcheurs; un havre fut bientôt trouvé, et ils résolurent de bâtir une ville dans le voisinage et de s'y établir ensemble. Dans ce but, ils arpentèrent vingt-sept lots de quatre acres chacun, appelés lots de domicile, sur chacun desquels fut bâtie une maison. Telle a été l'origine de Sherburn...

Ils convinrent ensuite de jouir du reste de l'île en commun; mais de quelle espèce de jouissance pouvaient-ils se flatter? Avec une sagacité admirable, ils prévirent que l'herbe de l'île pourrait s'améliorer un jour par l'introduction des moutons; ils décidèrent que chacun d'eux aurait le droit d'en nourrir cinq cent soixante. Par cette convention, le troupeau national devait consister en quinze mille cent vingt, c'est-à-dire que la partie de l'île non divisée servirait non seulement à nourrir pour chacun d'eux le nombre spécifié, mais rendrait leur nouveau domaine idéalement divisible en autant de portions 'qu'il y avait de moutons.

I. Cultivateur américain, t. Il, p. io5 et suiv. Nous corrigeons d'après l'édition anglaise le texte français quelquefois un peu obscur.

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