‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 53 sur 330 · LES IDÉES DE SÉPARATION · texte numérisé non relu

LES IDÉES DE SÉPARATION

ment débuté sur la ^terre américaine. Maintenant sa position était faite : non seulement il avait conquis l'aisance, il s'était fait aimer et respecter de ses voisins, mais il avait su se créer, en dehors de ce cercle restreint, des relations honorables, de bonnes et solides amitiés.

Malheureusement, de graves événements se préparaient et les conditions de la vie en Amérique allaient être bien profondément modifiées. Les difficultés qui s'étaient élevées entre les colonies et la mère-patrie, presque aussitôt après la paix de 1763, n'avaient fait que s'aggraver. L'Angleterre, maintenant si pratique et si libérale dans toutes les questions coloniales, n'avait pas encore acquis à ses dépens l'expérience qui lui a si bien profité depuis. Ses procédés maladroits et violents, sa hauteur intempestive avaient fait naître un mécontentement profond dans un pays qui était pourtant foncièrement et loyalement attaché à la mère-patrie. A mesure que le débat s'aigrissait, les idées de séparation se faisaient jour, et, peu de temps après que la guerre eut éclaté, on vit clairement qu'elle ne pouvait aboutir qu'à l'affranchissement complet ou à une intolérable servitude.

Crèvecœur, avec bien des esprits modérés,

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