LES ENFANTS RETROUVÉS
prendre en traîneau ce pénible voyage et qu'il serra enfin dans ses bras les êtres chéris dont il était séparé depuis cinq ans. Il les trouva chez le bon M. Fellowes, traités comme les enfants de la maison, et il put enfin exprimer à cet homme généreux la reconnaissance qui débordait, de son cœur.
Nous avons forcément beaucoup abrégé le très long récit du Cultivateur américain, récit où l'émotion profonde du narrateur est réellement communicative. Ajoutons que cette histoire, qui semble tenir du roman, est pourtant rigoureusement vraie '.
Crèvecœur garda auprès de lui sa fille Fanny, alors âgée de treize ans, et fit partir pour la France son jeune fils Louis, qui alla rejoindre Ally resté à Caen,
I . Nous avons entre les mains l'original de la lettre de M. de Létombe, consul de France à Boston, citée dans les Lettres d'un cultivateur. Dès 1785, c'est-à-dire deux ans avant que ce récit fût publié par Crèvecœur, un journal de Paris, la Feuille du jour, en avait donné la substance d'après les détails qu'il tenait d'un Américain nommé Williams qui les avait reçus lui-même de M. Fellowes. [Esprit des journaux, numéro de mars.)