‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 84 sur 330 · SERVICES CONSULAIRES · texte numérisé non relu

SERVICES CONSULAIRES

pour exciter la vanité d'un homme obscur, déjà parvenu à la maturité lorsque le hasard vint le mettre en lumière. Cependant, dans ses lettres les plus familières, dans les notes intimes où sa pensée se montre à découvert, on ne surprend jamais une lueur d'orgueil. Il semble chercher au contraire à rabaisser la valeur de son oeuvre; ce sont les défauts qu'il voit , qu'il exagère avec une certaine insistance chagrine; et ce n'est pas l'amertume de ces auteurs infatués pour lesquels la moindre critique efface les éloges les plus flatteurs; ce n'est pas l'accent de l'amour-propre blessé : le sentlm,ent est vrai et profond.

S'agit-il de ses services consulaires, le ton devient tout autre. Cette fois, c'est bien de l'orgueil, c'est une satisfaction intime, la conscience d'une tâche bien remplie. On voit qu'à cette tâche il a mis toutes ses forces , toute son intelligence. Il est plus fier cent fois de sa mission à New-York que de tous ses succès littéraires.

Pourtant, si les ouvrages de Crèvecœur ne sont plus guère connus maintenant que de quelques érudits , son rôle comme consul est bien plus oublié encore. Ce rôle néanmoins a eu une certaine importance relative , et il a tenu une trop grande place dans la vie que nous retraçons pour

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