‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 86 sur 330 · LE COMMERCE MARITIME · texte numérisé non relu

LE COMMERCE MARITIME

montrer tant d'énergie pour conquérir leur indépendance, allaient maintenant consacrer cette ténacité , cette intelligence pratique , apanage de leur race, à réparer les désastres de la guerre. L'agriculture pouvait reprendre avec une activité nouvelle ses anciens progrès; l'industrie, délivrée du contrôle jaloux de la mère-patrie, voyait s'ouvrir devant elle un champ sans limites. Il n'en était pas de même pour le commerce maritime.

Avec l'immense étendue de ses côtes, sesfleuves magnifiques, les ressources inépuisables que ses forêts offraient à la construction des navires, l'Amérique avait, depuis longtemps déjà, considérablement développé sa navigation; mais c'était le pavillon britannique qui jusqu'alors avait abrité ses hardis marins ; c'étaient les ports anglais qui avaient fourni à ses armateurs un marché pour leurs cargaisons et un fret de retour.

On sait que les colonies de l'Amérique du Nord étaient, comme les autres établissements anglais, placées sous le régime de ce fameux acte de navigation que la Grande-Bretagne a pendant si longtemps regardé comme le palladium de sa puissance maritime. Elles étaient donc soumises à des règlements commerciaux uniquement combinés pour le plus grand avantage de la métropole. Le

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