PRÉTENTIONS DES AMÉRICAINS
situation ; l'Amérique s'était approvisionnée librement, autant du moins que le permettait le peu de sûreté des mers, et son industrie naissante avait pris quelque développement , excitée par les besoins de la consommation intérieure \
Fiers de leur jeune nationalité, enorgueillis de leurs succès, les Américains élevaient de très hautes prétentions. Toutes les nations commerçantes allaient, croyaient-ils, rivaliser de sacrifices pour s'assurer leur clientèle. En France, dans les régions gouvernementales, on fut, en effet, tout d'abord disposée beaucoup les favoriser. Aussitôt la mer libre, on se préoccupe de donner des facilités à leurs négociants. Franklin s'est plaint des entraves qu'ils éprouvent dans l'intérieur du royaume-; sur-le-champ M. de Vergennes, le maréchal de Castries, s'empressent de signaler le fait
1. « Je ne puis vous dire comment cela arrive, écrivait Crèvecœur à M^e d'Houdelot, le 20 mars 1789, mais aussitôt qu'ils entreprennent quelque chose de nouveau, ils viennent à bout de construire les machines nécessaires. » Il en est de même maintenant et, soit comme application, soit comme invention, les Américains sont les mécaniciens les plus pratiques du monde.
2. Dépêche du 27 février 1783, Correspondance dip\oma~ tique. M. de Vergennes avait préparé l'abolition des droits de traite à l'intérieur, mais ils ne furent supprimés qu'en 1797-