LES ÉTATS NE PEUVENT S ENTENDRE
au contrôleur général ' , et leurs dépêches montrent quelle importance ils y attachent.
Mais bientôt on s'aperçoit que l'accord est loin d'être facile. Les Américains avaient des intérêts complexes et souvent opposés : le nord était navigateur et pêcheur, le centre grand producteur de céréales, le sud tenait avant tout à exporter ses denrées : le tabac, sa principale richesse, l'indigo, le riz, etc. Les différents Etats s'entendaient donc fort mal au point de vue commercial , et comme chacun d'eux pouvait , avant la Constitution de 1787, modifier à son gré le régime douanier, une véritable anomalie existait dans les règlements , et le gouvernement central n'avait même pas le pouvoir de faire respecter par ces petites répubhques les clauses des traités signés en leur nom.
Puis vint une grosse difficulté. Les Américains
1. Le maréchal de Castries, parlant des procédés fiscaux de la ferme, disait : « Le commerce national et nos négociants ne tarderont pas à avoir tort aux yeux d'ufi peuple naissant, délicat sur les procédés, jaloux de là réciprocité sur le traitement qu'il accorde et avec qui toutes les nations s'empressent à l'envi d'acquérir des relations par des facilités et des faveurs multipliées. » (Dépêche du 20 juillet lySS au comte de Vergennes.) — - « Il est d'une nécessité absolue de changer de principes et de procédés », écrivait de son côté M. de Vergennes au contrôleur général, le i3 septembre. [Gorrcspondance diplomatique.)