‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 94 sur 330 · Souvenirs consacrés à Mme la comtesse d'Houdetot · texte numérisé non relu

Souvenirs consacrés à Mme la comtesse d'Houdetot

2. Nous avons résumé dans une note placée à la fin du volume les renseignements que nous avons recueillis sur ce sujet peu connu.

BOIS DE MARINE lOI

séjour à Paris, il avait souvent entretenu le ministre de la valeur des bois de construction américains. L'Angleterre, si soucieuse des intérêts de sa marine, avait toujours attaché à ces bois une haute importance, et, durant la période coloniale, non seulement elle se les était réservés en totalité, mais en avait même encouragé le transport par une prime à l'importation '. Malheureusement ce produit américain était l'objet dans notre marine de préventions fortement enracinées , provenant surtout de la mauvaise qualité de certaines fournitures faites pendant la guerre par des entrepreneurs peu scrupuleux ^.

Dès son arrivée, Crèvecœur s'occupe avec activité de la question, et il paraît avoir été chargé à ce sujet de plusieurs missions. Nous en trouvons la trace dans une lettre écrite de New-London (Connecticut) le 8 août 1784. Il annonce qu'il va à Boston pour s'occuper des bois de construction

1 . S'il faut en croire un article de la Correspondance secrète publiée par M. de Lescure (tome JI, p. 3 7), l'Angleterre tirait de ses colonies américaines la moitié des bois nécessaires à la construction de ses navires, soit environ 400,000 tonneaux par an. Cet article (de 1786) reproduit d'ailleurs les reproches qu'on faisait en France aux bois d'Amérique.

2. Voir Brissot, Voyage, tome II, p. 3i i, et De la France et des Etats-Unis (1787), p. 248.

Page 1