‹ Saint John de CrèvecœurChapitre 93 sur 330 · COMMUNICATIONS A CREER · texte numérisé non relu

COMMUNICATIONS A CREER

cises, il avait à New-York une notoriété et une autorité fort au-dessus de sa position officielle ; d'un autre côté, la faveur dont il jouissait auprès du ministre et l'appui de ses protecteurs lui permettaient une certaine liberté de langage et d'appréciations. Mais il est temps d'abordec en détail l'examen du rôle qu'il a joué à New- York dans les premières années de son consulat.

Avant sa nomination, il avait, dans ses entretiens avec le ministre, beaucoup insisté sur la création de communications régulières entre la France et les Etats-Unis. C'était en effet une des premières mesures à prendre, si l'on voulait établir des relations sûres et suivies entre les deux peuples. Il eût fallu, sans cela, soit emprunter pour les voyageurs et la correspondance la voie longue et incertaine des navires marchands , soit , ce qui avait quelques inconvénients, employer les paquebots anglais. Dans une lettre du 29 août 1787, adressée au duc d'Harcourt ' , Crèvecœur rappelle un projet

I. Cette lettre, déjà citée, a été publiée par M. Hippeau [Gouvernement de Normandie, tome III). Il s'agit de François- Henri, cinquième duc d'Harcourt, qui avait succédé à son père en lySS, comme gouverneur général et commandant militaire de la Normandie. Louis XVI, qui l'aimait beaucoup, lui confia en 1787 les fonctions de gouverneur du Dauphin.

lOO LES PAQUEBOTS

d'organisation remis par lui au ministre en 1783 et que celui-ci aurait approuvé, au moins en principe. Le prince et la princesse de Beauvau, s'il faut en croire les souvenirs que nous avons cités au chapitre précédent % auraient appuyé très vivement auprès du maréchal de Castries le plan de leur protégé. Bref, un service avait été organisé, et l'on avait donné l'ordre d'armer un nombre suffisant de navires de la marine royale pour assurer un départ mensuel de Port-Louis (près Lorient) pour New-York. Nous ne croyons pas devoir nous étendre plus longuement ici sur cette organisation ^; nous nous bornerons à dire que Crèvecœur fut nommé directeur du service à New- York, et que, jusqu'en 1786, il s'acquitta avec beaucoup de zèle de cette fonction supplémentaire. C'était quelque chose que d'avoir obtenu ce moyen de communication; il s'agissait de le rendre profitable en étabhssant entre les deux contrées un courant d'affaires suivi. Crèvecœur s'attacha donc à rechercher lès marchandises propres à ahmenter le commerce international. Pendant son

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