Genèse, xli, 41. — 2. Daute, Divine Coinédis (3e partie
Malgré le caractère d'universalité qui appartient h saint Joseph et que je tenais à faire ressortir pour sa gloire, le vénérable patriarche est demeuré dans l'Eglise le patron de plusieurs causes spéciales qui suffisent pour assurer sa prééminence, et dontl'énumération trouve ici sa place naturelle.
Les âmes pures invoquent saint Joseph pour conserver jusqu'au bout, au milieu |des orages du monde, la virginité, qui est l'honneur de leur vie, mais qu'elles portent dans un vase fragile. Elles sont bien inspirées, car saint Joseph fut le premier à donner l'exemple d'une vertu inconnue avant lui : saint Jean vient après. Pouvait- il en être autrement, puisqu'il avait mis sa main dans la main d'une vierge et qu'il avait guidé les pas de Jésus-vierge ? Son manteau exhale tous les parfums de leur sainteté. Les traditions sont fidèles : l'art chrétien qui représente saint Joseph avec un lis interprète notre foi et aide notre confiance.
Les âmes intérieures s'adressent à saint Joseph pour obtenir l'esprit d'oraison. C'est un don magnifique que celui-là; il est réservé au petit nombre, parce que les âmes qui le méri-
DANS l'église. 21
tent, et qui sont capables de le porter, sont rares. Ce sont des âmes profondes que Dieu habite, qu'il remue doucement et auxquelles il fait rendre des gémissements ineffables*-. Il les arrache aux délices de la terre ; il les remplit d'un malaise sublime ; il leur fait une blessure d'amour ' ; bientôt elles ne respirent que du côté du ciel, en attendant qu'il les emporte pour les plonger dans l'éternelle extase. Saint Joseph -solitaire à Nazareth, loin des bruits d'ici-bas, uni par la pensée, par le cœur et par l'action avec Celui que les anges désirent contemplei^ ', vivant de sa vie, puisant dans le spectacle de sa beauté la seule félicité dont il fut jaloux et qui pouvait bien le consoler des autres, saint Joseph est un parfait modèle de l'homme d'oraison.
Les mères ont coutume de consacrer à saint Joseph leurs petits enfants. Elles se rassurent quand elles les ont placés sous son ombre *; elles espèrent qu'ils grandiront pour Dieu et pour la société, qu'ils garderont le souvenir de leurs leçons et l'empreinte de leurs exemples, qu'ils éfthapperont aux dangers de l'erreur et aux séductions du plaisir, qu'ils respecteront leur autorité et qu'ils seront la consolation de leur vieillesse : les mères ont raison. Depuis que saint
1. Rom., VIII, 16. — 2. Cant., iv, 9. — 3. I. S. Pierre, I, 12. — 4. Cant., ii, 3.
Joseph a porté dans ses bras le plus beau des enfants des hommes ', il aime les petits enfants, qui lui rappellent rinnoccncc de Jésus et ses charmes : il les attire à lui pour les caresser et les bénir. C'est lui qui sauva Jésus des mains d'Hérode, et emporta au fond de l'Egypte ce trésor de l'humanité. Il continue sa mission protectrice, en dérobant aux démons, acharnés à leur perte, les petits enfants qui sont l'orgueil de la famille et l'espérance de l'Eglise.
Les pauvres n'oublient pas saint Joseph. Les siècles chrétiens lui ont fait une réputation de bienfaisance qui est fondée sur des faits authentiques : sainte Thérèse n'a pas peu contribué à le recommander sur ce rapport. Les pauvres traversent'à perpétuitéles sept années stériles qui affligèrent autrefois l'Egypte coupable ; mais ils savent trouver le chemin qui conduit aux greniers d'abondance où saint Joseph tient ses réserves pour donner du pain à ceux qui ont faim. Touchante mission que saint Joseph partage avec son chaste ancêtre, et qu'il agrandit encore, puisque ses obligés remplissent les bourgades et les cités industrielles, et qu'ils se reproduisent de leurs cendres pour former dans l'histoire la dynastie de la misère, la seule qui demeure sur les débris des autres! Saint Joseph fut le