‹ Saint Joseph, ou, La question ouvrière d'après l'évangileChapitre 42 sur 79 · SAINT JOSEPH CHEF DE LA SAINTE FAMILLE. LA FAMILLE · texte numérisé non relu

SAINT JOSEPH CHEF DE LA SAINTE FAMILLE. LA FAMILLE

{Suite.)

Ils trouvèrent Marie et Joseph, et l'enfant couché dans une crèche.

(Lnc, II, 1^.)

Continuons cette intéressante étude.

L'ouvrier doit des principes à safamille. Nous avons vu de quels moyens il dispose pour les lui transmettre, et pour les défendre des dangers qui les menacent.

Il lui doit ensuite du pain. Si la famille était un groupe d'anges, il suffirait de la baigner dans la pure lumière des principes. Assez souvent il n'y a que des anges au foyer ; mais ils ont bon appétit.

Après avoir servi à ses enfants le pain de la vérité, l'ouvrier leur servira le pain matériel. Décidément il a tous les honneurs. Il reçoit le

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pain de la vérité des lèvres de Dieu et des mains de l'Eglise ; s'il le donne comme il l'a reçu, sa fidélité lui compose une gloire suffisante. Mais il fait le pain matériel. Je ne veux pas disputer à l'Auteur de la nature les bienfaits dont il nous comble : ce serait une impiété ; cependant le froment qui croît dans la plaine n'est pas du pain ; en tout cas, il est encore loin de la table de l'ouvrier : pour devenir du pain, il faut que l'ouvrier le broie, qu'il le pétrisse avec sa sueur et quelquefois avec ses larmes; il coûte cher; mais il n'est que plus savoureux : il a le goût de l'amour. Heureux l'homme qui mange le travail de ses mains *■ ; plus heureux encore celui qui le sert aux fils de son sang.

C'est à son tour de faire du pain. D'autres en ont fait pour lui; il faut qu'il paie sa dette à la vie: il est à l'âge des grandes responsabilités. Les petits qui jouent à ses pieds, et qui lui envoient leurs regards et leurs sourires, témoignent d'une charmante insouciance : ils attendent tout de lui ; Quand il sera devenu vieux, ils lui rendront ce qu'il leur aura donné. Il n'est pas tenu de gagner beaucoup et d'apporter au foyer un pain abondant; mais il est obligé d'être vaillant à la peine, et bon ménager de ses bénéfices. Il ne s'appartient pas; ses bénéfices ne lui appartiennent

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