CHAPITRE SIXIEME
SOMMAIRE : Mystère de l’Incarnation. — Visite de la Sainte Vierge, avec saint Joseph, à sa Cousine sainte Eli sabeth,
Le Seigneur irposa à notre Reine et Maîtresse ses occupations d'épouse de saint Joseph et la mit dans certaines occasions de converser avec le prochain, afin que sa vie innocente fût un modèle publie de sublime sainteté. La Bienheureuse Vierge, se trouvant dans ce nouvel état, forma de si hauts desseins et régla toutes les actions de sa vie avec tant de sagesse qu'elle donna une émulation merveilleuse aux anges et un exemple incomparable aux hommes. Elle était connue de peu de personnes, et très peu la fréquentaient ; mais celles qui avaient ce bonheur recevaient tant de divines influences de la céleste Marie, que, ravies d'admiration, de joie et d'estime, elles eussent voulu exhaler leurs sentiments et faire éclater au dehors le feu sacré qui les enflammait, comprenant qu'il provenait de la très pure Vierge. La très prudente Reine
k A 2 a EE tv af TE Pr
VIE DE S. JOSEPH me ns n'ignorait point ces effets que la main du Tout-Puissant opérait en elle; mais le temps de les révéler au monde n'était pas encore venu, et sa très profonde humilité ne le lui permettait pas. Elle demandait continuellement au Seigneur de la cacher aux yeux des hommes ; que toutes les faveurs qu'elle obtenait de sa droite fussent rapportées à sa seule louange, et qu'il permit qu’elle fût inconnue et méprisée de tous les mortels, afin que sa bonté infinie ne fût point offensée, :
Notre Reine et Epouse de Joseph s'occupait sans cesse à des œuvres qui produisaient ces fruits merveilleux et durant l'espace de six mois et dix-sept jours qui s'écoulèrent entre ses épousailles et l’Incarnation du Verbe, elle travailla continuellement à augmenter les mérites et les grâces, source de tant de merveilles, jusqu'au moment où le Très-Haut mit la main de sa toute-puissance à cette merveille, L. plus grande qu'on ait connue et que l'on connaîtra jamais, : Fils unique du Père prenant chair humaine dans le sein virginal de Marie.
Pour exécuter cette œuvre dans des conditions dignes de lui, Dieu prévient d'une manière toute particulière la Très-Sainte Vierge durant les neuf jours qui précédèrent immédiatement le mystère, et laissant, pour ainsi dire, déborder de son sein la source dont les flots devaient inonder cette vivante Cité divine, il lui communique tant de dons, tant de grâces et tant de faveurs, que la
EE
VIE DE S. JUSEPH 55 <onnaissance que j'ai reçue de cette merveille me fait perdre la parole; et ma bassesse m'ôte le courage d’entreprendre de raconter ce que j'en conçois, parce que la langue, la plume et toutes les puissances des créatures sont de trop faibles instruments pour découvrir des mystères si relevés. Ainsi je veux qu’on sache que tout ce que je dirai ici (1) n’est qu'une ombre très obscure de la moindre partie de ce prodige inexplicable qu'on ne doit pas circonscrire dans les limites de notre langage, mais étendre avec le pouvoir divin, qui n’a point de bornes.
Au dernier jour de la neuvaine, pendant laquelle le Très-Haut préparait et embellissait de plus en plus le
tabernacle qu’il allait bientôt sanctifier par sa venue, la ” Majesté divine détermina d'y renouveler ses merveilles et de l'enrichir de nouveaux signes qui le devaient distinguer, en redoublant toutes les faveurs qu'elle avait faites jusqu'à ce jour à notre auguste Souveraine. Mais le Tout-Puissant agissait de telle sorte envers elle, que lorsqu'il tirait de ses trésors infinis des choses anciennes, il y en ajoutait toujours plusieurs nouvelles; et toutes <es merveilles sont renfermées en ce que Dieu devait s'humilier jusqu'à se faire homme, et une femme devait être élevée jusqu'à devenir sa propre Mère! Il ne pouvait
(1) Voir la Vie de la Sainte Vierge.
EME ad anses dt Ames 4
D CT Un D PET TRE Le D 0 COTNNT
ee ere et