‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 32 sur 87 · CHAPITRE DIX-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIEME

Sommaire : Matarieh ; Vieux-Caire, — Description des Sanctuaires,

Un Pèlerin qui, visita ces Lieux vers la tin du quingième siècle, nous a laissé une Relation longue et très curieuse de ses intéressantes pérégrinations.

L'ouvrage du Dominicain Félix Faber, avant sa réce æ réédition à Stuttgard était très rare: actuelle. ment encore il est très peu connu du public. Cet éminent Religieux ne raconte que ce qu'il a vu lui-même, ou ce qu'on lui a appris sur les lieux.

En arrivant à Matarieh, près du Grand Caire, autreiois la célèbre Héliopolis, voici ce qu'il nous raconte :

«... Nous arrivâmes enfin à une villa, nommée Matarieh; elle est sur les confins du désert. Jusqu'à. l'enclos de ses murs, s'étend la solitude sablonneuse, région aride et stérile: à l'intérieur, l'œil réjoui se re-

pose sur une luxuriante verdure ; c'est un vrai paradis.

= ne Là se trouvent la fontaine de Ja Vierge et le jardir du Baume. La villa est assez vaste : c'est une résidence d'été du Soudan ; il a li ces bains où trois cents Personnes peuvent se baigner à la fois. Il nous fut accordé de nous installer dans cette belle résidence, avant notre entrée dans la ville qui n'est distante que de deux milles SeFMan ques; quant à nous, mon com- Pegnon et moi, nous choisimes, Pour passer la nuit, me de la Sainte Vierge, nous étendimes

notre petit matelas sur la margelle du puits et nous y reposâmes délicieusement. . . Le septième jour, nous y dressâmes notre autel, et nous y célébrêmes la sainte Messe... Dans ce lieu de délices, nous vimes un énor-

me figuier (le sycomore d'K pte). Son trone est creux, et dans cette cavité sont

Marie. La renommée commune aux Musulmans comme aux chrétiens rapporte que la Sainte Vierge, durant son séjour en ce lieu, descendit un jour de Ja fontaine dans la campagne, eu suivant le cours paisible de ses ondes linpides, et portant dans ses bras l'Enfant Jésus. La Vierge, arrivée auprès de cet arbre, se préparait à s'asseoir sous son ombrage, lorsque tcut à coup, il ouvrit de lui-même son large tronc et offrit ainsi à sa Mattresse, une place plus conveuable. »

néon me

eau 192 - VIE DE 8. JOSEPH RS Ainsi parlait de l'arbre de la Vierge, en 1484, ce pieux Pèlerin de Terre-Sainte. Nous avons vu nous-même, et bien à loisir, cet arbre, dans le même lieu de délices, lors de notre séjour au Caire (1877); et, après quatre siècles, nous avons admiré, comme le Père Faber, son tronc vigoureux, ses immenses rameaux et son épais feuillage. Aujourd’hui encore comme du temps du célèbre Dominicain, mais avec une facilité plus grande, les pèlerins vont visiter cet arbre, y prient avec dévotion, et sont heureux de pouvoir détacher de ses branches quelque petit rameau qu'ils apportent avec bonheur dans leur pays au retour de leur pèlerinage.

Fontaine de la Vierge — Le Père Faber, en parlant de cette fontaine miraculeuse, rapporte la petite Légende qui suit: « Les histoires nous disent que cette source n’a pas toujours existé ici, mais qu'elle jaillit un jour miraculeusement. Voici le fait : Joseph fuyant de la terre d'Israël, par le désert, avec Marie et l'Enfant Jésus, arriva ici à Matarieh: épuisé de fatigue et brûlé par la soif, il alla frapper à toutes les portes, demandant un peu d'eau pour l'Enfant et sa Mère, et personne ne lui en offrit, bien que le Nil passe non loin d'iei.et que les Egyptiens ont coutume d'y aller puiser de l'eau qu’ils conservent chez eux duns des hydres et des amphores. Joseph revint donc trie et affigé d’un si dur refus; la Vierge, pleine de compa-sion

A MATAR IEH.

ui [2 K a] et > < H A ka mn mn LA =< =]

deux pieds environ.

Un Pèlerià qui visita l'Egypte en 1672, parlant | de la Fontaine et du Jardin, dit : « On voyait

le Sycomore qui, suivant la Tradition des Coptes, s'était fendu pour

avoir vu ‘aux Tuileries la riche cassette, renfermant de la terre du Jardin et du bois de l'arbre, que le Vice-Roi offrit à l’Impératrice Eugénie, au voyage qu'il fit à Paris, en 1867, et il aflirma que cette cassette contenait l’acte de donation, en vertu duquel Eugénie devenait propriétaire de l'arbre. Qu'est devenu cet acte ? On l'iguore : le Vice-Roi reste proprietaire de l'arbre (1877).

VIE DE S. JOSEPH 195 a Pour son Enfant, se mit en prière; et, pendant qu’elle priait, voilà qu'une source d'eau vive jaillit de terre à ses côtés, de manière qu'elle put en puiser pour elle et pour son Enfant. Joseph en puisa à son tour pour préparer le petit repas de famille. Après quoi la Sainte Vierge baigna le divin Enfant dans cette or ‘e bienfaisante qui servit également à laver ses langes. Dans la suite, les habitants du lieu, désirant augmenter le volume de cette petite source, y creusèrent un large puits et l'eau en sortit en abondance. Aujourd’hui, trente paires de bœufs sont successivement attachés à un manège (Noria) pour tirer l'eau qui suffit, dans son abondance, pour arroser l'enclos du Baume et tous les autres jardins environnants... »

Cette source donne encore, comme du temps du Père Faber, une eau abondunte et douce, tandis que de tous les autres puits voisins, il ne sort qu'une eau saumätre.

L'eau de la fontaine de la Vierge, si limpide et si salubre, semble posséder aussi une vertu particulière. Un jour, un de nos jeunes Pères, Pélerin de Terre- Sainte, en fit l’heureuse expérience. Il souffrait depuis. quelque temps des yeux: sa vue allait chaque jour s'affaiblissant et il était menacé de la perdre entièrement. Plein de confiance en la Vierge qu'il appelle sa Mère, il boit de cette eau avec une grande dévotion,

an mm

196 VIE DE S. otre S

et s'y lave les yeux avec une graude confiance. Tout à coup, sur le chemin, à notre retour, au Grand Caire, il s'écria tout transporté : « Je vois! je vois clair! je vois au loin!» Mais nous, Pour nous assurer que ce n'était point une illusion, nous lui indiquâmes dans le lointain, une maison peinte de diverses couleurs, comme on à coutume de peindre les maisons à la campagne, et nous lui dimes: « Eh bien! dites-nous donc quelles sont ces couleurs et comment elles sont disposées ? » Il nous le dit avec exactitude et facilité !... Nous remerciâmes ensemble la Sainte Vierge et son chaste Epoux, saint, Joseph, et nous continuâmes notre chemin, plein de joie, d'un si heureux événement.

Le Jardin du Bawme. — 1 convient de dire ici un mot de ce jardin. Les écrivains les plus sérieux ont traité de cette plante merveilleuse qui produit le Baume. Le grand Docteur saint Augustin en parle entre autres dans son grand ouvrage: LA CITÉ DE DIEU. Toutefois il est très difficile de dégager l’histoire de la fable ; on & raconté tant de merveilles de cette plante que les auteurs même les plus judicieux ont pu donner dans l'exagération. Ici encore nous laissons le Père Faber nous communiquer ses propres impressions et nous raconter ce que lui-même a vu à Matarieh.

«... L'enclos du Baume est entouré £ une muraille et percé d'une petite porte: cette porte est gardée par

ra mn aneenneaepaeneameen

d H nl K < EH < = <

Page 1