MONTRES
Vaquaient ensemble à leurs exercices; mais elle la connut dans le très pur miroir de cette âme déifiée et elle vit comme elle l'acceptait Pour l'exécuter. Notre grande Souve. raine l'accepta à son tour, quoiqu'elle eût déjà plus de relations et plus de Personnes dévouées en
qu'à Nazareth. Le Fils ni la Mère ne découvrirent à saint Joseph’ Je nouvel ordre du Ciel: mais l'Ange du Seigneur lui apparut cette même nuit dans un songe,
ainsi que le rapporte saint Matthieu, et Jui dit de pren-
dre l'Enfant et Ja Mère et de retourner au pays
VIE DE 8. JCSEp4 205 d'Israël, parce qu'Hérode et tous ceux qui avaient avec
lui cherché à faire périr l'Enfant étaient morts. Le Très-Haut aime tellement ]
toute la diligence possible et distribuèrent aux pauvres le peu de meubles qu'ils avaient dans leur inaison. Et cela se fit par l'entremise de l'Enfant-Dieu : car la divine Marie Jui remettait souvent les aumônes qu'elle destinait aux nécessiteux, sachant que l'Enfant, comme Dieu de miséricorde, aimait À les distribuer de
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se: propres mains. Lorsqu'elle lui donnait ces aumônes, ele s'agenouillait en lui disant: « Prenez, mon Fils èt mon Seigneur, ce que vous souhaitez de départir à nos amis et à vos frères les pauvres. » Quelques-unes des. personnes les plus pieuses qu'ils laissaient à Héliopolis vinrent habiter cette maison, sanctifiée par le séjour . que nos saints voyageurs y avaient fait pendant sept. ans, et consacrée en un temple par le Souverain Prétre Jésus-Christ ; et ce fut la sainteté de ces personnes qui leur attira le bonheur qu'elles ne connaissaient pas, quoique le souvenir de tout ce qu'elles avaient vu et expérimenté des portât à se féliciter vivement de pouvoir vivre là où leurs saints étrangers Ævaient demeuré si longtemps. Elles furent récompensées de cette piété et de ces dévc!: sentiments par une abondante lumière et par plusieurs secours pour arriver à. la félicité éternelle.
Ils partirent d’Héliopolis pour la Palestine, suivis des mêmes Anges qui les avaient accompagnés lors du premier voyage. Notre grande Reine montait un petit Âne avec l'Enfant Jésus sur ses genoux, et saint. Joseph cheminait à pied, à côté du Fils et de la Mère. Leur départ peina beaucoup toutes les personnes qui les connaissaient et qui regrettaient la perte de pareils bienfaiteurs ; aussi n’en prirent-elles congé qu'avec beaucoup de larmes, sentant et avouant qu'elles perdaient.
VIE DE 5. JUSE?H 207 ————————— SR DD toute leur consolat: a, leur secour et le remède à tous les maux. L'affectior: que ls Egvyptiens leur portaient était telle, qu'il leur eût été très difficile de sortir d'Héliopolis, si le Pouvoir divin ne leur en eût ménagé les moyens: les pauvres gens redoutaient secrètement dans leur cœur la nuit de leurs misères par l’absence du Soleil qui les éclairait et qui les consolait dans ces mêmes misères. Nos saints voyageurs passèrent par quelques lieux habités de l'Egypte avant d'arriver au désert, et ils laissèrent partout des traces de leur charité, parce que les merveilles qu'ils avaient opérées jusqu'alors n'étaient Pas si cachées qu’elles ne fussent déjà connues dans tout pays. De sorte que, par suite du bruit qui s'en était répandu, les infirmes,
“es afligés et les Pauvres allaient à leur remède et tous le recevaient en leurs âmes aussi bien qu'en leurs corps. Ils guérirent beaucoup de malades et chassèrent un grand nombre de démons, sans qu'ils sussent euxmêmes qui les précipitait dans l'abîme, quoiqu'ils sentissent la vertu divine qui les chassait et qui comblait les hommes de bienfaits,
Après done que les mystères que la divine volonté avait déterminés furent accomplis dans l'Egypte et que ce royaume eut été rempli de merveilles et de miracles, nos divins Voyageurs sortirent des endroits habités et entrèrent dans le désert par où ils étaient
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Vénus, Ils y soufirirent d'autres nouvelles incommodités semblables à cellas qu'ils avaient essuyées lors de leur départ de la Palestine, parce que le Scigneur
les exposait toujours à la nécessité et à la tribulation, afin de les secourir au moment convenable. Quand ils
approchèrent de la Palestine, le soigneux Epoux apprit
qu'Archélatis régnait en Judée au lieu d'Hérode son
père. Or, craignant qu'il n'eût hérité de sa cruauté
contre l'Enfant Jésus aussi bien que du royaume, il
prit un autre chemin, et sans passer à Jérusalem ni
même entrer dans la Judée, il traversa le territoire
de la tribu de Dan et de celle d'Issachar jusqu'à la Galilée inférieure en longeant les côtes de la Méditerrannée et en laissant Jérusalem à main droite.
Ils se rendirent à Nazareth, leur patrie, parce que : l'Enfant devait être appelé Nazaréen. Ils Y trouvèrent leur ancienne et Pauvre maison sous la garde d’une sainte femme, parente de saint Joseph, qui en avait eu soin pendant leur longue absence. La divine Marie Y entra avec son très saint Fils et son Epoux Joseph, et aussitôt elle se prosterna pour adorer le Seigneur et pour lui rendre des actions de grâces de ce qu'il les avait conduits dans le lieu de leur repos et délivrés de la cruauté d’Hérode et des périls d’un si long voyage et surtout de ce qu’elle rentrait chez elle avec son très saint Fils, déjà si grand, si plein de grâce et de vertu.