INTRODUCTION
Il y a près de trois siècles, une religieuse, Fille de sainte Claire, eut des révélations. Ces révélations écrites forment un ouvrage volumineux. Le docte et pieux Reviseur de la traduction de cet ouvrage, écrit primitivement en langue <spagnole, et intitulé: Za Ci# Mystique ... parle ainsi de cette sainte religieuse et des grandes révélations dont elle a été favorisée : « Dieu qui est admirable dans toutes ses œuvres, l'est surtout dans ses Saints, selon l’expression de l'Ecriture... Le Très-Haut s’est plu à manifester la vérité de cette parole dans la vie de la Vénérable Marie d’Agréda... Elle naît de parents chrétiens et estimables bourgeois de la petite ville d’Agréda, sur les confins de l’Aragon et de la Nouvelle-Castille, Son corps est frêle, sa santé délicate, son enfance maladive est minée par des fièvres ardentes; la mort semble l'avoir marquée de son sceau, comme un être chétif qui n’est pas né viable, et qui se consume dans une invincible langueur. Elle n'a rien de ce premier âge si vif, si impétueux, si gai, si insoucieux de la vie qui déborde en lui de toutes parts ; elle est timide à l'excès, la mélancolie, la tristesse, trop souvent funestes compagnes d'un autre âge, sembient l'étreindre et couvrir d’un nuage
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SR , épais son intelligence engourdie ; c’est une existence à part, étrange, qui n’a rien emprunté à la vie ordinaire et qui présage ou une fin précoce, ou une destinée surnaturelle et merveilleuse,
Une mort prématurée ne devait point l'atteindre ; elle devait vivre longtemps, au contraire ; et, sous l'enveloppe fragile d'un corps sans vigueur, Dieu tenait en réserve une âme énergique, un cœur d’héroïne capable de tous les sacrifices, une intelligence de premier ordre, une femme forte dans la pratique de toutes les vertus, qui devait manifester en elle les prodiges de la puissance divine, et condamner, par l’innocence et la pureté angélique de sa vie, les passions désordonnées et les vices d’un siècle et d’un peuple corrompus.
Bien jeune encore, elle donne l'exemple d’une piété sans égale et tellement sympathique, qu'à l’âge de quinze ans, dévorée du désir de se consacrer à la vie religieuse, ‘elle entraîne à sa suite sa mère et sa sœur qui se vouent avec elle aux austérités du cloître, dans la maison paternelle, qu’on voit devenir l'autel mystérieux où ces trois courageuses victimes viendront s'immoler à la fois; et, comme si ce n'était pas assez de cette triple immolation, son père et son frère suivent sur-le-champ le même exemple, et, renonçant à jamais à tous les biens temporels et à leur patrie, ils vont s'enfermer ensemble dans un humble couvent franciscain de la province de Burgos... Dès l’âge de dix-huit ens, Sœur Marie d'Agréda a des révélations et des visions extatiques, tellement fréquentes, que cet état surnaturel devient pour