LA MORT DES JUSTES
«La mort! qui effraie tant les âmes négligentes et. qui est horrible pour les pécheurs, la mort est pleine de douceur pour les âmes justes ! Car tel que mourut. notre auguste Patriarche saint Joseph, ainsi meurent tous ceux qui, comme lui, ont beaucoup aimé Jésus et Marie ‘sur la terre.
Mais qui peut nous dépeindre mieux combien est précieuse «:- yeux du Seigneur la mort des Saints que les Sainis eux-mêmes ? Nous laisserons done parler les Saints, et nous tâcherons, âmes pieuses, de bien comprendre tout leur céleste langage.
Saint Jean de la Croix, dans ses Cantiques intitulés : « Vive flanvmé d'amour, parle ainsi de la mort des justes: « La mort des âmes qui ont brûlé de l'amour de Dieu est souverainement suave et douce. La douceur de mourir surpasse tout ce qu'elles ont jamais ressenti de plus doux dans le cours de leur vie spirituelle. La cause de cet inénarrable plaisir qu’elles goûtent en mourant, c'est qu’elles succombent à la force même de l'amour divin. Près de s'unir à Dieu, elles commencent à entrevoir sa beauté qui va se donner à elles et les transformer en soi, et l'impression de béatitude divine, causée par cette vue, est si puissante, qu'elles succombent,
ne
me
Aussi leur mort commence Per un élan extatique d'a.
mour qui brise leurs liens et se termine par ls claire vision et la pleine possession de Dieu!»
C'est pour cela que les Saints, au lieu de craindre la mort, soupiraient après elle, trouvant trop long leur exil sur la terre, et la désiraient avec une ardeur irrésistible.
Le grand Apôtre avait ce désir, lorsque, écrivant aux Philippiens, il leur disait: « Ma vie, c'est Jésus-Christ et la mort m'est un gain. Que si cependant je demeure plus longtemps dans ce corps mortel, je tirerai du fruit de mon travail: aussi je ne sais que choisir; je me trc::ve pressé des deux côtés: car, € ine part, je désire être dégagé des liens du corps et être avec Jésus-Christ; ce qui est sans comparaison le meilleur ; et de l'autre, il est plus utile pour vous que je demeure encore en cette vie!»
Ecoutons maintenant saint Alphonse, parlant de Ja séraphique Thérèse de Jésus : «La mort, objet de la. plus grande frayeur des mondains, est ce que désirent. le plus les amis de Dieu. Les uns appellent cette vieune prison: saint Paul l'appelle une véritable mort t Mais qui pourrait exprimer la tristesse et les angoisses. extrêmes que le désir de mourir faisait éprouver à notre Sainte, surtout depuis le temps où Notre-Seigneur l'appela à son parfait amour. Elle écrit dans sa vie (1),
(1) Sa Vie, écrite par elle- même, sur l’ordre formel de son confesseur,
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L'an: COMGEPTION Bolr RACHEL & Gageauy