‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 52 sur 87 · SAINT JOSEPH D'APRÈS LES SAINTS · texte numérisé non relu

SAINT JOSEPH D'APRÈS LES SAINTS

Hommage à Marie, Reine de tous les Saints.

« Il est certain que toute la sainteté et la gloire des saints fut l’œuvre de l'amour de Jésus-Christ et de ses mérites ; car ils furent tous les très parfaits ouvrages

{1) Voir plus bas, IV, la Traduction de ce Décret,

= Su

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de ses mains; mais, comparés avec la grandeur de l'auguste Marie, ils ne semblent qte des ébar+hes, parce que tous les saints eurent queloues défauts qu'il fallut corriger. Il n’y eut que cette seule image vivante de son adorable Fils qui en fût exempte; et le premier coup. de pinceau qu'il donna en la formant fut plus excellent. et plus délicat que les retouches qu'exigèrent les plus. sublimes esprits et les plus grands saints, Elle est le: modèle de toute la sainteté et de toutes les vertus dés. autres; le dérnier terme que pôût atteindre l'amour de Jésus-Christ chez une simple créature, car aucune créature ne reçut en grâce ou en gloire ce qui put être donné à l’incomparable Marie, et elle reçut tout ce qui put être donné aux autres, de sorte que son très béni Fils lui donna tout ce qu’elle put recevoir et qu'il put lui communiquer.

La variété des saints, aussi bien que leurs différents. degrés, exaltent dans le silence l'ouvrier de tant desainteté ; les petits augmentent la grandeur dés grands, et ils honorent tous ensemble la très pure Vierge, qui les surpasse glorieusement par son incomparable sainteté, et au bonheur de laquelle ils participent pat l'endroit dans lequel ils l'ont. imitée pour concourir à cet ordre, dont la perfection rejaillit sur tous. Or, notre grande Reine est le :ouronnement qui a relevé tout l'ordre des justes; par là mêms elle a été l'instrument

Qu le motif de la gloire que tous les saints ont à un certain degré. Il suffit de considérer le temps que Notre- Seigneur Jésus-Christ mit à travailler en elle, et celui qu'il employs en tout le reste de l'Eglise, pour découvrir, quoique de loin, son excellence dans le mode qu'il suivit pour former cette image de sa sainteté. Car pour fonder l'Eglise et l'enrichir, pour appeler les apôtres, Pour enseigner le peuple et pour établir la nouvelle Loi de l'Evangile, il ne fallut que trois ans de prédication, pendant lesquels il accomplit surabondamment cette Œuvre que son Père éternel lui avait recommandée, et il justifia et-sanctifia tous les fidèles : mais pour imprimer ea sa bienheureuse Mère l'image de sa Sainteté, il n’em- Ploya pas seulement trois ans, mais trente ans, pendant lesquels il opéra continuellement en elle par la force de an amour et de sa puissance divine, sans aucun intervalle où il ait cessé d'ajouter grâces sur grâces, dons sur dons, bienfaits sur bienfaits, sainteté sur sainteté, En- <ore se réserva-t-il de la retoucher de nouveau, par les faveurs qu’elle reçu après que Jésus-Christ son très saint Fils fut remonté au ciel, vers Dieu son Père.

Tous les bienfaits dont elle était l'objet étaient extra ordinaires, exceptionnels, au-dessus de tous ceux que pussent recevoir les autres créatures, et par conséquent, <hacun de ses bienfaits semblait être le suprême, et marquer une dernière limite : néanmoins, il n'ya en la

participation des perfeetions divines aucune borne de leur côté, et c’est la capacité de la créature qui manque. Or, comme celle de la bienheureuse Vierge était immense, et qu'elle croissnit encore. chez elle, dans la proportion même des faveurs, elle ne faisait, en recevant de grandes grâces, que se disposer à en recevoir d’autres plus grandes. De sorte que le pouvoir divin, ne trouvant en elle aucun obstacle qui l'arrêtât, versait tous ses trésors pour les confier à la très fidèle Marie.

La ruison se trouble, les paroles manquent à la vue de cette glorieuse Souveraine, parce qu’elle fut élue comr'e le soleil et que les yeux des hommes n’en sauraient supporter la splendeur, non plus que ceux de toute autre créature (1). Et le bienheureux Joseph qui a vécu si longtemps, en compagnie de cette Reine incomparable, ainsi que de son adorable Fils, à quel degré de sainteté n’a-t-il donc pas dû s'élever! Après les Révélations de la Vén. Mère d’Agréda, écoutons les paroles de quelques-uns des Docteurs et des grands Saints de l'Eglise,

SAINT JEAN CHRYSOSTOME Le saint Docteur, interprétant ces paroles de l’Evan-

gile: «Or, comme Joseph, son époux, était un homme: Juste,» s'exprime ainsi :

(1) Cité myst,

Ce nom de juste que l'Esprit-Saint donne ici à Joseph signifie accompli dans toutes les vertus. La justice, en effet, comprend et l'absence de tout vice et la possession de toute vertu ; c’est dans ce sens que l’Ecriture emploie souvent le mot de justice, comme lorsqu'elle dit, en parlant de Job: « C'était un homme juste et droit; et encore, en Farlant de Zacharie et d’Elisabeth, son épouse : « Tous deux étaient justes.»

Dans un autre Passage de la même homélie, le saint Docteur paraphrase ainsi ces paroles de l’Ange à Joseph : « Elle mettra au monde un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus»: Ne croyez pas, ô Joseph, que parce que le Sauveur a été conçu du Saint-Esprit, vous serez compiètement étranger à l’économie de ce grand mystère. Sans doute, vous ne participerez en aucune façon à cette génération divine, puisque la virginité de Marie demeure intacte ; cependant je n'obscurcirai en rien la splendeur de cette virginité, en vous conférant le privilège, réservé au père, d'imposer un nom à ce divin Enfant; c'est vous qui le nommerez. Bien qu'il ne soit pas votre Fils, vous aurez pour lui toutes les sollicitudes d'un pèro, et, en lui imposant le nom qu'il portera, vous lui serez uni par tous les liens de la paternité.

Enfin le saint Docteur commente ainsi ces paroles : «Fuyez en Egypte, et restez-y jusqu'à ce que je vous

dise d'en partir; car il arrivera qu'Hérode cherchera l'Enfant pour le faire périr. »

À ces paroles, Joseph ne se trouble pas; il eût pr dire: « Mais c'est là une énigme. Vous disiez naguère. 1 sauvera son peuple ; et maintenant il ne peut se sauver lui-même, e‘ nous voilà forcés de fuir ei de nous exiler dans:.une contrée lointaine! Cela ne s'accorde guère avec vos promesses...» Non, Joseph ne fit au. quue de ces réflexions, car c'était un homme juste; il ue s'informe pas même du temps du retour, bien que l'Ange n'en ait parlé que d'une manière indéterminée, disant: Restez en Egypte, jusqu'à ce que je vous ordonne d'en partir Malgré cela, Joseph n'hésite pas un instant; il obéit, et s'expose avec joie à toutes les fatigues d’un long voyage. Mais Dieu, dans sa bonté, sut mêler à ces épreuves de douces consolations. C’est ainsi qu'il en agit toujours avec ses saints ; ni la tempête ni le calme ne règnent toujours dans l'âme du juste, mais sa vie est un tissu d'épreuves et de consoiations qui se succèdent tour à tour. C'est ce que nous voyons dans la vie de Joseph.

Ce saint Patriarche perçoit dans sa chaste Epouse les signes de la maternité; cette vue le trouble et le jette dans l'anxiété; mais alors lui apparaît un Ange qui dissipe ses soupçons et le délivre de ses craintes.

La naissance du divin Enfant le comble de joie;

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