A TRAVERS LES SIÈCLES
Le R. P. Huquet, à l'introduction de son bel ouvrage intitulé l'Auréole de saint Joseph, parle ainsi du culte de ce saint Patriarche:
« S'il est une dévotion en faveur aujourd’hui dans l'Eglise, après la dévotion à Marie, c'est celle qui s'adresse à saint Joseph, : époux de la Sainte Vierge et père adoptif de Notre-Seigneur. Ces deux titres de saint Joseph, les fonctions qu'il remplit dans la Sainte- Famille en vertu de ces titres, les vertus dont il les accompagns, les grâces nombreuses qu'il obtient à ceux qui l'invoquent, suffisent bien pour justifier les progrès de cette dévotion. »
Le culte de Joseph a pris naissance avec l'Evangile.
« Je ne comprends pas, a écrit sainte Thérèse, comment on peut penser à la Reine des Anges et à tout <e qu'elle essuya de tribulations durant le bas âge du divin Enfant-Jésus, sans remercier saint Joseph du dévouement si parfait avec lequel il vint au secours de l’un et de l’autre. »
Seulement, c'était d'abord un culte tout intime; il
ne s'exprimait pas, comme il l'a fait depuis, par un office particulier, des églises, des confréries érigées en. son honneur.
C'était une graine féconde, mais qui attendait l’heurepropice, son rayon pour éclater en se développant. Le moment propice ne vint pas, tant que dura le paganisme. Mélée à ces hommes tout pétris de p-nsées. charnelles l'Eglise craignait sans doute de ternir la naissance virginale de Jésus en leur montrant Jos-ph près du Sauveur et de sa Mère. Et même après que: le paganisme eut disparu, le (ulte de saint Joseph fut longtemps encore à se dégager de l'obscurité des. premiers jours. Le temps où il avait vécu en fut peutêtre la cause. Mort, en effet, dans les bras de Notre- Seigneur selon une tradition généralement reçue, par conséquent avant la promulgation de la Loi nouvelle, on le comptait encore parmi les justes de l'Ancien Testament, qu'on n’honorait pas alors d'un culte spécial. Quoiqu'il en soit, on serait mal fondé à conclure de là que nos Pères soient restés indifférents à sa. mémoire ; c'est la belle remarque du savant oratorien, le P. Thomassin: « Les saints à qui on n’a pas dédié de fêtes, ou à qui on a rendu plus tard ce devoir, ne sont pas moins illustres que les autres. Les fêtes des martyrs sont bien plus anciennes que celles de ls Mère de Jésus-Christ, qui est néanmoins leur Reine. .
VIE DE 8. JOSEPH 287 La plus solide maxime à laquelle il faut s'attacher, est que tous les saints sont honorés dans tous les sacrifices et dans toutes les fêtes et que Dieu est honoré par eux et en eux tous, quoiqu'on ne puisse pas les nommer tous, mais qu'en nomwant un seul d'eux, on les comprenne tous, parce qu’ils sont tous les uns dans les autres et que la gloire à :t chacun jouit, est la gloire +. même temps et la joie de tous les autres... »
Les chrétiens d'aucune époque ne pouvaient ignorer saint Joseph; mais pendant plusieurs siècles, les ombres de Bethléem et de Nazareth semblent voiler encore la figure de ce grand Patriarche, eb sa vie reste enveloppée dans le mystère de la vie cachée du Sau:
veur. La liturgie primitive ne fait mention de saint Joseph qu'à l'occasion des deux fêtes célébrées dans l'église grecque huit j
tivité: la première
culte particulier,
Durant les premières phases de sa vie rilitante, l'Eglise avait choisi dans le ciel des patrons ct des modèles, dont le caractère répondait aux épreuves qu'elle traversait. A l'effort de la persécution, elie avait
288 VIE DE S. JOSEPH opposé des martyrs; à l'efiort de l'erreur, elle avait opposé le culte de saint Pierre et des vremiers apôtres, vivants symboles de l'unité catholique attaquée par des hérésiarques ; à l'effort de la barbarie, elle avait opposé le culte des missionnaires du christianisme et spécialement de saint Martin qui était le type le plus populaire de l’apostolat et de la charité. Les peuples barbares, qui entraient alors dans l'Eglise, étaient surtout frappés par les bienfaits extérieurs du christianisme et attirés vers les Saints qui en avaient été les principaux instruments. Le culte de saint Joseph était réservé à des temps de maturité religieuse, où la lutte contre le paganisme et l'hérésie ayant presque cessé, l'Eglise devait s'attacher surtout à faire pénétrer les fidèles dans les mystères de la vie intime de Notre-Seigneur, et diriger vers ce but les travaux de la science chrétienne et les élans de la dévotion populaire. |; Le mystère de l'Incarnation contenait éminemment, avec la dévotion à Jésus et à Marie, la dévotion à saint Joseph. Le Verbe incarné, sa Mère son Nourricier, ne sauraient se séparer; ce sont trois fleurs comme sorties de la même tige, et leurs dévotions, pour s'être inégalement épanouies,—cela devait être, car elles ne sont point également nécessaires, — pour s'être épanouies successivement et à des temps parfois éloignés, n’infirmenten rien leur commune origine. Dieu souffle son esprit quand il veut,
ensemble ; et quand il germe, le gland de la forêt n'est pas tout à coup un grand arbre, il le devient à son heure; laissez-le accomplir ses progrès, progrès lents peutêtre mais sûrs, l’arvre finira par couvrir la terre de ses puissan.. “ameaux.
Telle est devenue la dévotion à saint Joseph. Sentier étroit d'abord; peu connu, peu frayé, il est aujourd'hui, selon la parole de nos Saints Livres, ce grand chemir tout resplendissant de sainteté, tout éclatant de merveilleuses clartés. Tant d’âmes saintes y ont marché, qu'il est devenu deux foix glorieux ! ‘'ant de cœurs attristés y ont retrouvé la paix et la sérénité, que de cette vallée de larmes on est heureux de courir à lui !
Les premiers monuments du culte de saint Joseph appartiennent au siècle qui s'écouls entre ls mission de saint Bernard et le règne de saint Louis: ce siècle eut à un très haut degré l'intelligence de l'idéal ascétique : il aima les saints avec enthousiasme, et, Per contraste avec son goût pour la gloire humaine, il aima de préférence les Saints les plus humbles. Cet attrait mystique des peuples inspi. ra aux contemporains de saint François ( d'Assise ) la dévotion à saint Joseph.
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: C'était aussi un attrait conforme au besoin des âmes et: aux épreuves des temps. Dans ce siècle de foi ardente, mais de passions fières, on cherchait surtout chez les saints la douceur qui manquait aux hommes: on la trouvait dans saint Joseph avec ce charme tout particulier quel'âme du. Sauveur-Enfant semble refléter sur l'âme du bienheureux Patriarche. Saint Joseph avait plus que tout autre saint, la puissance de susciter des vertus analogues à celles de Jésus-Christ dans sa vie cachée, et son cultedevait faire pénétrer un courant de mansuétude et de paix dans le couran, d’héroïsme, mais aussi de violencequ'était encore celui de ce siècle!
L'élan des âmes vers saint J oseph eut pour point de départ l'enthousiasme des croisades et l'impression des Lieux Saints. Les pèlerins de Terre-Sainte, trouvaient à Bethléem et à Nazareth, les souvenirs de saint Joseph mêlés à ceux de Jésus-Christ; ils y respiraient les parfums de. cet intérieur de la Sainte Famille dont Joseph fut pendant trente ans le chef et le protecteur.
A leur retour en Occident, plusieurs de ces pèlerins. érigèrent des églises ou des chapelles en son honneur, soit pour satisfaire à des vœux, soit pour y déposer des. reliques du Patriarche de’ Nazareth, qu'ils rapportaient comme des trophées de leur pieux voyage. C'est ainsi que fut fondé le pèlerinage de Semur en Bou.gogne, où lou vénérait un antique anneau du mariage de Joseph.
et de Marie. Rome reçut une autre relique et dont les siècles n’ont pas démenti l'authenticité ; C'était le manteau dont saint Joseph se servait dans la crèche, au moment de la naissance du Christ Sauveur.
Parallèlement à ce premier effort de la dévotion populaire, on voit commencer le travail liturgique et théologique qui devait mettre dans une complète lumière la doctrine de l’Eglise sur le Père adoptif de Notre-Seigneur. Ce furent encore les pèlerins de Jérusalem qui en fournirent les premiers éléments; ils rapportèrent d'Orient un office de saint Joseph, usité dans l’ancien monastère de Saint-Sabas et chez les moines du Mont-Carmel. Les Franciscains l’adoptèrent des premiers. Les Dominicains le modifièrent, d'après les travaux d'Albert le Grand, et le répandirent dans une partie de l'Italie. Bientôt la France et la Belgique voulurent aussi se l'approprier. Plusieurs évêques l'admirent dans leur liturgie avec des changements plus ou moins considérables. Quelques-uns d’entre eux même firent composer des offices spéciaux à l'usage de leur diocèse. Toujours est-il que vers la fin du xrrre siècle, les louanges de saint Joseph se chantaient dans la. plupart des églises occidentales, et que sa Fête était généralement célébr: : à :’:re de fête particulière, en attendant l'époque prochaine où Rome devait l'instituer à titre de fête solennelle pour toute la chrétienté.
Pendant ce siècle et dès le précéden;, les docteurs
292 VIE DE 8. JOSEPH donnent au culte de saint Joseph ls consécration de l'éloquence populaire ‘4 de la science théologique.
Au xi1ve siècle, ls dévotion à saint Joseph se manifesta sous une forme nouvelle, On commença à établir des confréries sous san patronage, Avignon vit naître la première : c'était une confrérie de jeunes filles auxquelles on donnait chaque année, à la fête de saint Joseph, un bouquet de fleurs odoriférantes pour leur rappeler, dit un vieil auteur, que la modestie devait être en elles une fleur et un parfum.
Plusieurs confréries du même genre furent crigées à cette époque en France et en Belgique. On y établit ausai des confréries d'enfants et enfin une confrérie d'hommes mariés qui, en adoptant saint Joseph pour patron, se proposaient de pratiquer à son exemple les vertus de la vie conjugale.
Le culte de snint Joseph, très populaire parmi les Franais, trouve au x1Ve siècle deux apôtres fervents dans les deux hommes de génie qui exercèrent successi. vement ls charge de chancelier à l'université de Paris: Pierre d'Ailly et son disciple, l'illustre Gerson. Pierre d'Ailly, plus tard évêque de Cambrai, ajouta diverses leçons à un des offices de saint Joseph, usité en France. Mais on lui doit nn ouvrage dans lequel, à l'imitation du huitième chapitre d'Esther, il célèbre dans saint Joseph un nouveau Mardochée, que le Roi sur"ême
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& voulu revêtir d'un honneur insigne ; et il décrit les
: douse gloires qui rayonnent comme douss étoiles, sur la couronne royale de ce saint Patriarche.
Quant à Gerson, on peut dire qu'il fut possédé par le désir de contribuer de toutes manières à la gloire de saint Joseph. 11 1e célébra dans ses discours ; il le chanta dans ses poésies : il Jui consacre ün traité d'un charme naïf en méme temps que d'une érudition profonde ; enfin, il ne cessa, par sa parole, par ss plume et par son influence dans l'Eglise, de travailler à la gloire du Saint qu'il avait choi- #i pour protecteur et en quelque sorte pour ami.
Ayant trouvé dans les œuvres d'Eusèbe de Césarée un calendrier où était indiquée l'antique fête du mariage de saint Joseph, Gerson travailla à la faire établir et en Composa l'office, qui fut adopté par plusieurs ordres religieux et par plusieurs diocèses de France, de Belgique, d'Italie.
Le Pape Paul III fixa cette fête au 7 mars, et Pie V, après avoir revu et réformé l'office composé par Gerson, y donna une sanction définitive.
Jusqu'à Gerson, la fête de saint Joseph n'était pas sortie du cloître, ou, si elle était célébrée ailleurs, c'était à peine Gans quelques églises particulières, Il écrivit diverses lettres pour la faire célébrer partout, une au duc de Berry, en 1413, né attre at chantre de l'ég'ise de Char-
trés, la ernière à toutes les églises. Il joignait à ces
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294 VIE DE 8. JOSEPH oo lettres des prédications et profitait de tout pour recommander sa chère dévotion. La Providence lui ea fournit bientôt une belle occasion: le concile de Constarce venait de s'ouvrir; il y fut envoyé comme député d: l'Université de Paris et ambassadeur du roi Charles VI. Dans une des sessions, en 1416, il éleva la voix au concile pour réclamer la célébration de la Fête de saint Joseph ; en même temps il demanda que l'Eglise se prononçât sur l'Immaculée Conception de la sainte Vierge. Son texte était: Jacob genuit Joseph, virum Mariæ. Jacob engendra Joseph, époux de Marie. 11 suppliait le concile de se donner saint Joseph pour patron, et déclarait que dans l'honneur rendu à ce grand Saint était le remède au schisime qui désolait l'Eglise. Nous savons que les paroles du Chancelier furent très agréables aux Pères du concile de Cozstance.
La période du moyen âge est couronnée par l'œuvre immortelle de Isidore de Isolanis, une des plus expressives figures de l'Ordre de saint Dominique. Ce religieux, au sort digne d'envie, fit deux des plus belles choses qu'un homme puisse faire : ce monde; il écrivit magnitiquement sur l'autorité du Pontife Romain, et sur la sainteté du glorieux Epoux de Marie!
Dans cette âme, on ne sait quel feu brûle davantage, ou son amour pour le centre de l'unité, ou son amour pour saint Joseph. Ce qui est manifeste, c'est qu'il y a en elle
une divine passion de voir l'Eglise triompher dans le mon. de, et saint Joseph régner s
sujet si rich et si vaste : et en 1522 il dédia au pape Adrien V] son travail, qu'il intitula: La Somme de Saint Joseph, voulant par cette dédicace témoigner, devant la postérité, l'Eglise Romaine,
Le xvie siècle était commencé; le culte de saint Joseph d'abord prope : par le peuple, puis par les docteurs, eut alors pour fo :r les grands ordres religieux que Dieu suscita dans son Eglise Pour seconder l’œuvre de la réforme catholique entreprise par le concile de Trente. Une
. même inspiration poussait vers le chef de la Sainte Famille tous les chefs des familles monastiques, qui reconnaissent en lui leur Patron et leur modèle. Sainte Thérèse
(1) Saint Bernardin de Sienne, ce Æraphique fils de saint François, dans un traité court et lumineux, expose avec précision et avec une iueffable ouction ‘de laugage les titres et les grandeurs de saint Joseph. C'est dans cet impérissab'e chef-d'œuvre que tous les écrivains dans la suite viendront s iepirer, (P. Bouix).
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dédiait à saint Joseph les monastères du Carmel, et faisait passer dans l'âme de ses Filles sa confiance inaltérable envers celui qu'elle nommait son Père et son Mattre.
à la féconde initiative de ls vierge d'Avila! C'est par elle surtout que, depuis trois siècles bientôt, tant de prières montent vers saint Joseph, du monde et du cloître, et que tant de bénédictions en descendent ! I1 me faudrait nommer tous les ordres religieux, si je voulais citer tous ceux qui, sur les traces de sainte Thérèse, ne cessent de professer la plus tendre dévotion pour saint Joseph.
A partir de cette époque, tous les Saints que l'Eglise a canonisés font éclater leur tendre dévotion envers saint Joseph ; et plusieurs, comme saint François de Sales, saint Alphonse de Liguori et saint Léonard de Port-Maurice, l'ont glorifié dans leurs écrits. Tous les maîtres les plus célèbres de la vie spirituelle, le vénérable Jean d'Avila, l'Apôtre de l'Andalousie, le vénérable père Louis Dupont et Louis de Grenade révèlent saint Joseph à leurs lecteurs
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et leur apprennent à l'honorer. Les ouvrages qui traitent de ce grand Saint se multiplient... Ilr, restait plus qu'à régulariser ce calte devenu universel. C'est ce que fit Grégoire XV, en confirmant l'institution de la fête de saint Joseph, déjà fixée au 19 mars par Urbain VIII.
Dès lors le culte du saint Patriarche, solennellement adopté par les Papes, devint
se dévelopde Liguori qui repour célébrer l'Epoux de Marie, les accents émus et naïfs de saint Bonaventure (1)
Au dix-neuvième siècle, le culte de saint Joseph prit un développement considérable, à côté de celui du Saerc- Cœur de Jésus et de l'auguste Vicrge Marie.
Mgr Baunard, dans son magnifique ouvrage intitulé: « Un siècle de l'Eglise de France (2)», en parle ainsi: *...Ne nous étonnons donc point que, si grand dans l'Evangile, Joseph ait pris une si grande place dans la vénération de l'Eglise, en ce siècle. Déjà à sa fête principale du 19
(1) P. Hnquet...…, (2) Paris, 1901.—
298 VIE DE S, JOSEPH aa, mars généralement assombrie par les voiles du temps quadragésimal, l'Eglise avait ajouté celle du Patronage de Joseph(1), placée au IIIe dimanche après Pâques. Cependant la catholicité tout entière, mais spécialement la France, au concile de Bordeaux, multiplièrent leurs suppliques auprès du Saint-Siège pour que Joseph fût investi du titre de patron de l'Eglise universelle. Ne l’avait-il pas été lorsque l'Eglise c'était l'étable de Bethléem et la maison de Nazareth ? N’en avait-il pas été le pourvoyeur, le défenseur et le soutien ? Et puis, ce patron de la Sainte Famille n'était-il pas comme de droit le protecteur et le patron de la famille chrétienne en sj grave péril de désorganisation de nos jours? Enfin cet Ouvrier n’était-il pas prédestiné à devenir le patron de toute la classe ouvrière, prédominante de nos jours ? Et la fête de saint Joseph ainsi comprise n'allait-elle pas être du même coup une triple fête patronale: fête de l'Eglise, fête de la famille et du foyer, fête du travail et de l'atelier ? en était-il une, conséquemment, qui fût davantage et dans l'esprit de l'Evangile et dans l'esprit des temps nouveaux ?
Le 8 décembre 1870, s'inspirant de ces pensées et répondant aux vœux et aux requêtes présentées parles premiers, en particulier dans le sacré concile du Vatican, Pie IX,
(1) Voir plus loin.
Zn TR ému de la déplorable condition présent. des choses der. quelles ce saint protecteur de Jésus et@: Maries la gar1a en ce monde, promulgua le décret dune Tnodum Deus (1), par lequel « le Bienheureux Joseph était solennellement proclamé Patron de l'Eglise universelle. »
Cette date était précisément celle de nos désastres ; c'était aussi le lendemain de l'invasion de Rome par le roi de Piémont, Cette solidarité de souffrance formait un lien plus étroit entre l'Eglise et la France. A cette heure, ni l’une ni l'autre n'avaient d'alliés sur la terre. N'était-ce pas l'heure de se placer ensemble, l’une et l'autre sous un même et puissant Patronage dans le Ciel ? »