‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 56 sur 87 · SAINT BONAVENTURE · texte numérisé non relu

SAINT BONAVENTURE

Nous empruntons une page aux suaves méditations du Docteur Séraphique sur la vie de Jésus Christ. C'est une vue de l'intérieur de la Sainte-Famille à Nazareth. :

« Revenons maintenant à ls co.sidération des actes et de la vie de Jésus-Christ Notre-Seigneur, puisque c'est là notre but principal. Rendez-vous donc présent à tout en esprit, comme je vous l'ai déjà souvent recommandé.

Considérez de l'œil le plus attertif cette petite famille bénie par-dessus toutes les autres, pratiquant une pauvreté si haute, et menant une vie si humble Le saint Patriarche, l'heureux Joseph gagnait ce qu'il pouvait do son métier de charpentier. Notre-Dame travaillait de l'aiguille et du fuseau, subvenant ainsi de son côté aux petites dépenses de Fentretien commun. Elle faisait de plus les autres. petits travaux de la maison, qui sont

(1) Hom. 11, super missus est.

nombreux, comme vous le savez. Elle préparait la nourriture à son Epoux et à son Fils, et elle s'occupait ellemême de tout le reste, car elle n'avait personne pour la servir. Portes compassion à cette divine Vierge, ainsi réduite à travailler de ses Propres mains. Portez aussi compassion à Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui l’aidait et qui étaif fidèle à Jui épargner tout le travail qu'il Pouvait ; car, ainsi qu'il le dit, 47 était venu pour servir et non pour étre servi. En conséquence, n'aidait-il pas sa Mère à dresser leur modeste table, à arranger les petites chambres, et dans les autres travaux de l'intérieur? Voyez-le remplissant dans la maison ces offices si humbles, et contemples en même temps la divine Vierge qui les Partage avec lui. Considérez aussi com. ment tous trois, chaque jour assis à une petite table, ils prennent ensemble leur repas, où l'on ne voit ni inets exquis ni recherchés, mais une nourriture simple et fru- &ale. Prêtez ensuite l'oreille, et écoutez-les converser ensemble: leurs paroles, loin d'être vaines et oiseuses, sont toutes pleines de’ sagesse et de l'esprit de Dieu ; l'âme reçoit ainsi sa réfection comme le corps. Voyez comment, après une courte récréation, ils s’en vont à leurs chambrettes : car leur maison n'était pas grande, mais petite. Méditez sur ces modestes chambrettes, au nombre de trois, une Pour chacun. Considérez Jésus, le divin Maître, chaque nuit, après avoir prolongé sa prière

jusqu'à une heure très-avancée, se couchant à terre, et cela durant de si longues années, se contentant d'un lit aussi humble, aussi vil que l'aurait pu avoir tout autre petit pauvre du peuple. Vous devriez être f lèle à contempler ainsi chaque soir le divin Maître dans cet état. Dieu caché, pourquoi affligez-vous de la sorte votre corps très innocent? Une seule nuit ainsi passée dévait suflire pour la Rédemption du monde. Mais votre amour immense vous entraînait; vous ne pouvies résister à la véhémence de votre zèle pour la brebis perdue que vous vouliez reporter sur vôs épaules aux pâturages célestes. Vous, Roi des rois, et Dieu éterne!, qui soulagez la misère de tous, qui subvenez aux besoins de tous, avec une magnitique profusion, selon la condition de chacun, vous vous êtes réservé une si grande pauvrete, un tel abaissement, un traitement si dur dans votre sommeil, dans vos veilles, dans vos abstinences, dans votre nourriture et dans toutes vos actions, pendant un si long espace de temps. Où sont-ils maintenant ceux qui recherchent l'oisivité du corps, le luxe et la vanité des ornements ? Nous qui aspirons à ces choses, ce n’est pas à l’école d’un tel Maître que nous avons appris à les aimer. Sommesnous donc plus sages que lui? Par ses paroles et par ses exemples il nous a enseigné l'humilité. la pauvreté, l'afliction du corps et le travail. Suivons donc ce souverain Maître qui ne veut pas nous tromper et qui ne peus

#- tromper lui-même, Et quand nous avons, comme dit l'Apôtre, la nourriture et le vêtement, contentons-nous-en; tenons-nous-en au nécessoire, sans aspirer au superflu. Mais livrons-nous à l'exercice des vertus, avec un zèle spirituel, sans relâche et avec la plus grande vigilance. —»

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