‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 71 sur 87 · MONTRE A · texte numérisé non relu

MONTRE A

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356 VIE DES. JOSEPH EE —— la cour céleste, l'appelle son père, le vénère comme son père, l'honore comme son père, jugez s'il ne fut pas d'une grandeur incomparable comme père.

Mais pour se convaincre qu'il fut vraiment grand comme Juste, plus grand comme époux, très grand comme père, il suffirait de le considérer entre les bras de Jésus et de Marie au moment de rendre son .âme à son Créateur. Le voyez-vous étendu sur un pauvre grabat, Jésus d'un côté, Marie de l’autre, entouré d’une multitude infinie d'anges, d'archanges, de séraphins, qui, dans une attitude respectueuse, s'apprêtent à recevoir sa sainte âme ? O Dieu ! qui Pourra nous dire avec quels sentiments, à ce moment suprême, Joseph dit un dernier adieu à Jésus et à Marie ? quelles actions de grâces, quelles protestations, que/is supplications, quelles excuses de la part de ce saint Vieillard! Ses yeux parlent, son cœur parle, sa langue seule se tait; mais son silence même est éloquent. Tantôt il regarde Marie, et Marie le regarde à son tour, et. avec quel amour! Tantôt il se tourne vers Jésus et Jésus lui répond, mais par quel regard affectueux i Il prend la main de Jésus, la presse sur S0n Cœur, 18 couvre de baisers, l’arrose de:ses larmes et lui dit de temps en temps, plutôt de cœur qu'autrement: Mon Fils, mon bien-aimé Fils, je vous recommande mon âme, et pressant la main de Jésus sur

son cœur, il tombe dans une défaillance d'amour! . S

Jésus lève ls main, il bénit et embrasse son bien-

aimé père, et Joseph expire! Ame sainte, partez : la place réservée à votre sublime mérite vous attend. Marie sera à la droite de Jésus, et vous à sa gauche : c'est ainsi que doit être honoré celui qui fut grand

comme Juste, plus grand comme Epoux, très grand comme Père,

DOCUMENTS PON TIFICAUX

Dans une des circonstances les plus mémorables dont l’histoire ait gardé le souvenir, devant une des assemblées les plus augustes que le monde ait jamais vues, un homme parlait en face d’un trône où le Livre des Deux Testaments reposait sur la pourpre et l'or. Silencieux, recueillis, les légats du Pape, plus de vingt cardinaux, plus de deux cents évêques, une foule de doeteurs l’écoutaient: c'étaient les Pères du Concile de

Constance ; —l’homme qui parlait, c'était un Français

plaçé à la tête de l'enseignement public de notre pays ; c'était Gerson, le chancelier de l’université de Paris.

358 VIE DE 8. JOSEPH a -. Ce jour-là, le 19° de mars, l'éloge de saint Joseph était le texte de son discours Eh bien! aux calsmités qui désolaient alors l'Eglise de Dieu, savez-vous quel remède proposait ce grand homme ? Un seul : la dévotion à saint Joseph! — Une fois établie, afärmait-il, elle serait l’avant-coureur d'une paix univereelle. Tous les Pères applaudirent et bientôt l’événe. ment prouva qu'on n'invoque pas en vain celui qui aima tant Jésus et que Jésus aime comme un bon père.

L'auguste Pie IX, afin d'attirer les bénédictions de Dieu sur l'Eglise en proie à une horrible persécution, a proclamé saint Joseph patron de l'Eglise catholique, selon les désirs exprimés par les évêques du monde entier au nom des ädèles confiés à leur sollicitude, Pour bien nous convaincre que ia gloire donnée à saint Joseph revient à Marie, le Pape, par une de ces délicatesses dont il a seul le secret, a rendu cet hommage à notre saint Patriarche le jour même où l'Eglise célèbre avec pompe la belle fête de l’Immaculée Conception de la Reine des Vierges.

Par une de ces coïncidences qui sont chez Pie IX le | fruit d’une inspiration d'en haut, c'est de son exil de Gaête qu'il a fait paraître cette encyclique sublime sur l’Immaculée Conception, adressée à l'Episcupat catholique ; et c'est de sa prison du Vatican,

qu'il à lancé, le 8 décembre 1870, le décret par lequel

ph patron de l'Eglise univer.

selle, et ordonne que la Fête du 19 mars soit célébrée sous le rite double de première classe.

Le voilà done réalisé ce vœu de nos cœurs! le voilà done posé au diadème du Père adoptif de l'Enfant- Dieu, du chaste Epoux de Marie, ce fleuron- glorieux qui doit être pour l'Eglise, selon les révélations d'une sainte âme, le double emblême du bonheur et de Ja paix !

‘Que nos cœurs se dilatent

plus innoffables privilèges, nous contribuerons à sa &loire et nous mériterons qu'il nous dirige, qu’il nous protège, qu’il nous bénisse, qu'il veille sur nous, et Que d'une main paternelle il jette sur nos blessures de baume céleste qui seul peut les cicatriser (L)!»

———……ms

(1) P. Huquet,

Æ-. 9 Voici maintenant les Documents Pontificaux :

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