CHAPITRE CINQUIEME
SOMMAIRE : Nazareth. — Description (1),
Nassara est l'ancienne Nazareth, nom qui signifie
. fleur, selon saint Jérôme. Avant Jésus-Christ, cette ville
n'est mentionnée nullepart. Saint Luce est le premier qui en parle dans son Evangile. Lorsque saint Philippe fit
‘ connaître Jésus de Nazareth à Nathanaël, il en reçut cette
réponse : « Quelque chose de bon peut-il sortir de Nazareth ? »
Dès les premiers siècles du christianisme, la demeure de la Sainte Famille fut en grande vénération et attira de pieux pèlerins de toutes les parties du monde : cette affluence rendit Nazareth très prospère. Elle florissait encore sous les premiers Khalifes. Mais lorsque le fanatisme brutal et cupide des Musulmans eut commencé à y répandre le trouble, elle dut nécessairement déchoir.
(1} Nous donnerons 1s description de ls Sants-Uass, après le reton- de l'Exil en Egypte, et après la mort de saint Joseph.
Les Croisés à leur arrivée trouvèrent Nazareth complètement ravayée par les Sarrasins. Mais, sous la sage admiaistration de Tancrède auquel était échue en partage la principauté de Galilée, elle ne tarda pas à se relever et fut entourée de murailles. Le siège archiépiscopal de la Province, qui était auparavant à Scythopolis ( Bethsan), fut établi à Nazareth, en considération des augustes Mystères qui s'y étaient accomplis ; et, pendant le règne des Croisés, six Archevêques s'y succédèrent- En 1183, Baudouin IV, surnommé le Lépreux, y tomba mortellement malade et y institua Guy de Lusignan, son beau-frère lieutenant général du royaume. Baudouin mourut ensuite et fut enseveli à Jérusalem.
Quatre ans après, Nazareth tomba au pouvoir de Salah ed-Dîre (1). Cependant, en l'année 1192, l'évêque de Salisbury, dans un entretien qu'il eut avec le Vainqueur, obtint de ce prince que deux prêtres latins fussent admis à célébrer l'office divin au Sanctuaire de l'Annonciation à Nazareth. L'évêque choisit lui-même les prêtres et les dia- <res destinés au service du Sanctuaire.
En 1219, saint François d'Assise visita le Sanctuaire de TAnnonciation qui était encore dans l'église primitive. Le 25 mai de l’année 1251, saint Louis, roi de France, avec sa digne épouse, Marguerite de Provence, vint de
(1) Voir l’histoire des croisades.
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Séphoris à Cana en Galilée, de Jà au mont Thabor et, le
soir du même jour, il se rendit à Nazareth. Le lendemain, : Je saint Roi assista à une messe célébrée à l'autel de l'Incarnation par Odon, évêque de Tuseulum, Légat du Saint- Siège, et y reçut la sainte Communion.
En 1263, Bibars-Ben-Dokdar, à la tête de ses hordes. sauvages, ravagea Nazareth et la livra aux flammes: toutefois la Maison Ge la Sainte Famille échappa au désastre commun ; et, ce fut le 10 mai 1291 que la sainte Maison de Nazareth disparut de Galilée et fut retrouvée au delà des mers, en Dalmatio, d'où le 10 décembre 1294, elle passa par uneinouvelle translation miraculeuse en Italie. C'est là que, depuis six siècles elle est l’objet de la vénération du monde catholique tout entier sous le nom si connu de la Santa-Casa, ou la sainte Maison de Lorette.
En l'année 1300, les humbles Fils de François d'Assise, les Franciscains, vinrent s'établir au milieu des ruines, pour relever l'auguste Sanctuaire, mais ils en furent expulsés 62 ans après. Ils y retournèrent en 1468 et durent de nouveau quitter en 1542. Enfin, ils s'y établirent définitivement en 1620. A cette époque, M. Varquet, consul de France à Saïda, accompagné du révérendissime Père Thomas de Novare, Custode des Saints-Lieux, et du Père Jacques de Vendôme, Récollet, se rendit auprès de l'Emir Fakhr ed-Diîne, à Saïda, et lui demanda au nom du roi de France, Louis XIII,
Emir accueillit favorablement cette demande et donna même de l'argent pour la restauration du Sanctuaire.
En déblayant le terrain Pour cette construction, on découvrit les fondements de la Maison qui est actuellement à Lorette, ainsi que ceux de l'ancienne église, avec les bases de deux rangées de colonnes. L'an 1638, l'église de i'Annonciation fut saccagée et livrée aux flammes par les tribus nomades ou Bédouins venus d'au delà du Jourdain. Cependant les Franciscains, qui avaient échappé à la mort, élevèrent une chapelle provisoire sur l'auguste Sanctuaire et y célébrèrent la sainte messe jusqu'en 1730, époque où ils obtinrent du Bouvernement local de pouvoir réédifier leur église. Mais le peu de temps que leur accorda le Pacha pour cette reconstruction ne permettant pas de déblayer le sol de l'ancienne basilique, il fallut se contenter de vider seulement la sainte Grotte et de poser le pavé de l'église nouvelle, par-dessus l'exhaussement des décombres qui s’y trouvaient ; de sorte qu'il fut impossible de s'occuper des fondements de la sainte Maison que l'on voit aujourd'hui à Lorette. C'est de là que vient la grande différence de niveau qui existe entre le sol de l'église et celui de la sainte Grotte, où l’on descendait, en 1638, par un escalier qui n'avait alors que six degrés.
Etat actuel. — L'église actueile, d'ailleurs très simple
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comme architecture, se compose de trois nefs séparées par
des piliers carrés. Outre la erypte, elle a deux étages dis- : tincts. Le premier étage est l'église proprement dite qui renferme cinq antels, et l'étage supérieur, où se trouvent seulement le chœuret le maître-autel.
En entrant dans l'église, on remarque, immédiatement. devant, un escalier de marbre blane, dont la quinzième marche donne sur l'emplacement de la sainte Maison (1), aujourd'hui chapelle de l'Ange. Cette chapelle renferme deux autels; l'un dédié à l'Archange saint Gabriel, et. l'autre aux Parents de la Très Sainte Vierge, saint Joachim et sainte Anne.
De l'emplacement de la sainte Maison, ou chapelle de l'Ange, on descend par deux marches dans la sainte Grotte ou chapelle de l'Annonciation. C'est en ce lieu que se trouvait l'Immaculée Vierge au moment de l’Annonciation. L'autel est en marbre fort simple, orné seulement d'un tableau moderne représentant l'Archange s'adressant.
- à Marie. Au-dessous de cet autel, on voit ls croix de Terre-Sainte incrustée dans une pièce de marbre, et, surla paroi du fond, on lit ces mots: « Hic Verbum caro factum est.» Devant cette inscription brûlent jour et nuit. des lampes en argent.
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(1) Voir le plan. =
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