‹ Saint Joseph, sa vie -son culte [microforme]Chapitre 7 sur 87 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

SOMMAIRE : Les Epousailles de la Sainte Vierge avec saint Joseph. — Origine de saint Joseph. — Ses premiè.… res années, — Ses sublimes vertus, — La baguette fleurie. — La mystérieuse Cn'-rabe, — Adieux au Temple.

La Sainte Vierge arrivait à sa quatorzième année (1). Elle était déjà fort grande. au physique et au moral, en vertus et en mérites : elle eut une autre vision, abstractive de la Divinité. Il semble qu'il soit arrivé en cette vision ce que l’Ecriture dit être arrivé à Abraham, quand Dieu lui ordonna de sacrifier son fils bien-aimé Isaac, unique gage de toutes ses espérances : Dieu tenta Abrahain, dit Moïse, éprouvant sa Prompte obéissance pour la couronner. On peut dire,

(1) Ecrivant spécialement la Vie de saint Joseph, notre intention n'est pas de rapporter ici toutes les merveilles qui s’accomplirent dans le Temple, durant tout le séjour de la Sainte Vierge, jusqu’au moment de ses Fiançailles avec cet auguste Patriarche. On les trouvera dans sa propre Vie que nous nous Proposons, Dieu aidant, de publier dans le même genre que celle-ci et celle de la Bonne sainte Anne, à laquelle on a ménagé un accueil si bienveillant,

na «Dieu éternel, d'une majesté incompréhensible, Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qui, s'y trouve renfermé; toutes choses étant soumises à votre volonté, vous pouvez faire de votre très-petite servante tout ce qu'il vous plaira, sans que je manque jamais à ce que je vous ai promis Que si je ne m'écarte point, mon Bien-Aimé, de votre bon plaisir, je proteste de nouveau que je veux être chaste tout le temps de ma vie et que je ne veux point d'autre maître ni d'autre époux que vous, mon divi:: Seigneur ; et puisque je dois, comne votre créature, vous obéir, il vous appartient, mon adorable Epoux, de tirer ma faiblesse humaine de l'embarras pénible où me met votre saint amour. » La très-chaste Marie se troubla quelque peu, comme il lui arriva plus tard, lors de l’embassade de l'Archange saint Gabriel; mais quoiqu'elle ressentit une certaine tristesse, elle n’en montra pas moins la plus héroïque obéissance qu'elle eût pratiquée jusqu'alors ; de sorte qu'elle se soumit entièrement à la volonté du Seigneur. Le Très-Haut lui répondit : « Marie, calmez votre cœur; votre rési- &nation m'est agréable ; la puissance de mon bras n’est pas sujette aux lois; je me charge de tout ce qui vous sera le plus convenable. »

La Très Sainte Vierge revint de la vision à son état ordinaire avec cette seule promesse du Très-Haut, et

“dement et la Promesse divine : le Seigneur la voulant obliger par ce moyen à redoubler ses larmes et ses

à ces prières et à ces perplexités humbles et pru- -dentes, Dieu parla dans un songe au grand prêtre, ‘qui était saint Siméon, et Jui prescrivit de se dis- Poser à marier Marie, fille de Joachim st d'Anne, Parce que sa divine Majesté la regardait avec une ‘ôllicitude et avec Un amour particuliers Le saint prêtre, en répondant à Dieu, le pris de faire con-

teurs, et de leur exposer que cette jeune vierge était ‘seule et orpheline (Det qu'elle n'avait aucune inclimation, à s'engager dans le mariage ; mais que, la “ŒOutume étant qu'aucune fille nubile ne sortit du Temple sans se marier, il était convenable de lJui

(1) Le Sainte Vierge avait perdu son père saint Joachim et sa mère sainte Anne durant son séjour dans le Temple. Voir ls Vie de la Bonne sainte Anne,

12 VIE DE S. JOSEPH ———————, faire embrasser cet état avec la personne qu'ils jugeraient le plus à propos. z :

. Le prêtre Siméon obéit aux ordres divins ; et, ayant assemblé les autres prêtres il leur découvrit. la volonté du Très-Haut, et leur annonça, suivant. ce qui lui avait été révélé, la prédilection que la. Majesté divine avait pour la jeune vierge, Murie de Nazareth, ajoutant que, comme elle se trouvait dans. le Temple privée de ses parents, il était de leur devoir de prendre un soin particulier de ses intérêts, et. de lui chercher un époux digne d’une jeune fille si vertueuse et si irréprochable dans toute sa conduite,. ainsi qu'ils l'avaient’ tous reconnu durant le temps. qu'elle y avait demeuré; d'autant plus que son origineet tous les autres avantages qu'elle présentait en sa personne étaient si considérables, qu'il était important de bien choisir celui à qui il faudrait la confier. Il leur dit aussi que Marie de Nazareth n'avait point. de goût pour le mariage, mais qu'il n'était pas juste. qu’elle sortit du Temple sans embrasser cet état, parce. qu'elle était orpheline et arrivée à l’âge nubile,

Après que cette affaire eut été proposée et môûre-. ment discutée dans l'assemblée des. prêtres et des doc-teurs, ils délibérèrent tous par une impulsion du Ciel que dans une circonstance où il était si à désirer deprendre une bonne décision, et où le Seigneur avait.

LE VIE DE 8. JOSEpH 13

“manifesté son bon Plaisir, il fallait Consulter sa sainte volonté et le prier de désigner par quelque signe celui Qui serait le plus Propre pour être l'époux de Marie, et que cet époux fût de la maison et de la lignée de David, afin que la loi fût accomplie. Ils fixèrent, en “Conséquence, un jour où tous les jeunes hommes de cette lignée qui étaient à Jérusalem devraient se réunir dans le Temple : et ce fut justement le jour auquel notre Souveraine achevuit sa Quatorzième année. Kit,

tement, le prêtre Siméon l'appela et Jui annonça l'intention. qu'il avait, ainsi que les autres prêtres, de lui choisir un époux avant qu'elle sortit du Temple. * Ceci se passa neuf jours avant celui qu'on avait fixé

14 VIE DE S. JOSEPH —"" plutôt s'y conformera avec le secours de ma grâce : jevous le chercherai parfait et selon mon cœur, et je le choisirai d’entre mes serviteurs: mon pouvoir est infini,. et ma protection ne vous manquera jamais, »

Le jour déterminé arriva auquel, ainsi que nous l'avons. dit précédemment, notre Souveraine ac! evait la quatorzième année de son âge. En ce jour les jeunes hommes. de la tribu de Juda et de la lignée de David (dont notre auguste Maitresse descendaït), alors présents à Jérusalem, . s'assemblèrent. Joseph, originaire de Nazareth et habi-taut de la sainte cité, reçut ordre de se rendre parmi eux, comme étant de la race royale de David.

Il convient, avant, de continuer notre récit, de placerici ce que le Très-Haut à daigné révéler sur les jeunes années de saint Joseph et comment sa divine Bonté a. préparé le cœur de cet auguste patriarche pour le rendre. digne d'être l'époux et le gardien de la Reine des vier. ges (1).

C'est aux mérites de la Très Sainte Vierge Marie, après ceux de son adorable Fils, que l’on doit attribuer les dons et les grâces dont le Très-Haut favorisa le glorieux Patriarche. Quand même notre divine Souveraine n’aurait pas été la cause méritoire ou l'instrument de la.

(1) I1 n’entre pas dans notre sujet d'étudier ici la &énéalogie de saint Joseph. Les Docteurs de l’Eglise et les Commentateurs de nos Saints Livres l'ont fait amplement dans leurs volumineux et doctes écrits,

DE & JOSEPH 15 sainteté de son époux i i la tin immé-

niqua à son serviteur Joseph lui fut accbrdée atin de le rendre le digne époux de celle qu'il choisissait pour sa Mère. C'est sur cette règle, et sur l'amour et l'estime que cet adorable Seigneur avait pour sa très pure Mère, qu'il faut mesurer la sainteté de saint Joseph; aussi

homme plus parfait et plus excellent que lui, le Seigneur l'aurait donné Pour époux à sa propre Mère ; et puisqu'il lui a donné saint Joseph, il devait être sans contredit le

l'instrument à l'œuvre : mais cette espèce de rapport et de proportion, la lumière divine ne pouvait la trouver que dans la sainteté, dans les vertus, dans les dons, dans les grâces, dans les bonnes inclinations naturelles et in fuses dont Joseph offrait l'assemblage.

Je remarque une différence entre ce grand patriarche et les autres saints, quant aux dons de grâce qu'ils reçurent; Car beaucoup de saints unt obtenu d'autres faveurs et privilèges qui regardaient non seulement leur propre sainteté, mais d'autres fins du service du Très-Haut en

16 VIE DE S. JOSEPH Em d'autres hommes ; ainsi c'étaient comme des dons gratuits ou indépendants de la sainteté. Mais en ce qui concerne notre saint patriarche, tous les dons qu'il reçut augmentaient en lui les vertus et la sainteté, parce que le ministère auquel ils se rapportaient était un effet de ea sainteté et de sec bonnes œuvres ; plus donc il était saint, plus il se trouvait digne d’être l'époux de l’auguxte Marie et le dépositaire du trésor et du mystère du Ciel ; de sorte qu’il devait être un prodige de sainteté, comme il le fut réellement. 11 fut sanctifié dès avant sa naissance et, de ce moment, la concupiscence rebelle restu en lui <omme enchaînée pour toute sa vie, de sorte qu'il — va jamais un seul mouvement désordonné.

Saint Joseph naquit très beau et très parfait selon la nature et causa à ses parents une joie extraordinaire, semblable à celle qu'excita plus tard la naissance de saint Jean-Baptiste, quoique la raison n'en fût pas manifeste. Le Seigneur lui avança l'usage de l'intelligence en le lui donnant dans toute sa perfection en la truisième année de son âge; il lui commuuiqua aussi une science infuse <t une nouvelle augmentation de grâce et de vertus. Le saint enfant commença dès lors à connaître Dieu par la Foi ; il le connut aussi par le raisonnement naturel comme première cause et auteur de toutes les créatures ; et il concevait d'une manière très sublime tout ce que l'on disait de Dieu et de ses œuvres. Il fut élevé dès la même

VIE DE 8. JosEpx 17

époque à un haut degré d'oraison et de contemplation et rendu merveilleusement apte aux vertus dont son jeune âge lui parmettait l'exercice ; do sorte que saint Joseph était déjà un homme d'un jugement et d'une sainteté ,... tandis que la raison n'apparaît chez Jes autres en-

aangéliques, et, croissant en sainteté et en perfection, il arriva par une vie irrépréhensible à l'âge auquel ] épousa da très pure Marie.

ait sa demande, et qu’il opérait par la force de son puissant bras, en l'âme du saint patriarche, des effets si nombreux et si divins, qu'il n'est Pas possible de les exprimer :

dinaire. Quant à la vertu et aux prérogatives de la

18 VIE DE 8. JOSEPH EE". ——— chasteté, le baint époux surpassa les plus hauts séraphins; ear vivant en un corps terrestre et mortel, il fat: doué de la pureté qu'ils ont, étant affranchis de la matière, et jamais image ou impression impure de la nature animale et sensible n'entra dans ses puissances. C'est par cette supériorité sur les choses charnelles, par cette simplicité de colombe at par cette candeur d'ange qu'ik fat préparé à devenir l'époux de la plus pure des créatureset à demeurer en sa compagnie : car, sans ce privilège, ik n'aurait pas été capable de porter une si sublime et si excellente dignité.

Donc au jour déterminé, Joseph se joignit aux autres jeunes hommes de la tribu de Juda. Il avait alors trentetrois ans, et il avait fait, dès sa douzième année, le vœu de chasteté. Tous les jeunes hommes étant assemblés aw Temple, unirent leurs prières à celles des prêtres eb demandèrent au Seigneur qu'il leur iaspirât ce qu'ils devaient faire. Le Très-Haut, parlant au cœur du grand prêtre, lui in<pira de faire prendre à chacun de ces jeunes: hommes une baguette sèche, en leur enjoignant de de-. mander tous avec une vive foi à la Majesté divine qu'elledésignât par ce moyen celui qu'elle avait choisi pour être l'époux de Marie. Et comme personne n'ignorait le. vertu et le mérite de cette jeune vierge, ni tout ce quela renommée disait de sa beauté et de toutes ses autres. admirables qualités, chacun aspirait au bonheur d'obtenir

VIE DE 8, JOSEPxH 19 nn,

Pour épouse celle qu'on savait, en outre, être l'enfant unig'ie de sa maison. Il n'y eut parmi eux que le très humble et très juste Joseph qui se crût indigne d'un Pareil trésor; et se souvenant du vœu de chasteté qu'il avait fait, il promit de nouveau de l'observer toute su vie, tout en se résignant à la volonté divine, et en accoptant de grand cœur tout ce qu'elle voudrait disposer ; mais cela n'empéchait pas qu’il n'eût plus de vénération et plus d'estime que tous les autres pour l’aimable vierge de Nazareth,

Tandis que tous ceux qui étaient assemblés faisaient cette prière, on vit fleurir la seule baguette que Joseph portait et l'on vit en même temps descendre une très belle colombe revêtue d’un merveilleux éclat qui se posa sur la tête du même saint ; ensuite Dieu lui parla intérieurement en ces termes : « Joseph, mon serviteur, Marie doit être votre épouse ; recevez-ia avec soin et avec respect, car elle est agréable à mes yeux; elle est très juste et très pure de corps et d'esprit: vous ferez tout ce qu'elle Vous dira. » Sur la déclaration et le signe du ciel, les prêtres se déterminèrent de donner à Marie saint Joseph Pour époux, comme celui que Dieu même lui avait choisi, Ils appelèrent aussitôt Pour les épousailles la vierge de Juda qui parut au milieu de l'assemblée avec une majesté plus qu'angélique, etavec une beauté, une douceur et une grâce incomparables, et les prêtres la marièrent

a S 20 VIE DE 8. JOSEPH ————————— avec Joseph, le plus chaste et le plus saint des hommes. L'auguste Marie, avec un air modeste et recueilli, et: en Reine d’une humilité égale à sa majesté, fit ses adieux aux prêtres et à la Maîtresse, et demanda leur bénédiction et pardon à ses compagnes, en remerciant les uns et les autres des bienfaits qu’elle en avait reçus. Elle fit tout cela avec des témoignages de profonde humilité, et en même temps avec un prudent laconisme: car elle parlait très peu dans toutes les occasions, et ce qu’elle disait était toujours pesé et mesuré. Elle sortit du Temple avec une vive douleur de le quitter contre ses inclinations et contre ses désirs et escortée de quelques-uns des principaux ministres du Temple qui étaient séculiers et s'occupaient de ses intérêts temporels ; puis elle s’en alla avec son époux Joseph à Nazareth, patrie des deux nouveaux époux. Saint Joseph y était né, et c'était par une disposition particulière du Très-Haut qu'il était allé, à la guite d’un revers de fortune, demeurer à Jérusalem, où les choses tournèrent si bien pour lui, qu’il eut le bonheur de devenir l'époux de Celle que Dieu avait choisie pour être sa propre Mère!

CHAPT/RE TROISIEME

SOMMAIRE : La Mosquée El-Aksa :— Description.

Vers l'an 636 de l'ère chrétienne, le Kalife Omar (1) vint à Jérusalem, fit nettoyer l'emplacement du Temple et y construisit la première Mosquée qui porte son nom. A cette époque, Omar cherchait la pierre sur laquelle Jacob avait reposé sa tête, lorsqu'il eut la vision de l'échelle mystérieuse. Mais, au lieu de lui indiquer l’endroit véritable, on lui désigna l'emplacement du Temple lui-même. Omar, sans songer que la vision de Jacob avait eu lieu à Béthel et non à Jérusalem, ordonna de déblayer et de purifier ce lieu ; et on le vit lui-même emporter le premier des immondices dans le pan de sa robe.

Omar, ayant ainsi fait déblayer l'aire d'Ornan qu'il appela Temple de David, se retira à quelque distance, vers le Sud, dans Ju direction de Ja Mecque, fit sa prière dans l’église de Sainte-Marie et ordonna qu’à l'avenir

(1) Voir les Annales du Rosaire, tout ce que nous ÿ avons dit de la religion, des mœurs et coutumes des Musulmans,

a 22 VIE DE S. JOSEPH

—————__—————a aLaLaLu cette église serait dédiée au culte du Dieu d'Islam, sous le nom de el-Aksa(1). Cette Mosquée, à l'extrémité méridionale Se la vaste enceinte du Temple, est située sur l'emplacement de l'église de la Présentation de la Très Sainte Vierge, bâtie par l'empereur Justinien.

A la fin du vir' siècle le dixième Kalife Aabd el-eMlek en fit recouvrir les portes d'or et d'argent. Durant son Khalifat et celui de son fils Onalid, une partie du côté oriental tomba en ruines. Faute de fonds disponibles pour la reconstruire, on jugea à propos de la démolir entièrement. Environ 40 ans plus tard, sous le second Khalife Abasside, Abou-Djaffar el-Mansour entreprit de réparer le côté occidental, qui avait beaucoup souffert d'un tremblement de terre. Mais, comme on n'avait pas d'argent, on battit monnaie avec les métaux précieux qui ornaient les portes de la Mosquée. Un autre tremblement de terre arriva bientôt après et ébranla l'édifice tout entier. Abou Aabd-allah Mohammad, ibn aabd-allah el-Mansour, surnommé el-Mahdy, qui succéda au Khalife précédent, le trouva déjà en ruines, et ordonna de rebâtir el-Aksa, mais n’en jugeant pas les proportions convenables, il fit diminuer la longueur et étendre la largeur. En 1060, la toiture s'étant ébranlée, les Musulmans la

(1) Qui veut dire éloignée, relativement au grand Sanctuaire de la Mecque.

VIE DE S. JOSEPH 23 — rétablirent. En 1099, sous les Croisés, el-Aksa devint Palais royal et s'appela le palais de Salomon. En 1118, Baudouin 1“ en céda une partie aux Templiers qui s'y établirent. Mais 69 ans après, Salah ed-Dine, s'étant emparé de Jérusalem, fit Purifier el-Aksa, d'après le rit ‘musulman, et depuis cette époque, ce beau Sanctuaire est resté entre les mains des infortunés disciples de Mahoamet !

Etat actuel de la Mosquée el-Aksa, — Depuis el- Mahdy la Mosquée el-Aksa n'a subi jusqu’à nos jours “aucun changement important (1).

(2) Voir la gravure.

On y pénètre par un porche qui a été accolé à la faœade, en 1236. Ce porche imposant qui offre son entrée au Nord, est voûté et présente sept arcades de front sur “me do profondeur. Ces arcades correspondent aux sept nefs qui composent le vaste monument.

La Mosquée forme une sorte de parallélogramme d’environ trois cents pieds de long sur deux cents pieds de

(2). Elle est Composée de sept nefs, nous venons de

et de chaque côté de la nef centrale qui est la

plus large, règne une rangée de six grosses colonnes peines en marbre blanc et de telle sorte qu'on n’en peut re- Connaître la matière intrinsèque. Les autres colonnes qui

FE

€2) 90 mètres sur 60,

A —————EEE 24 VIE DE S. JOSEPH ———————————aEEEE a ———— soutiennent le monument sont de marbres variés et toutes plus ou moins de différents modèles. Leurs chapiteaux sont des styles corinthien et byzantin. La charpente, dont on voit en partie l'ordonnance à l'intérieur, présente un caractère inusité dans ce pays.

Vers l'extrémité sud de la grande nef se trouve l'emplacement approæimatif de l'habitation de la Très Sainte Vierge, lors de son séjour dans le Temple.

D’après la Tradition, c'est en cet endroit qu'habitèrent. la Très Sainte Vierge etla prophétesse Anne, fille de Phanuël de la tribu d’Aser ; et c'est encore en ce même lieu que l’admirable Mère du Sauveur vint offrir son divin Enfant. Cet emplacement du séjour de la Très Sainte Vierge est indiqué aujourd’hui par la Coupole qui : est une des principales parties de la Mosquée el-Aksa. Cette coupole est supportée par quatre piliers flanqués chacun de deux colonnes de vert antique et à chapiteaux corinthions. Elle est légèrement rétrécie à la base et couverte de mosaïques.

A l'extrémité sud, on voit le Mihrab vers lequel les Musulmans se tournent pour faire leur prière. Ce Mihrab orné de jolies colonnettes est peint en mosaïque, ef: deux chandeliers portant chacun un énorme cierge, sont; placés devant. A l’ouest, près du Mihrab, se dresse le Mimbar, belle chaire, très délicatement sculptée à Alep, par ordre du Sultan Nour-ed-Dîne qui monta sur le trône

en 1151. C’est Salah-ed-Dine qui l'a fait placer ici, En. tre la chaire à l’ouest et le mur du sud de la Mosquée, se trouve un lieu de prière à deux Mihrabs. Le plus près de la chaire est dédié à Moïse et l’autre à Issa (Jésus!) C'est dans ce dernier que l'on remarque l'empreinte d'un pied. Les Musulmans ont cette empreinte en grande vénération, et ils croient que c’est l’une des empreintes des pieds de N otre-Seigneur. Mais il est très peu probable que ce soit celle qui manque (1) à l'endroit de l’Ascension, ainsi que quelques auteurs l'ont cru de bunne foi,

Six nefs partent de la Coupole, trois à l’est et trois à l'auest. Les deux premières colonnes, à gauche de la nef du milieu, sont appelées, colonnes de l'épreuve.

Fiction musulmane. — C'est à ces deux colonnes si rapprochées l’une de l'autre qu'un homme d’une grosseur ordinaire peut à peine passer au milieu, que se rapporte la fiction suivante : Bienheureux, d’après les Musulmans, l'homme qui peut se faufiler entre elles deux, car, après sa mort, disent-ils, il ira droit en Paradis !

Au mois d'août 1881, durant notre séjour en Terre- Sainte, un des crédules disciples de Mahomet voulut lui

(1) Autrefois, on vénérait, au lieu de l'Ascension, l'empreinte des deux pieds de Notre-Seigneur, montant au Ciel. 11 n’en reste plus qu’une aujourd'hui,

aussi faire l'épreuve et s'assurer ainsi sa place au Paradis : malheureusement l'espace était trop étroit pour lui, et il fit tant d'efforts qu'il resta mort sur le lieu même, Ce tragique événement fit prendre au haut clergé musulmän ia décision de supprimer cette épreuve ; et depuis lors, uu petit monument en fer, surmonté d’un croissant, occupe l’espace entre les deux colonnes.

À l'extrémité des nefs de l’ouest, on voit l’ancienne salle d'armes des Templiers. C'est une grande salle divisée en deux parties par les piliers qui en supportent les voûtes. Elle est encore aujourd'hui, après tant de siècles, en très bon état. ï

En se dirigeant vers la porte de l’est, on passe, à droite, devant un Mihrab, orné de jolies colonnettes. C'est là que, d’après les Musulmans, saint Zacharie et son fils saint Jean-Baptiste vinrent fsire leur prière.

A la sortie de la Mosquée el-Aksa, on se rend directement à l'angle sud-est de la vaste Esplanade du Temple, où l'on descend par un escalier de 32 marches dans une chambre appelée le Berceuu de Jésus-Christ. L'Evangile nous apprend, en effet, que lorsque les jours de la Purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, la Très Sainte Vierge Marie se rendit au Temple pour offrir son Premier-Né au Seigneur et le racheter ensuite pour . deux colombes. Or, le saint vieillard Siméon, par une inspiration divine, reconnut en cet Enfant, le Sauveur

TA ne — VIE DE 8, JOS£p4H 27

du monde. La Tradition rapporte que Siméon qui avait son habitation à l'angle sud-est du parvis du Teunple, invita la Sainte Famille à venir passer quelques moments chez lui et que cette faveur lui fut accordée, De là le nom de Berceau du Sauveur donné à cette habitation. Cette chambre souterraine (1) est actuellement une petite mosquée appelée par les Musulmans Saïdna-Aissa, Une niche en pierre du Pays, sculptée en forme de coquille à sa partie supérieure, et couchée horizontalement sous un dais sunporté Par quatre colonnettes en marbre blanc,cst appelé par les disciples du Croissant, le Berceau de Jésus !

Quand donc ces infortunés disciples de Mahomet reconnaîtront-ils ce même Jésus pour le vrai Fils de Dieu

<t l'unique Sanveur du monde, eux qui ont inséré dans leur Alcoran tant de beaux passages de nos saints Evangiles, eux qui reconnaiss nt Notre-Seigneur comme un grand prophète et qui ont en grande vénération les Patriarches de l’Ancienne Loi et les Prophètes qui ont anaoncé la venue du Messis! Les heureux pèlerins de

enceinte, argle où nous constatâmes ui intéressent vivement les Palesti.

r place ici,

SZ ——————————————————————————————————— 28 VIE DE S$. JOSEPH

Terre-Sainte qui visitent en détailces Lieux bénits que nous venons de décrire si sommairement, font là une fervente prière à Jésus, à Marie età Joseph, pour la conversion de ces pauvres Musulmans qui depuis plus de douze siècles restent obstinément les tristes esclaves de Satan !

VSHV-1IH HHAO0SOW vI

L'empereur Justinien avait fait bâtir une belle église, en souvenir du Mystère de la Présentation.

Le Khalife Omar fit sa prière dans cette église et établit qu'à l'avenir elle serait dédiée au culte de l'Islamisme, sous le nom de Æ!-Aksa (l'éloignée.)

Dans la suite plusieurs tremblements de terre ébranièrent l'édifice qui fut rebâti vers le milieu du cinquième siècle. ”

Notre Gravure montre la façade de l'édifice. Un porche, ayant sept arcades de front, accolé à cette ‘açade, en 1236, donne entrée au vaste monument. La Mosquée forme une sorte de parallélogramme d’environ trois cents pieds de long sur deux cents de large. Île est composée de scpt nefs qui présentent à l'œil

lu visiteur une véritable forêt de colonnes.

C'est vers l'extrémité sud de la grande nef que se| trouve, d’après la Tradition : L'Emplacement approæimatif de l'habitation de la Très-Sainte Vierge, lors| de son séjour dans le Temple. Et l'on croit que c’est encore là que Marie présenta son divin Fils, au jour de la Purification.

L'ltCNLEE CL YGEPTION Coin AAPNEI & : @DEAUX

SOMMAIRE : Nazareth, — Yie intime de la Sainte Vierge et de Saint Joseph, à Nazareth, avantle mystère de l'In- Carnation. — A pothéose de Saint Joseph, — La perfection dans l'état du Mariage,

avec les réjouissances et les félicitations que l'usage établit en de semblables Occasions. Après s'être acquittés fort saintement de tous les devoirs que la civilité impose, et avoir honnêtement satisfait aux obligations temporelles qui lient les hommes dans leurs rapports mutuels, nos très saints mariés Joseph et Marie se trouvèrent libres et tranquilles dans leur demeure. Suivant la cou-

mutuelle à vivre en plus grande concorde et harmonie. Or, en un de ces jours, saint Joseph dit à la Sainte Vierge: « Mon Epouse et ma Maîtresse, je rends grâce

a 832 VIE DE $. JOSEPH S au Très-FHaut de m'avoir fait la faveur de me -hoisir pour votre époux, lorsque je méritais le moins cet honneur et : que je me croyais le plus indigne de votre compagnie ; mais sa divine Majesté, qui peut quand elle veut, élever le pauvre, a usé de cette miséricorde envers moi, et je désire que vous m'aidiez, comme je l'espère de votre bonté èt de votre vertu, à lui rendre la reconnaissance que je lui dois, en la servant avec droiture de cœur. En tout ce qui regardera son service je serai votre serviteur, et je vous prie, par l'affection sincère avec laquelle je vous estime. de suppléer aux biens qui me manquent et à beaucoup de qualités que je n'ai pas et que je devrais avoir pour être votre époux: faites-moi connaître votre volonté, afin que je l’accomplisse. »

Après avoir entendu ce discours avec une humilité sincère et une douce gravité, la très sainte épouse répondit à Joseph: « Mon Seigneur et mon époux, je suis bien : aise que le Très-Haut, m'ayant destinée au mariage, ait eu la bonté de vous choisir pour mon époux et pour mon maître et que les services que je désire vous rendre aient été approuvés de sa divine volonté; mais, si vous me le permettez, je vous dirai les intentions et les pensées que je désire vous communiquer à ce sujet. »

Le Seigneur prévenait par sa grâce le cœur docile de saint Joseph, et l’'enflammait de nouveau de son divin aruour par les parvies de la très sainte Vierge, et le saint

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mandé, parce que le Très-Haut avait fait comprendre à

Les saints anges obéirent à leur Reine, et visibles pour elle seule, ils l'assistèrent de leur présence ; c'est en cette

1) Voir : La vie de la très sainte Vierge Marie,

reçu de sa main très libérale plus de largesses qu'elles, tandis que je les mérituis le moins. Dès ma plus tendrejeunesse, poussée par la foreë de la vérité qui m'a éclairéed’une vive lumière en me désabusant de tout ce qui est: visible, je me suis consacrée à Dieu par le vœu que je lui fis de rester toute ma vie chaste d'esprit et de corps; je lui appartiens et le reconnais pour mon époux et pourmon Maître, et je suis fermement décidée à lui garder la. foi de la chasteté. Je veux que vous m'aidiez à accomptirce vœu et en tout le reste je serai votre fidèle servante, . Pour vous entourer de soins tant ‘que je vivrai. Agréez, mon époux, cette sainte résolution, et confirmez-la par la. vôtre, afin que Dieu accepte l'offrande que nous lui ferons de nous-mêmes, comme un sacrifice d’agréable odeur, et: que nous obtenions les biens éternels que nous espérons. » Le très chaste Joseph, tout rempli de joie par le discours de sa très sainte épouse, lui répondit : « Mon épouseet ma Maîtresse, en me communiquant vos chastes pensées et vos saintes résolutions, vous avez pénétré et ouvert: mon Cœur, que je n'ai pas voulu vous découvrir avant que vous m'eussiez manifesté le vôtre. Je me reconnais. aussi le plus obligé des hommes au Seigneur de l'univers parce qu'il m'a appelé de fort bonne heure, par sa véritable lumière, à l’aier avec droiture de cœur. Il faut quevous sachiez, mon Epouse, que dès la douzième année demon âge, j'ai également promis de servir le Très-Haut en.

VIE DE S. JOSEPH 35 RER me chasteté perpétuelle ; je renouvelle

maintenant le même Vœu, pour ne pas empêcher le vôtre: au contraire, je Vous promets en la présence de la Majesté divine de vous y aider autant qu'il dépen ira de moi, afin que vous serviez Dieu en toute pureté et que vous l'aimiez selon vos désirs, Je serai, avec sa sainte grâce, votre très fidèle serviteur, et je vous prie d'agréer mes chastes affections, de me regarder comme votre frère; et de n'avoir Jamais sucun autre amour que celui que vous dévez d'abord au divin Sauveur, puis à moi. » Durant cet entretien le Très- - Haut affermit de nouveau le cœur de saint Joseph dans la vertu de chasteté et dans l'amour saint et pur qu'il devait porter à son épouse la très sainte Vierge ; aussi le saint eut-il cet amour à un degré très éminent, et notre auguste Reine l'augmentait encore et lui ravissait le cœ ar par ls sagesse de sa conversation.

Les deux très saints et très chastes époux réssentirent. une joie et une consolation incomparables par la vertu divine dont le bras du Tout-P-'ss9 les remplissuit, et. l'auguste Marie promit À av \useoh de seconder ses. désirs, comme étant la melus.s des vertus et comme en.

-wstacle, les points les.

en même temps à saint Joseph une pureté toute nouvelle et un empire absolu sur tous ses sens, afin qu'il servit son épouse Marie sans nul empêchement, avec une parfaite

abnégation, et avec une grâce aussi admirable qu'extraordinaire, tout'en accomplissant de cette manière la volonté et le bon plaisir du Seigneur. Ils firent le partage des biens que saint Joachim et sainte Anne avaient laissés à leur bienheureuse Fille ; une partie fut offerte au Temple où elle avait demeuré; l’autre fut destinée aux pauvres; et la troisième resta à la disposition du saint époux Joseph, notre Reine ne se réservant que le soin de le servir et de travailler dans la maison ; car la très prudente Vierge s'abstint toujours de vendre et d'acheter et

de tout ce qui regardait le dehors, comme je l'ai marqué :

dans un autre endrbit.

Saint Joseph avait appris dans sa jeunesse le métier de charpentier, comme un des plus honnêtes et des plus propres pour gagner de quoi subvenir à ses besoins, parce qu'il était pauvre des biens de la fortune ; il demanda à

sa très sainte épouse si elle agréerait qu'il exerçât ce

métier pour la servir et pour augmenter la part des pauvres, puisqu'il fallait travailler et éviter l'oisiveté. La très prudente Vierge y consentit en avertissant saint Joseph que le Seigneur ne voulait pas qu'il: fussent riches, mais pauvres et amis et protecteurs des pauvres autant que le leur permettraient les ressources dont ils pouvaient disposer. Après quoi les deux saints époux eurent une sainte émulation sur ce que chacun d'eux voulait obéir à l’autre comme supérieur. Mais la très pure

Marie qui était la plus humble d'entre les humbles, l'emporta en humilité, et ne voulut point souffrir que, l’homme étant le chef, l’ordre de la nature fût renversé ; ainsi elle fit consentir son époux à la voir obéir en toutes choses, lui demandant seulement la permission de faire l’aumône aux pauvres du Seigneur: ce que le saint lui accorda.

Saint Joseph ayant reconnu Par une nouvelle lumière du Ciel, durant ces Premiers jours dont nous venons de parler, le caractère de son épouse Marie, sa rare prudence, sa profonde humilité, sa pureté incomparable, et l’ensemble de toutes ses vertus, au delà de tout ce qu'il pouvait espérer, fut de nouveau ravi en admiration ; l'esprit t’+-nsporté de joie, le cœur tout enflammé par d’ardentes affections, il ne cessait de louer le Seigneur et de lui rendre de nouvelles actions de grâces pour lui avoir donné une telle épouse sans qu'il l’eût mérité, Afin que cette œuvre fût absolument parfaite ( car elle était le principe de l’œuvre la plus grande que Dieu devait accomplir par sa toute-puissance), ce même Seigneur fit que le Souverain du Ciel répandit Par sa présence et par sa vue une crainte si respectueuse dans le cœur de son époux que nous ne saurions la dépeindre. Cela résultait du vif rayonnement de la divine lumière que saint Joseph voyait sortir du visage de notre Rejue, outre qu'elle avait une majesté ineffable qui l'ascompagnait toujours, étant

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revêtue d'un bien plus merveilleux éclat que Moïse quand il descendit de la montagne avec d'autant. plus . de raison que l'entretien qu’elle avait eu avec Diet avait été plus long et plus intime,

Ensuite la très sainte Vierge eut une vision divine, en laquelle le Seigneur lui dit: « Mon Epouse, ma Bien- Aimée et mon Elue, voyez combien je suis fidèle en mes paroles envers ceux qui m'aiment et qui me craignent; répondez done maintenant à ma fidélité en remplissant vos obligations d’épouse en toute sainteté, pureté et perfection : la compagnie de mon serviteur Joseph, que je vous ai donnée, vous y aidera; obéissez-lui comme vous le devez, et tâchez de le consoler, car telle est ma volonté. » La très pure Marie répondit : « Je vous loue et vous glorifie, mon Dieu, pour la sagesse admirable et la providence paternelle dont vous avez usé envers moi, indigne et pauvre créature ; tous mes désirs sont de vous obéir et de vous plaire comme votre servante, qui vous est plus redevable qu'aucune autre créature. Accordez-moi, Seigneur, votre divin secours, afin qu'il m'assiste et me dirige en toutes choses, et que je puisse toujours accomplir ce qui vous sera le plus agréable ; faites aussi que je m'acquitte par son moyen des devoirs de l'état dans lequel vous mme placez, et que, comme votre fidèle servante, je ne m'écarte jamais de vos ordres et de votre bon plaisir. Donnez-moi votre bénédiction, car avec elle j’obéirai

à votre serviteur Joseph et je le servirai comme vous me le commandez, mon divin Maître et mon Créateur ! »

La maison et le mariage de Marie et de Joseph furent fondés sur ces divins appuis, et dès le huit septembre, jour auquel eurent lieu les épousailles, jusqu’au vingt-cinq mars suivant, où arriva l’incarnation du Verbe, les deux ‘époux vécurent de telle sorte que le Très-Haut les disposs l'un et l'autre à l'œuvre pour laquelle il les avait choisis ; et notre auguste Souveraine régla les choses qui regardaient leurs personnes et leur maison, comme on le

verra dans les chapitres suivants.

Mais je ne saurais, avant de les Commencer, contenir les sentiments que fait naître en moi le sort fortuné du plus heureux des mc :, saint Joseph. D'où vous est venu, Ô homme de D, un si grand bonheur, qu'entre les enfants d'Adam on ait pu dire de vous seul, que Dieu lui-même vous ait appartenu de si près qu'on l'ait pris pour votre fils unique ? Le Père éternel vous donne sa Fille, le Fils vous remet sa véritable Mère, le Saint-Esprit vous confie son Epouse et vo. met à sa place: la très sainte Trinité tout entière vous donne son élue, son uni- ‘que et son excellente comme le soleil, pour votre légitime épouse. Connaissez-vous bien, mon grand saint, votre dignité ? Comprenez-vous vos avantages ? Savez-vous

que Celle que vous venez de retevoir pour femme est Reine et Maîtresse du ciel et de la terre, et qne vousêtes

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le dépositaire des trésors inestimables du Très-Haut lui-

même ? Voyez, homme divin, quel précieux trésor :vous , possédez, et sachez que si vous ne rendez pas les anges et les séraphins envieux, votre bonheur et le mystère que: votre mariage renferme ne les jettent pas moins dans l'admiration. Agréez, de la part de tout le genre humain, les congratulations de tant de faveurs et de joie. Vous avez. entre vos mains le registre des divines miséricordes, vous êtes le maître et l'époux de celle qui n’a que Dieu au-dessus d'elle, vous serez riche et heureux parmi les hommes et parmi les anges. Souvenez-vous de notre pauvreté et de notre misère, et de moi chétif ver de terre, qui désire d'être votre fidèle servante, secourue et favorisée de votrepuissante intercession.

Instruction de la Reine du Ciel. -— Ma fille, vous. trouverez par l'exemple que j'ai donné dans l’état de mariage où me plaça le Très-Haut, la condamnation des prétextes que les âmes qui y sont engagées allèguent pour ne point pratiquer la perfection. Il n’est rien d’impossible à Dieu non plus qu’à celui qui espère en Dieu avec une foi vive, et qui s’abandonne entièrement à sa. divine disposition. Je vivais dans la maison de mon époux. avec la même perfection que dans le Temple, parce qu’en changeant d'état je ne perdis pas mon amour pour le- Seigneur, et ne cessai ni de désirer ni de m'efforcer de l'aimer et de le servir; au contraire, j'excitais en moi

ces sentiments afin que rien ne m'empéchât de m'acquitter

si de leur côté elles répondaient à ses faveurs ; mais elles jettent la faute sur l'état de mariage, et en cela elles se trompent elles-mêmes: car l'obstacle à leur perfection et à leur sainteté vient, non de cet état, mais des soins vains et superflus qu'elles Y prennent, et de ce qu'elles préfèrent leur propre satisfaction au bon plaisir du Seigneur.

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